13/12/2017

« Happy Birthdead » : un scénario efficace (et 5 autres films à l’affiche)

IMG_1054.jpg« Happy Birthdead » se situe quelque part entre « Scream » et « Un jour sans fin ». La référence est d’ailleurs totalement assumée dans la dernière scène du film. Tree, son héroïne, revit en effet sans cesse sa journée d’anniversaire qui se termine quoiqu’elle fasse par sa mort, d’où le titre du film. Et pas n’importe quel mort, puisqu’elle est assassinée de manière toujours brutale par un mystérieux meurtrier masqué avant de se réveiller le lendemain matin et de revivre son cauchemar jusqu’à ce qu’elle découvre finalement qui veut sa mort.

Si « Happy Birthdead » utilise certains codes du film d’horreur - les cris, des bruits stridents, une musique angoissante, une héroïne tout juste sortie de l’adolescence et la romance qui va inévitablement avec, les armes blanches - le film est avant tout un thriller qui lorgne du côté du fantastique, sans savoir d’ailleurs pourquoi l’héroïne revit sans cesse cette journée cauchemardesque, avec pas mal d’humour.

Le point fort du film est incontestablement le fait de ne pas ennuyer le spectateur, malgré son côté répétitif, et de l’impliquer dans l’histoire à la recherche d’indices pour tenter de découvrir l’assassin. Il y a même un côté jouissif à anticiper le meurtre de l’héroïne, jouée de manière très convaincante par Jessica Rothe vue dans « La La Land, et la retrouver dans le plan suivant se réveiller une nouvelle fois pour affronter une « même » journée avec une autre stratégie pour démasquer, au sens propre et figuré, son meurtrier.

Si le scénario est donc très efficace dans les scènes d’action, on n’en dira pas autant dans celles qui développent les relations entre les personnages d’une platitude certaine, frôlant même parfois la mièvrerie. Pas de quoi toutefois renoncer à voir le film si on est un amateur du genre et qu’on n’a pas…peur de se retrouver dans une salle remplie quasi exclusivement par des spectatrices et spectateurs qui ont l’âge de Tree J ! (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles : « Le Brio ». Yvan Attal, le réalisateur, qualifie « Le Brio » de « dramedy ». Une définition qui correspond fort bien au film qui est à la fois drôle, léger, émouvant, mais également sérieux dans les thèmes abordés : différences sociales, racisme, sexisme, enfermement ou encore difficultés à vaincre les a priori. Neïla Salah a grandi dans la banlieue et aimerait devenir avocate. Inscrite à l’université, elle va être confrontée à un professeur coutumier de provocations et dérapages plus que limites. Sous la menace d’un renvoi, il va alors, pour tenter de se racheter une conduite, prendre sous son aile, à son cœur défendant, Neïla pour la préparer au concours d’éloquence. « Le Brio » s’appuie sur un schéma cinématographique bien connu, à savoir la confrontation entre deux personnages que tout oppose, mais qui vont finir par s’apprivoiser. En cela, il n’est pas très original et le scénario n’évite pas toujours l’écueil de la facilité et de certains clichés. Mais ce défaut n’est de loin pas rédhibitoire, car les dialogues sont très bien écrits et fort bien interprétés. La mise en scène, plutôt inventive pour éviter au spectateur de se lasser de ces joutes verbales, et de l’émotion bien dosée font de « Le Brio » un film tout à fait recommandable.

4 étoiles. « Confident royal ». En 1887, la Reine Victoria en fin de règne fait la connaissance d’un serviteur indien, Abdul Karim. Venu du « sous-continent », colonialisé par les Britanniques, pour remettre de manière folklorique un présent à la souveraine à l’occasion de son jubilé d’or pour ses 50 ans de règne, Abdul va rapidement côtoyer de très près la reine tombée sous son charme pour le plus grand désespoir de la Maison royale. Sous ces airs plutôt légers, les situations comiques sont nombreuses, « Confident royal » aborde pourtant des thèmes qui sont toujours d’actualité sur les différences sociales, religieuses ou d’origine. Ce duo qui a construit une complicité hautement improbable dans la réalité, la reproduit à l’écran grâce au talent reconnu de Judi Dench, mais aussi à celui d’Ali Sazal qui rend crédible le fait que la reine Victoria soit tombé sous son charme. Si l’on peut reprocher au film d’être un peu répétitif sur la longueur et de laisser sur sa faim le spectateur sur la suite de la vie d’Abdul après cet épisode « victorien », il convient de souligner que « Confident royal » allie divertissement et réflexion avec subtilité. Et c’est déjà beaucoup.

