25/09/2018

Une belle victoire pour la lutte contre l’homphobie et la transphobie

La fédération romande des associations LGBT se réjouit du vote du Conseil national de ce jour qui devrait permettre de compléter la norme pénale antiraciste et permettre ainsi de combattre l’homophobie et la transphobie au même titre que le racisme.

« L'homophobie n'est pas une opinion, elle tue! Un homosexuel sur cinq a tenté de se suicider, la moitié avant l'âge de vingt ans » a lancé Mathias Reynard, dont l'initiative parlementaire est à l'origine du projet.

Cette modification de la norme pénale antiraciste a été approuvée par 115 voix contre 60, ce qui est une excellente surprise après le vote très serré de la commission (13 voix contre 11). L'opposition est venue essentiellement de l'UDC et d'une partie du PLR.

Malgré le soutien du Conseil fédéral, cette même opposition n'a pas réussi à restreindre la portée du projet. Par 98 voix contre 83, le National a en effet accepté d'ajouter également l'identité de genre dans la norme antiraciste évitant ainsi de faire une différence, qui aurait été incompréhensible, entre les crimes haineux homophobes et transphobes.

Il appartient désormais au Conseil des États de se prononcer sur le texte.

Cette décision est un signal important dans la lutte contre les discriminations pour laquelle toutes les associations membres de la Fédération romande s’engagent depuis de nombreuses années.

Pour la Fédération romande des associations LGBT

Maya Burkhalter, coprésidente​​​​​         Didier Bonny, coprésident

 

Communiqué de presse de la fédération romande des associations LGBT du 25 septembre 2018

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23/09/2018

Coup de pédale pour le vélo

Les voies cyclables seront donc mentionnées dans la Constitution, au même titre que les chemins et sentiers de randonnée pédestre le sont depuis…40 ans, ainsi en a décidé le peuple suisse à une écrasante majorité, et l’on ne peut que s’en réjouir.

Les citoyennes et citoyens de ce pays n’ont pas manqué l’occasion de donner un grand coup de pédale, que l’on espère décisif, à nos autorités pour que le vélo occupe la place qu’il mérite dans la mobilité. A ce propos, il faut rappeler que 50% des trajets en voiture et 80% des trajets en bus et en tram sont inférieurs à 5 km. Le potentiel de croissance de la petite reine est énorme. Selon les prévisions de la Confédération, la progression du vélo d’ici 2040 sera deux fois plus importante que celle du trafic individuel motorisé.

Suite à ce vote, la Confédération pourra ainsi soutenir les cantons lors de l’aménagement de voies cyclables de qualité, ce qui permettra une pratique plus attrayante et sûre du vélo. Et l’on sait que c’est une condition très importante pour que le nombre de personnes qui optent pour le vélo, moyen de locomotion très peu énergivore, respectueux de l’environnement et excellent pour la santé, augmente.

Il semblerait d’ailleurs que les intentions du Conseiller d’Etat genevois en charge de la question des transports, Serge Dal Busco, soient prometteuses pour le développement des pistes cyclables. Le plébiscite du corps électoral genevois (plus de 80% de OUI!) et le phénoménal succès de la Voie verte sont un encouragement incontestable à poursuivre une politique des transports qui privilégie la mobilité douce. A suivre.

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21/09/2018

Chronique du sexisme ordinaire

Le sexisme a encore de « beaux » jours devant lui si je prends en exemple la manière dont un restaurant genevois différencie les toilettes « hommes » et les toilettes « femmes ».

A la fin du repas, je me rends donc aux toilettes dudit restaurant et je découvre devant moi deux portes où les symboles « habituels » permettant de reconnaître le genre auquel elles sont attribuées sont remplacés par du texte, enfin si j’ose dire. Sur une des portes, il est écrit « Bla » et sur l’autre « Bla, bla, bla, bla » à de nombreuses reprises (cf. photo).

Interpellé, je réfléchis deux secondes avant de pousser finalement la porte avec le seul « Bla », faisant l’hypothèse que le cliché consistant à dire que les femmes parlent plus que les hommes pour ne rien dire se cachait probablement derrière les « bla, bla, bla,…. Et j’ai eu, hélas, raison ! Le contraire aurait justement permis de casser ce cliché débile et aurait même pu être, à la limite, amusant.

Remonté par ce sexisme ordinaire de mauvais goût, je suis allé m’adresser au patron pour lui dire ce que je pensais de sa manière hyper sexiste de différencier les toilettes « hommes » et « femmes ». Apparemment surpris par ma réaction, il n’a rien pu me répondre d’autre qu’il avait voulu faire quelque chose de drôle. Et c’est bien triste.

