29/09/2016

"Juste la fin du monde": apocalyptique (et 7 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgAprès l’excellent « Mommy », le nouveau film de Xavier Dolan était très attendu. Récompensé à Cannes par le Grand Prix du jury, « Juste la fin du monde » met en scène les cinq membres d’une famille qui au cours d’un après-midi vont s’engueuler, s’insulter, se déchirer, hurler, pleurer rendant impossible toute communication entre eux. Et pourtant Louis, après douze ans d’absence, a décidé de se confronter une dernière fois à sa famille pour leur faire une communication de la plus haute importance : il va mourir.

Autant le dire tout de suite, « Juste la fin du monde » est une grande déception. Pas, ou très peu, d’émotion, une violence entre les personnages qui tourne le plus souvent à une hystérie vulgaire, à l’image du maquillage outrancier de la mère, une incompréhension du comment cette famille en est arrivée à ce point de non-retour.

Il y a bien quelques indices çà et là : la jalousie parce que Louis est un auteur connu renvoyant au reste de la famille sa médiocrité et sa condition modeste, le rejet et la honte parce que Louis est homosexuel, la difficulté d’exprimer son amour et son sentiment d’avoir été abandonné par ce frère que l’on a beaucoup aimé ou presque pas connu et encore d’autres laissés à la libre interprétation du spectateur qui finit par se désintéresser de ce drame familial.

« Juste la fin du monde » est un huis-clos étouffant et pénible accentué par le péché mignon de Xavier Dolan : filmer uniquement en gros plan les personnages, ce qui finit par lasser. Certes, les cinq stars jouent plutôt bien leur partition, mais difficile de s’attacher à leur personnage dans un contexte aussi apocalyptique. Les seuls moments de respiration sont des flashbacks heureux de l’enfance et de l’adolescence de Louis. Mais ils sont tellement en décalage avec le reste du film et du genre tape à l’œil qu’ils n’arrivent même pas à émouvoir. Il n’y a donc pas grand-chose à sauver de ce sixième film du prodige québécois, si ce n’est la bande-annonce. C’est tout dire (1 étoile).

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Le fils de Jean ». Matthieu a 33 ans. Sa mère n’a jamais voulu lui dire qui était son père. Il finit par le savoir quand un ami de ce dernier l’appelle pour lui apprendre que son géniteur, un Québécois, est décédé et qu’il a un paquet à lui envoyer de sa part. Matthieu décide alors d’aller chercher lui-même à Montréal le colis et de faire ainsi la connaissance de ses deux demi-frères qui ignorent bien évidemment tout de son existence. La réalité qu’il va découvrir sur place n’est pas celle qu’il attendait et son séjour prend une tournure inattendue. « Le fils de Jean » fait partie de ces films français que l’on aime aimer. L’histoire est bien écrite et réserve des (jolies) surprises, les dialogues sont percutants et les acteurs sont tous formidables. Et puis, il y a de la délicatesse, de l’humanité et donc de l’émotion, mais sans pathos, juste ce qu’il faut pour sortir de la salle de cinéma avec les yeux humides en étant content d’avoir fait le bon choix en visionnant « le Fils de Jean ».

4 étoiles : « Frantz ». Pour quelle raison Adrien, un Français, se recueille-t-il sur la tombe d’un soldat allemand, Frantz, mort au front durant la guerre de 14-18 ? Cette question va provoquer de nombreuses réactions, à commencer par celle d’Anna, la fiancée de Frantz, dans cette petite ville d’Allemagne qui tente de se remettre péniblement de la défaite et des immenses pertes humaines causées par la guerre. Tourné en noir et blanc, « Frantz » est ce que l’on pourrait appeler un « beau » film. Mise en scène, photographie, lumières, cadrage, décors, costumes, direction d’acteurs, tout est parfait. On se laisse également prendre par l’histoire de cet ancien soldat (Pierre Niney tout en finesse) dont on se demande pendant toute la première partie du film ce qu’il cherche en faisant ce pèlerinage en terrain « ennemi ». « Frantz » est donc un très bon film à voir. Il lui manque juste ce petit supplément d’âme sur le plan émotionnel qui fait la différence entre un très bon film et un excellent.

4 étoiles. « Jason Bourne ». Toujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins. Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action. Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Une suite donc sans grande surprise, mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures.

3 étoiles. « Victoria » est une superwoman qui évolue sur le fil du rasoir : avocate, deux enfants qu’elle élève seule tant bien que mal et des aventures sans lendemain, il n’en faut pas beaucoup plus pour que ce fragile équilibre soit rompu. Et c’est ce qui arrive quand son ami Vincent se voit accusé de meurtre et que Sam, un ex-dealer qu’elle a jadis défendu avec succès, s’immisce peu à peu dans sa vie. La grande force de « Victoria », c’est sa direction d’acteurs. Ils sont tous impeccables qu’ils aient les rôles principaux ou secondaires. On a un plaisir jubilatoire à les voir jouer avec leur langage corporel et des dialogues percutants. Il y a des scènes loufoques et hilarantes, mais aussi d’autres où l’on rit jaune, car le drame n’est jamais très loin à l’image des hauts et des bas de son héroïne. Hauts et bas également présents dans le film avec un début poussif, quelques scènes répétitives et un « happy end » convenu. Mais pas de quoi toutefois gâcher la bonne impression générale.

