07/12/2016

"La fille de Brest": David contre Goliath (et 5 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpg« La fille de Brest », c’est l’histoire vraie d’Irène Frachon, pneumologue, qui en 2007 alerte les autorités sanitaires françaises des risques de problèmes cardiaques liés à la prise du Mediator, un antidiabétique. La bombe est lancée. Mais elle va mettre plusieurs années à exploser, le chemin pour faire éclater la vérité étant parsemé d’obstacles. C’est ce long combat à la David contre Goliath que raconte le film aux allures de thriller.

Porté par l’énergie de son actrice principale Sidse Babett Knudsen (l’héroïne de l'excellente série danoise « Borgen » et César du meilleur second rôle 2016 pour « L’hermine »), « La fille de Brest » ne laisse rien au hasard : crédibilité de la reconstitution de l’affaire, rythme soutenu, suspense, belle distribution et scènes « choc » à l’image des deux autopsies où il faut avoir, c’est le cas de le dire, le cœur bien accroché. Emmanuelle Bercot, également réalisatrice de l’excellent « La tête haute » et du très bon « Elle s’en va », a voulu en filmant ces deux scènes « montrer les ravages organiques et physiques du Mediator. » Sauf qu’une bonne partie des spectateurs ne verront rien, préférant se cacher les yeux.

Le film contient donc tous les éléments pour être accroché à son siège du début à la fin. Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas en raison d’un côté didactique trop prononcé et de la linéarité du récit qui réserve au final peu de surprises et d’émotions. Malgré ces réserves, « La fille de Brest » est un bel hommage à toutes celles et ceux qui se sont battu (Irène Frachon bien sûr, mais aussi sa famille, ses collègues, une scientifique, une « taupe » appelée joliment « père Noël », un député, un éditeur, des malades,…) pour sauver des vies et faire indemniser les victimes, ce qui n’est toujours pas fait à ce jour (3 étoiles).

Toujours à l’affiche

5 étoiles. « Moi, Daniel Blake ».  Récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2016 le film a pour thématique principale le poids d’une administration qui au lieu de venir en aide à ses administrés ne fait que de les enfoncer toujours plus dans la précarité. C’est ainsi que l’on suit les déboires de Daniel Blake qui se voit refuser une rente invalidité après un grave accident cardiaque. Il se retrouve dès lors condamner à s’inscrire au chômage pour toucher des indemnités et à faire des recherches d’emploi alors qu’il a l’interdiction de ses médecins de travailler. On peut, certes, reprocher au film son côté un brin démagogique et un peu trop manichéen – les fonctionnaires, à l’exception d’une, sont tous des méchants et les pauvres tous des gentils – mais c’est bien le seul reproche qu’on puisse lui faire. « Moi, Daniel Blake » est émouvant, bouleversant même, il dénonce avec force un système dénué de toute humanité et qui dérape. La mise en scène est d’un grand réalisme avec des scènes très variées qui donnent de l’épaisseur à l’histoire et les dialogues sont percutants. Le tout est joué par des acteurs formidables qui vous touchent jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

5 étoiles. « Ma vie de Courgette ». Ce film d’animation est un vrai bijou. Techniquement bien sûr, mais aussi au niveau de son scénario intelligent, des dialogues percutants prononcés par des voix formidablement bien choisies et de la bande son tout aussi remarquable. Rien n’est laissé au hasard, le film est soigné dans ses moindres détails aussi bien du point de vue de la psychologie et de l’apparence des personnages que de leur environnement. C’est un plaisir visuel immense de faire une nouvelle découverte pratiquement à chaque plan. « Ma vie de Courgette » véhicule, avec finesse, tendresse et humour, beaucoup d’émotions, sans pathos. Tous les enfants qui fréquentent ce foyer, lieu d’apaisement qui protège des agressions du monde extérieur, et les adultes qui gravitent autour d’eux sont extrêmement attachants. « Ma vie de Courgette » est un film tout public. Mais le travail d’orfèvre qu’il a fallu accomplir pour le réaliser prend probablement encore une autre dimension avec des yeux d’adulte. Cour(g)ez-y !