4 étoiles. « Le sens de la fête ». Depuis le succès colossal de « Intouchables », les films des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache sont très attendus et « Le sens de la fête » ne déçoit pas. L’histoire de Max, organisateur de fêtes que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est en effet dans l’ensemble très réussie. Jean-Pierre Bacri est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason. Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

3 étoiles. « Jalouse ». Entre drame et comédie, on y rit souvent jaune, « Jalouse » brosse le portrait d’une femme constamment au bord de la crise de nerfs parce que le bonheur des autres lui est insupportable, à commencer par celui de sa fille, jeune femme de 18 ans resplendissante, amoureuse et brillante danseuse. Tout son entourage va être tour à tour victime de son mal être jusqu’à ce qu’un événement particulièrement grave lui fasse prendre conscience qu’elle a dépassé les limites, quoique…Cette femme dans la cinquantaine rongée par la jalousie a les traits de Karin Viard qui excelle dans ce rôle où elle est à la fois drôle, émouvante et souvent odieuse. Elle arrive à rendre crédible un personnage caricatural, condition nécessaire pour faire rire, mais également touchant. Les dialogues sont le plus souvent incisifs et percutants. Les réalisateurs David et Stéphane Foenkinos voulaient faire un film dont le ton oscille sans cesse entre la comédie et le portrait intime. Objectif indéniablement atteint avec toutefois comme conséquence que ces fréquents changements de ton, surtout dans la première partie, mettent un peu trop de distance entre le spectateur et l’héroïne du film. Pas suffisamment toutefois pour s’abstenir d’aller le voir.

« C’est tout pour moi ». 2 étoiles. Nawell Madani, devant et derrière la caméra, s’inspire de son propre parcours pour raconter dans « C’est tout pour moi » sa découverte du monde de la danse et du stand-up à Paris après avoir quitté sa Belgique natale. Depuis toute petite, Lila, issue d’un milieu modeste, veut devenir danseuse contre l’avis paternel. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve. Elle va toutefois vite se rendre compte qu’il est difficile de passer du rêve à la réalité. Mais Lila est une femme qui a de l’ambition et qui est prête à tout pour voir son nom en haut de l’affiche et retrouver la fierté de son père. A l’image de la vie de son héroïne, il y a des hauts et des bas dans « C’est tout pour moi ». Ils correspondent presque exactement à l’état d’esprit de Lila : quand elle est en pleine euphorie le film est dynamique, drôle et même touchant, mais quand elle est au creux de la vague l’ennui guette. Et comme les hauts et les bas, avec une tendance à tirer un peu trop sur la corde sensible particulièrement dans la relation père-fille, se succèdent régulièrement, cela finit par lasser au point de se désintéresser petit à petit du destin de Lila. Pas désagréable, mais pas indispensable.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

10/12/2017

Du grand au petit écran : « Une merveilleuse histoire du temps » et « La belle saison »

Une merveilleuse histoire du temps.jpeg« Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking, soit du début des années 60 à la fin des années 70. Mondialement connu pour ses contributions dans le domaine de la cosmologie. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic.

Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec Jane rencontrée à Cambridge peu avant les premiers symptômes de la maladie. Long métrage romantique qui évite le pathos, « Une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant, émouvant et porté par un formidable duo d’acteur. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles. « Une merveilleuse histoire du temps ».

France 3, lundi 11 décembre, 20h55.

sans-titre.pngReconstitution fidèle de la France du début des années 70, « La belle saison » raconte l'histoire de Delphine, fille unique d'un couple d'agriculteurs, et de Carole, professeur parisienne qui lutte activement pour les droits de la femme. Leur rencontre va bouleverser leurs vies et inévitablement celles de leurs proches. Choc des cultures, contrastes ville-campagne, emprise d'une société encore fortement patriarcale, leur amour sera-t-il assez fort pour résister à tous ces obstacles?

Porté par deux actrices formidables, Cécile de France et Izïa Higelin, remarquablement bien dirigées par la réalisatrice Catherine Corsini, y compris dans les scènes intimes, le film est un bel hommage à toutes ces femmes qui se sont battues pour le droit à disposer librement de leur corps, mais également pour l'égalité des droits. « La belle saison » est un film « amoureusement militant » fort bien écrit et empreint d'une grande finesse, à l'image de sa très belle photographie. Une partie de son action pourrait d'ailleurs très bien se situer de nos jours sans que cela apparaisse comme un anachronisme. Le film mesure le chemin parcouru, mais aussi celui qu'il reste à parcourir. Un très bon moment.

4 étoiles. « La belle saison ».

RTS UN, jeudi 14 décembre, 23h50.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

08/12/2017

« C’est tout pour moi » : des hauts et des bas (et 7 autres films à l’affiche)

IMG_1010.jpgNawell Madani, devant et derrière la caméra, s’inspire de son propre parcours pour raconter dans « C’est tout pour moi » sa découverte du monde de la danse et du stand-up à Paris après avoir quitté sa Belgique natale.