3 étoiles. « Toni Erdmann ». Le film plaît par son originalité, son imprévisibilité, ses scènes qui font rire jaune, le plus souvent, ou à gorge déployée, sa relation père-fille émouvante, son côté déjanté et loufoque, sa critique sociale et son couple d’acteurs, à commencer par Peter Simonischek parfaitement crédible dans le rôle très complexe de Toni Erdmann. Beaucoup de qualités donc pour un film inclassable qui mélange comédie, satire et drame social. Pourtant, et peut-être à cause de ce mélange des genres, le film ne convainc pas totalement sur sa longueur excessive (2h42), son propos en devenant répétitif. Il n’en demeure pas moins que « Toni Erdmann » est une œuvre cinématographique qui mérite une attention particulière que les cinéphiles ne voudront pas manquer.

2 étoiles. « Stefan Zweig, adieu l’Europe ». En 1936, Stefan Zweig décide de quitter l’Europe. Le film raconte six moments de l’exil du grand écrivain autrichien et juif en Amérique latine, essentiellement au Brésil, et à New-York. Ces six tableaux sont d’un intérêt inégal et parfois trop longs. La palme de la réussite revient incontestablement au premier et au dernier qui sont filmés avec une caméra fixe, ce qui leur donne une folle intensité. Six épisodes qui permettent de comprendre toute la difficulté de Stefan Zweig à vivre son déracinement, sa souffrance de voir sa patrie spirituelle se détruire et finalement sa lassitude qui le prive de la force de « recommencer sa vie de fond en comble », malgré l’accueil très chaleureux qu’il a reçu au Brésil, comme il l’écrit dans sa lettre d’adieu déchirante.

2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

27/09/2016

Un système qui marche sur la tête

Comme le dit mon père « une assurance, c’est toujours trop chère quand tu n’en as pas besoin ». Et il est vrai quand dans le cas de l’assurance maladie, bien heureux celles et ceux qui paient « pour rien », cela signifie qu’ils sont en bonne santé.

Sauf qu’avec les augmentations constantes des primes, sans parler de la volonté du parlement d’augmenter la franchise minimale qui en rajoutera une couche pour les assurés, il y a un réel danger que des personnes ne se fassent plus soigner. Elles ne pourront en effet tout simplement pas prendre encore en charge la franchise et la participation aux coûts. Elles seront donc assurées obligatoirement, mais sans avoir les moyens d’y faire appel ou alors en dernier recours quand l’étendue des dégâts sera importante et que la facture sera d’autant plus élevée pour l’assurance qui ainsi pourra justifier de nouvelles augmentations !

Force est de constater que le système mis en place il y a vingt ans marche sur la tête. Et apparemment personne n’y peut rien. Nos politiques gesticulent, s’offusquent, font porter la faute aux uns et aux autres, mais rien ne change parce qu’il y a trop d’argent en jeu et que certains s’en mettent plein les poches. Qui exactement ? Difficile de le savoir tant le système est peu transparent.

Et le « bon » peuple lui râle à la fin de chaque mois de septembre, mais sans plus. Pas de manifestations géantes dans la rue et un refus systématique dans les urnes quand on lui propose d’autres solutions. Comme quoi, finalement, pour la majorité l’assurance maladie n’est pas encore trop chère. Jusqu’à quand ?

25/09/2016

À quand un vrai dimanche sans ma voiture?

image.jpegQuel bonheur de voir les quais et le Pont du Mont-Blanc envahis par les piétons et les cyclistes en ce premier dimanche automnal...estival! Quelle bonne surprise de voir le trait d'union principal des deux rives transformé pendant quelques heures en lieu de pique-nique géant où règnent la bonne humeur et la convivialité.

Une indéniable réussite pour les autorités qui ont "osé" fermer cet axe stratégique à la circulation pendant quelques heures pour faire la promotion de la mobilité douce. Sauf qu'il aurait fallu oser aller encore plus loin en élargissant à tout le canton l'interdiction de circuler en voiture, mis à part évidemment pour les services de sécurité et celles et ceux qui y travaillent.

Utopique?

Pas tant que ça, puisque je me souviens encore alors que j'avais 9 ans en 1973 que suite au choc pétrolier, il y avait eu 3 dimanches sans voiture et que cela n'avait pas empêché la Terre de tourner. Cela aurait le grand avantage d'éviter à tous les automobilistes qui se sont retrouvés dans les bouchons en ce 25 septembre pour avoir soit ignoré que ce dimanche était sans ma voiture (il y a sûrement un effort d'information à faire à l'avenir) soit de ne pas avoir imaginé qu'ils pouvaient se passer de leur voiture un seul jour, de perdre leur temps!

Avec un vrai dimanche sans ma voiture, et même plusieurs!, et des transports publics gratuits, on irait au-delà d'un coup comme les affectionne le Conseiller d'Etat en charge des transports. Le même qui peine à mettre en place les mesures pour la mobilité douce comme en atteste le retard pris pour le réseau cyclable.

Mais soyons positifs et voyons en ce dimanche sans ma voiture partiel, le début d'autres initiatives qui feront prendre conscience à de plus en plus de monde qu'il est possible de renoncer quelques jours par année à sa voiture sans pour autant passer un mauvais dimanche!