3 étoiles. « Le petit locataire ». La famille Payan est constamment au bord du gouffre. Alors quand celle qui tient tant bien que mal tout son petit monde en équilibre tombe enceinte à 49 ans, la menace d’y tomber définitivement se profile. « Le petit locataire » dresse le portrait d’une famille déjantée, mais sans tomber dans la caricature, et brinquebalante qui veille pourtant, à sa manière, les uns sur les autres. On s’engueule, puis on se réconcilie, avant de recommencer. C’est souvent drôle, parfois même hilarant, vachard sans être toutefois méchant, mais aussi émouvant. Il y a certes des petites baisses de rythme en chemin et des situations un peu trop répétitives, mais l’ensemble tient la route grâce tout particulièrement à une distribution qui mérite tous les éloges. De quoi passer un bon moment, sans se prendre la tête. C’est aussi ça le cinéma.

3 étoiles. « La fille du train ». L’adaptation du roman à succès de Paula Hawkins à l’écran est très proche dans les faits. Par contre, on n’y retrouve pas l’ambiance plus sombre, plus glauque qui se dégage à la lecture du livre et qui fait sa grande force. Le personnage principal de Rachel, pourtant fort bien joué par Emily Blunt - on n’en dira pas autant des seconds rôles, surtout masculins, pas très convaincants - est beaucoup moins torturé, cette remarque étant d’ailleurs valable pour tous les autres personnages qui sont bien plus lisses que dans le roman. Cela a une influence sur tout le film qui manque de souffle avec comme conséquence que la tension n’atteint pas celle ressentie lors de la lecture du livre. Il n’en demeure pas moins que cette adaptation est honnête et qu’elle a toutes les chances de plaire aux amateurs de thrillers qui ne feront pas la comparaison avec le roman !

2 étoiles. « Mal de pierres ». Marion Cotillard est formidable dans le rôle de Gabrielle, cette femme en avance sur son époque - le film se déroule dans la France rurale des années 50 - qui rêve de vivre le grand amour alors que son entourage ne pense qu’à la marier selon les conventions en vigueur. Et c’est ce que sa famille va faire en donnant Gabrielle à José, un ouvrier agricole. Quant au film en lui-même, il ne soulève pas l’enthousiasme. C’est certes bien fait, avec une mention particulière à la magnifique photographie, mais le tout manque d’émotions, ce qui est paradoxal en regard du sujet du film. Lent à démarrer, « Mal de pierres » prend son envol quand Gabrielle commence sa cure thermale et qu’elle a le coup de foudre pour ce lieutenant français de retour de la guerre d’Indochine. Cette passion va conduire Gabrielle au bord de la folie, comme la dernière partie du film le fera comprendre dans un retournement de situation peu crédible.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

05/12/2016

Une vie sauvée de justesse, un vrai conte de Noël

Un bébé de 6 mois, orphelin, sauvé de justesse grâce à un formidable élan de solidarité, c'est l'histoire de Prince. Elle m'a été envoyée en raison de mes liens privilégiés avec "La Maison de la Joie" dont j'ai eu l'occasion de parler à plusieurs reprises sur ce blog (1). Un vrai conte de Noël qui tombe bien à cette période de l'année que je partage avec grand plaisir ici avec vous!

 

UNE VIE SAUVEE DE JUSTESSE

 

FullSizeRender.jpgLa maman de Prince, séropositive, vivant au quartier Swahili de Gitega (Burundi), a été recueillie par l’entourage environnant de son domicile, dans un état de santé critique et amenée à l’Association nationale de soutien aux séropositifs et malades du sida (ANSS) le vendredi 4 novembre 2016. Le Docteur de l’ANSS, détectant une méningite très avancée, l’a directement transférée à l’hôpital public de Gitega. Malheureusement, elle n’a pas pu survivre et elle a rendu l’âme le mercredi 9 novembre.