Depuis toute petite, Lila, issue d’un milieu modeste, veut devenir danseuse contre l’avis paternel. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve. Elle va toutefois vite se rendre compte qu’il est difficile de passer du rêve à la réalité. Mais Lila est une femme qui a de l’ambition et qui est prête à tout pour voir son nom en haut de l’affiche et retrouver la fierté de son père.

A l’image de la vie de son héroïne, il y a des hauts et des bas dans « C’est tout pour moi ». Ils correspondent presque exactement à l’état d’esprit de Lila : quand elle est en pleine euphorie le film est dynamique, drôle et même touchant, mais quand elle est au creux de la vague l’ennui guette.

Et comme les hauts et les bas, avec une tendance à tirer un peu trop sur la corde sensible particulièrement dans la relation père-fille, se succèdent régulièrement, cela finit par lasser au point de se désintéresser petit à petit du destin de Lila. Pas désagréable, mais pas indispensable. (2 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles : « Le Brio ». Yvan Attal, le réalisateur, qualifie « Le Brio » de « dramedy ». Une définition qui correspond fort bien au film qui est à la fois drôle, léger, émouvant, mais également sérieux dans les thèmes abordés : différences sociales, racisme, sexisme, enfermement ou encore difficultés à vaincre les a priori. Neïla Salah a grandi dans la banlieue et aimerait devenir avocate. Inscrite à l’université, elle va être confrontée à un professeur coutumier de provocations et dérapages plus que limites. Sous la menace d’un renvoi, il va alors, pour tenter de se racheter une conduite, prendre sous son aile, à son cœur défendant, Neïla pour la préparer au concours d’éloquence. « Le Brio » s’appuie sur un schéma cinématographique bien connu, à savoir la confrontation entre deux personnages que tout oppose, mais qui vont finir par s’apprivoiser. En cela, il n’est pas très original et le scénario n’évite pas toujours l’écueil de la facilité et de certains clichés. Mais ce défaut n’est de loin pas rédhibitoire, car les dialogues sont très bien écrits et fort bien interprétés. La mise en scène, plutôt inventive pour éviter au spectateur de se lasser de ces joutes verbales, et de l’émotion bien dosée font de « Le Brio » un film tout à fait recommandable.

4 étoiles. « Borg / McEnroe ». Celles et ceux qui ont vu à la télévision en 1980 la finale de Wimbledon entre Borg et McEnroe se souviennent de la tension exceptionnelle qui régnait durant le match en général et durant le tie-break d’anthologie qui a conclu le quatrième set en particulier. Ce jeu décisif symbolise à lui tout seul le film : un combat non seulement face à l’adversaire, mais également, et surtout, un combat face à soi-même pour ne pas céder à ses démons que l’un, Borg, a enfui au plus profond de lui-même au risque d’imploser si la machine à gagner s’enraille, et l’autre, McEnroe, prêt à exploser à la moindre erreur d’arbitrage ou à une mauvaise réaction du public. Tous les éléments sont donc réunis pour faire de ce face à face un film sous haute tension. Elle est palpable du début à la fin et le fait de connaître ou non à l’avance le vainqueur de ce bras de fer n’enlève rien au suspense grâce à un très bon montage, une excellente alternance entre les moments de jeu et ceux plus intimes, une musique qui souligne juste ce qu’il faut la tension et à des acteurs très crédibles dans leur rôle. Un drame « psycho sportif » réussi.

3 étoiles. « Jalouse ». Entre drame et comédie, on y rit souvent jaune, « Jalouse » brosse le portrait d’une femme constamment au bord de la crise de nerfs parce que le bonheur des autres lui est insupportable, à commencer par celui de sa fille, jeune femme de 18 ans resplendissante, amoureuse et brillante danseuse. Tout son entourage va être tour à tour victime de son mal être jusqu’à ce qu’un événement particulièrement grave lui fasse prendre conscience qu’elle a dépassé les limites, quoique…Cette femme dans la cinquantaine rongée par la jalousie a les traits de Karin Viard qui excelle dans ce rôle où elle est à la fois drôle, émouvante et souvent odieuse. Elle arrive à rendre crédible un personnage caricatural, condition nécessaire pour faire rire, mais également touchant. Les dialogues sont le plus souvent incisifs et percutants. Les réalisateurs David et Stéphane Foenkinos voulaient faire un film dont le ton oscille sans cesse entre la comédie et le portrait intime. Objectif indéniablement atteint avec toutefois comme conséquence que ces fréquents changements de ton, surtout dans la première partie, mettent un peu trop de distance entre le spectateur et l’héroïne du film. Pas suffisamment toutefois pour s’abstenir d’aller le voir.