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17/09/2018

« Première année »: profondément humain

IMG_4161.jpgAprès « Hippocrate » et « Médecin de campagne », Thomas Lilti, ancien médecin, persiste et signe avec un troisième film qui a également comme contexte le milieu médical. Mais à la différence des deux premiers, pas de patients et de docteurs dans « Première année », mais des étudiants qui entament leur cursus pour devenir médecin dans un environnement compétitif et sans pitié.

Antoine recommence sa première année de médecine pour la troisième fois. Il est persuadé que c’est sa vocation et s’accroche tant et plus. Benjamin est fils de chirurgien. Il n’est pas particulièrement motivé, mais cherche la reconnaissance de son père. Il réalise très rapidement que sa facilité pour les études ne sera pas suffisante et qu’il va devoir bosser dur. Complémentaires, Antoine et Benjamin vont unir leur destin, pour le meilleur et pour le pire, pour tenter de passer cette première année.

Si « Première année » débute de manière classique pour un film de ce genre, Benjamin découvre l’univers de la fac de médecine avec les conseils d’Antoine qui le connaît déjà fort bien, les rôles s’inversent très vite entre les deux étudiants. Pour Thomas Lilti, « c’est le cœur du film. Montrer l’inégalité au cœur du système éducatif. Benjamin a les codes. Même s’il est nouveau, très vite il se fond dans le moule, se laisse absorber par le système et comprend des choses qu’en deux ans Antoine n’a toujours pas intégrées. Ce n’est pas que Benjamin soit plus intelligent, non. Il a juste compris le système. »

Cette inégalité, dont ils ne sont pas responsables, va mettre à dure épreuve la relation entre les deux étudiants, mais aussi donner toute sa force à leur amitié remarquablement mise en scène par Thomas Lilti qui sait décidément créer de l’émotion à l’écran. Il est bien évidemment aidé par le remarquable duo que forment Vincent Lacoste, dont le talent est déjà bien connu, et William Lebghil, véritable révélation du film. L’humanité de son personnage transpire à chaque seconde grâce à son interprétation toute en finesse.

« Première année » est un film, à quelques exceptions près, rythmé, drôle, tendre, émouvant et avec du suspense. On pourrait lui reprocher une fin un peu téléphonée, mais on le pardonnera aisément au réalisateur, car elle est à l’image du film : profondément humaine. (4 étoiles)

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12/09/2018

« Photo de famille »: frustrant

IMG_4127.jpgComédie tragi-comique, « Photo de famille » raconte entre deux enterrements comment une famille éclatée va essayer de recoller les morceaux malgré les fissures, voire les fossés, qui existent entre ses membres.

Gabrielle (Vanessa Paradis, touchante), Elsa (Camille Cottin qui en fait parfois un peu trop) et Mao (Pierre Deladonchamps, toujours aussi craquant) sont frères et sœurs, mais ne se fréquentent guère en raison d’un passé que l’on découvre petit à petit compliqué. La première est « statue » pour touristes, à la plus grande gêne de son fils ado, la seconde s’énerve fréquemment et désespère de tomber enceinte et enfin le dernier est un créateur de jeux vidéo doué, mais dépressif chronique. On y ajoute un père pas très fin dans l’expression de ses sentiments (Jean-Pierre Bacri qui fait du…Bacri), une mère psy envahissante et gaffeuse (Chantal Lauby, convaincante), une grand-mère qui perd la tête et le tableau, un peu trop caricatural, de la situation familiale est dressé.

« A partir d’un élément déclencheur – la grand-mère qui veut aller mourir dans son village – chaque personnage va enclencher chez lui et chez les autres un processus qui va leur permettre à tous de se réparer » déclare Cecilia Rouaud, réalisatrice et scénariste du film. Et l’on peut deviner sans trop de peine que cela ne se fera pas sans des rires et des larmes et des hauts et des bas qui se ressentent dans le film qui manque par moment cruellement de rythme. C’est en grande partie dû à un nombre invraisemblable de saynètes qui casse trop souvent un élan qu’on aimerait poursuivre, car il y a des magnifiques scènes, drôles, tendres ou encore émouvantes, dans « Photo de famille ».

Un sentiment d’inabouti donc, voire de frustration, car à force de ne pas choisir entre comédie et drame, le film perd le spectateur en route. Dommage. Avec une distribution aussi talentueuse, il y avait mieux à faire. (2 étoiles)

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