L’entourage avoisinant de la défunte est revenu à l’ANSS le vendredi 11 novembre, mais cette fois-ci avec Prince, 6 mois, 4 kilos, lui aussi dans un état pitoyable, plein d’escarres et affaibli par la faim. Enfant non enregistré au niveau de la commune, de père inconnu et de mère décédée, il était considéré comme sans identité et de ce fait ne pouvait être admis à l’hôpital public.

Le personnel de l’ANSS a alors décidé de le transférer dans un hôpital privé pour sauver cette vie en danger. Hospitalisé du 11 novembre au 23 novembre, le petit Prince était gardé par une volontaire qui avait bien compris la logique de solidarité. Les membres du personnel de l’ANSS se relayaient pour pourvoir aux besoins du malade et de la garde-malade pendant cette période d’hospitalisation.

Après l’hospitalisation, où irait l’enfant ? Encore une fois la solidarité s’est manifestée et l’enfant a été accueilli dans la famille d’un membre du personnel, soutenu par ses collègues pour le lait et les autres besoins quotidiens de l’enfant, en attendant une solution définitive.

Cette histoire émouvante du petit Prince a été portée à la connaissance la Présidente de l’ANSS, Madame Jeanne Gapiya, qui s’est saisie de la question. Il a alors été décidé que l’ANSS couvrirait les frais hospitaliers de Prince, contractés à crédit par le personnel ANSS de Gitega auprès de l’hôpital privé qui l’a traité, et que Prince serait accueilli à « la Maison de la Joie » de Bujumbura, qui héberge actuellement une quinzaine d’enfants orphelins et vulnérables soutenus par l’ANSS avec des financements de Sidaction, du Groupe Sida Genève et de donateurs privés.

Les amis de l’ANSS se mobilisent actuellement pour compléter cette œuvre en fournissant le nécessaire pour le petit Prince (berceau, habits,…) et en s’engageant pour son parrainage.

Une belle preuve de solidarité !

Si vous aussi vous voulez parrainer "La Maison de la Joie", vous pouvez faire un don sur le compte du Groupe sida Genève CH 78 0078 8000 A077 6077 6 en mentionnant « don Maison de la Joie Burundi ».Merci!

 

(1) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/23/la-mai...

http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/11/22/temp-c...

http://independance.blog.tdg.ch/archive/2014/09/11/les-pe...

 

03/12/2016

Du grand écran au petit, 3 films à voir cette semaine...ou pas

Au programme cette semaine à la télévision, trois films que j’ai vus au cinéma en 2013 et en 2014. Brèves critiques pour vous aider à faire votre choix de les regarder…ou pas.

FullSizeRender2.jpg« Gravity » raconte l'histoire d'une mission spatiale chaotique avec seulement deux personnages. Si le sujet est spectaculaire, il est traité de manière intimiste, ce qui pouvait représenter un risque de longueurs. Il n'en est rien, mais il s'en faut de peu. Les rebondissements ne manquent pas, mais ils sont malheureusement pour la plupart prévisibles, comme la fin d'ailleurs. Il n’en demeure pas moins que les images sont superbes, la technique incroyable, l'ambiance étouffante et les deux acteurs, Sandra Bullock et George Clooney, crédibles dans leur rôle. Un bon film du dimanche soir ! (TF1, dimanche 4 décembre, 20h55).

 

 

FullSizeRender.jpg« La chambre bleue », de et avec Mathieu Amalric,  est un film adapté d’un romande Simenon qui raconte une passion amoureuse sur fond de meurtres. C’est très bien joué, mais le choix des allers et retours entre le présent et le passé casse le rythme du film qui en devient petit à petit inintéressant. Et puis la fin laisse le spectateur sur sa faim (Arte, dimanche 4 décembre, 20h45).

 

 

 

 

 

FullSizeRender1.jpg« Pride » est l’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Un film tout public diffusé à…23h45, jeudi 8 décembre sur TSR1. Vive le replay !