4 étoiles. « Confident royal ». En 1887, la Reine Victoria en fin de règne fait la connaissance d’un serviteur indien, Abdul Karim. Venu du « sous-continent », colonialisé par les Britanniques, pour remettre de manière folklorique un présent à la souveraine à l’occasion de son jubilé d’or pour ses 50 ans de règne, Abdul va rapidement côtoyer de très près la reine tombée sous son charme pour le plus grand désespoir de la Maison royale. Sous ces airs plutôt légers, les situations comiques sont nombreuses, « Confident royal » aborde pourtant des thèmes qui sont toujours d’actualité sur les différences sociales, religieuses ou d’origine. Ce duo qui a construit une complicité hautement improbable dans la réalité, la reproduit à l’écran grâce au talent reconnu de Judi Dench, mais aussi à celui d’Ali Sazal qui rend crédible le fait que la reine Victoria soit tombé sous son charme. Si l’on peut reprocher au film d’être un peu répétitif sur la longueur et de laisser sur sa faim le spectateur sur la suite de la vie d’Abdul après cet épisode « victorien », il convient de souligner que « Confident royal » allie divertissement et réflexion avec subtilité. Et c’est déjà beaucoup.

4 étoiles. « Le sens de la fête ». Depuis le succès colossal de « Intouchables », les films des réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache sont très attendus et « Le sens de la fête » ne déçoit pas. L’histoire de Max, organisateur de fêtes que l’on suit pendant 24 heures, durant lesquelles toutes les tuiles possibles et inimaginables vont lui tomber dessus à l’occasion d’un mariage organisé dans un château du 17ème siècle, est en effet dans l’ensemble très réussie. Jean-Pierre Bacri est tout simplement exceptionnel. Omniprésent, il est à la fois drôle, ironique, caustique, jaloux, bougon, tendre, émouvant, touchant, excédé, désabusé, liste non exhaustive, dans son rôle de chef d’une équipe qui compte en son sein bien des bras cassés. Il est entouré par une distribution au diapason. Le film est bien écrit, avec tout de même quelques invraisemblances, et les dialogues sont souvent jouissifs. Il a également du rythme malgré une petite baisse au milieu. Il y a des scènes à pleurer de rire et d’autres émouvantes, à l’image d’une fin très réussie. « Le sens de la fête » est une comédie humaine, certes pleine de bons sentiments, pétillante comme du champagne et ça fait du bien !

1 et 3 étoiles. « Epouse-moi mon pote ». Yassine, jeune étudiant marocain, fait la fierté de sa famille qui s’est cotisée pour qu’il puisse faire des études à Paris. Suite à un malheureux concours de circonstances, Yassine rate son examen et se retrouve dès lors sans statut légal. Pour remédier à cette situation, il se marie avec son meilleur ami Frédéric. Soupçonné par un fonctionnaire d’avoir fait un mariage blanc, ils vont alors devoir s’inventer une vraie vie de couple homosexuel. Pas difficile d’imaginer à partir de ce synopsis que les quiproquos et les situations loufoques vont s’enchaîner avec de nombreux gags parfois très drôles. Ce n’est certes pas un humour subtil, les clichés sont légions et l’histoire est cousue de fil blanc. Pour ce genre de comédie, plus les traits sont grossiers et plus ça fonctionne. Alors oui, bien sûr, avec cet esprit les gays, mais aussi les immigrés, les aveugles, les obèses, les riches émirs du Qatar, etc., sont outrancièrement caricaturés, mais pas de quoi toutefois crier à l’homophobie. Au final, « Epouse-moi mon pote » est un film qui tient ses promesses : stupide (1 étoile) et drôle (3 étoiles).

1 étoile. « Blade Runner 2049 ». K est chasseur de réplicants (sorte d’esclaves créés par les humains) récalcitrants et lui-même réplicant, mais avec un supplément d’âme qui lui viendrait des souvenirs qu’on lui a fabriqués. Il a pour mission de chercher et d’éliminer celui ou celle qui apparemment serait né.e de la liaison entre un réplicant et un humain, car si cela se vérifiait alors l’équilibre du monde en serait bouleversé. A partir de ce synopsis, on pourrait imaginer que « Blade Runner 2049 » est un film d’action qui se déroule dans un univers futuriste et qui questionne sur la relation entre les humains et les créatures qu’ils ont créés. Or, sur l’extrême longueur du film (2h45), il doit y avoir un tiers, et encore, d’actions et les questions existentielles sont à peine effleurées. C’est le sentiment d’un vide abyssal qui domine. Les coups de corne de brume exagérément forts qui font office de musique tiennent « heureusement » le spectateur éveillé. Il y a bien un sursaut au moment où Harrison Ford fait enfin son apparition après 1h45 (!) de film. C’est à n’en pas douter le meilleur moment de « Blade Runner 2049 » dont la fin est aussi décevante que le reste.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire