21/08/2016

"Jason Bourne": un retour sur les chapeaux de roue (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgMatt Damon reprend le rôle de Jason Bourne pour cette cinquième aventure de l’espion amnésique après avoir laissé sa place à Jeremy Renner dans le précédent épisode.

Toujours traqué par la CIA, qui veut définitivement le faire taire pour éviter que ne soit révélé la manière dont cette dernière surveille tout le monde, et à la recherche d’explications sur son passé, Jason Bourne doit faire face à un méchant XXL qui n’hésite pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à ses fins.

Collant de près à l’air du temps avec un scénario qui laisse une large place à la surveillance généralisée, y compris en utililisant toutes les techniques possibles et inimaginables pour poursuivre Jason Bourne, ce quatrième volet de la saga Jason Bourne avec Matt Damon en met plein la vue aux amateurs de films d’action.

Les poursuites sont haletantes, même si parfois un poil trop longues, et d’un niveau technique époustouflant. Filmées caméra à l’épaule, elles donnent le tournis, mais dans le bon sens du terme. Les méchants le sont vraiment, la palme allant à un Vincent Cassel dénué de tout sentiment, et Jason Bourne aussi taciturne que d’habitude peut toujours compter sur les femmes pour qu’elles lui sauvent la peau quand il le faut.

Une suite donc sans grande surprise, avec toujours au générique de fin une nouvelle version de la géniale chanson de Moby « Extreme Ways »,  mais qui ravira probablement la majorité des fans de Jason Bourne. Et ça ne devrait pas s’arrêter là, la fin laissant toute latitude à de nouvelles aventures (4 étoiles).

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Folles de joie ». Beatrice est une mythomane à la langue bien pendue et extravertie. Donatella est tout son contraire. Elles sont des patientes de la Villa Biondi, une institution qui accueille des femmes souffrant de troubles psychiques. Elles vont malgré leurs différences se lier d’amitié et fuguer pour tenter de recoller les pièces du puzzle qui les ont conduites à la Villa Biondi. « Folles de joie » est un film touchant, tendre, douloureux, bienveillant, lumineux et aussi par moment très drôle. Il est porté par deux excellentes actrices très complémentaires. Valeria Bruni Tedeschi est tout simplement géniale. Elle dégage une énergie…folle à l’écran, un régal. Quant à Micaela Ramazzotti, elle tire le meilleur parti d’un rôle beaucoup moins exubérant, mais tout en finesse. Il y a certes quelques facilités scénaristiques dans « Folles de joie », mais pas de quoi gâcher le plaisir de visionner un film qui fait une grande place aux émotions. Comparaison n’est pas raison, certes. Toutefois, difficile de ne pas avoir en tête « Marguerite » en visionnant « Florence Foster Jenkins », surtout quand la sortie de l’un suit l’autre de quelques mois seulement.

3 étoiles. « Le professeur de violon ». Talentueux violoniste, Laerte va devoir, pour gagner un peu d'argent, diriger à contrecoeur un orchestre de jeunes d'une favela financé par une ONG après avoir manqué son audition pour intégrer l'orchestre philharmonique de São Paulo. La tâche s'annonce difficile: le niveau de ces musiciens en herbe est plutôt dans l'ensemble très bas et la plupart d'entre eux a une situation familiale et/ou personnelle pour le moins compliquée. Comme on peut l'imaginer à la lecture de ce résumé, ce n'est pas le scénario, sans grande surprise bien que basé sur une histoire vraie, qui est la force de ce film, mais la musique et les personnages auxquels l'on s'attache au fur et à mesure que l'histoire avance. Un film aux ingrédients explosifs contenus la plupart du temps grâce à la musique qui adoucit les mœurs et permet de réunir des milieux très différents comme la dernière scène du film en témoigne.

3 étoiles. « Florence Foster Jenkins ». Le film se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente…Cette situation de départ, qu’on a toujours de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. Comme « Marguerite », le film évolue du comique au tragi-comique, il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Il manque toutefois d’émotion, sans doute par souci de réalisme.

2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

10/08/2016

"Le professeur de violon": la force de la musique (et 4 autres films à l'affiche)

image.jpegLa musique adoucit les mœurs. Elle est omniprésente et sous plusieurs formes à l'image des protagonistes de ce film brésilien inspiré d'une histoire vraie.

Talentueux violoniste, Laerte va devoir, pour gagner un peu d'argent, diriger à contrecoeur un orchestre de jeunes d'une favela financé par une ONG après avoir manqué son audition pour intégrer l'orchestre philharmonique de São Paulo. La tâche s'annonce difficile: le niveau de ces musiciens en herbe est plutôt dans l'ensemble très bas et la plupart d'entre eux a une situation familiale et/ou personnelle pour le moins compliquée.

Comme on peut l'imaginer à la lecture de ce résumé, ce n'est pas le scénario, sans grande surprise, qui est la force de ce film, mais la musique et les personnages auxquels l'on s'attache au fur et à mesure que l'histoire avance.

A commencer par ce professeur de violon (excellent Lazaro Ramos, star au Brésil) dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est que son talent lui a permis de sortir d'un milieu modeste. Par la force des choses, il va pouvoir essayer de rendre la pareille à ces jeunes de la favela d'Heliópolis sans perdre de vue toutefois son rêve d'intégrer l'orchestre philamornique de São Paulo, ce qui va le mettre à un moment donné dans une situation inconfortable faisant écho au Brésil d'aujourd'hui à deux vitesses.

Un film donc aux ingrédients explosifs contenus la plupart du temps grâce à la musique qui permet de réunir des milieux très différents comme la dernière scène du film en témoigne (3 étoiles).

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film questionne sur son rapport à soi-même et à l’autre, car si la solitude voulue donne un indéniable sentiment de liberté, en tout cas pour un temps, il n’en est pas de même quand elle est subie. Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme.

4 étoiles. "Folles de joie". Beatrice est une mythomane à la langue bien pendue et extravertie. Donatella est tout son contraire. Elles sont des patientes de la Villa Biondi, une institution qui accueille des femmes souffrant de troubles psychiques. Elles vont malgré leurs différences se lier d’amitié et fuguer pour tenter de recoller les pièces du puzzle qui les ont conduites à la Villa Biondi. « Folles de joie » est un film touchant, tendre, douloureux, bienveillant, lumineux et aussi par moment très drôle. Il est porté par deux excellentes actrices très complémentaires. Valeria Bruni Tedeschi est tout simplement géniale. Elle dégage une énergie…folle à l’écran, un régal. Quant à Micaela Ramazzotti, elle tire le meilleur parti d’un rôle beaucoup moins exubérant, mais tout en finesse. Il y a certes quelques facilités scénaristiques dans « Folles de joie », mais pas de quoi gâcher le plaisir de visionner un film qui fait une grande place aux émotions. Comparaison n’est pas raison, certes. Toutefois, difficile de ne pas avoir en tête « Marguerite » en visionnant « Florence Foster Jenkins », surtout quand la sortie de l’un suit l’autre de quelques mois seulement.

3 étoiles. « Florence Foster Jenkins ». Le film se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente…Cette situation de départ, qu’on a toujours de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. Comme « Marguerite », le film évolue du comique au tragi-comique, il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Il manque toutefois d’émotion, sans doute par souci de réalisme.

2 étoiles. « Insaisissables 2 ». Succès surprise mérité de l’été 2013, les quatre cavaliers magiciens/cambrioleurs reprennent du service en s’attaquant à un as de la technologie à la tête d’une organisation criminelle. Cet homme d’affaire a toutefois toujours un coup d’avance sur les 4 magiciens et va les entraîner dans un piège et les spectateurs avec ! L’intrigue à tiroirs et aux rebondissements multiples aussi invraisemblables les uns que les autres est en effet un simple prétexte à mettre en scène des numéros de magie finalement trop rares et qui tirent parfois en longueur. Certes, on ne s’ennuie pas vraiment, il y a tout de même quelques scènes réussies et un peu d’humour, mais on peine vraiment à comprendre où les scénaristes veulent en venir et la révélation finale tombe complètement à plat. On y perd petit à petit ses illusions, ce qui est tout de même un comble pour un film qui met la magie au centre.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

05/08/2016

Augmenter les signatures pour les initiatives et les référendums?

C’est dorénavant (presque) un jeu d’enfant de signer une initiative ou un référendum : il suffit de se rendre sur le site wecollect.ch et en quelques clics le tour est joué ! Faut-il  dès lors augmenter le nombre de signatures pour déposer une initiative ou un référendum, comme le propose le PBD qui vient de déposer une initiative parlementaire dans ce sens ?

Même si ce n’est pas l’argument principal du PBD, qui met plutôt en avant le fait qu’en 1891, date de la création de l’initiative, le nombre de signatures requis représentait 8% du corps électoral alors qu’aujourd’hui il en faut moins de 2%, il faut également prendre en compte le fait que  à cause de ou grâce à, tout dépend du point de vue, internet il est désormais plus facile de récolter des signatures.

Il suffit de se rendre sur le site de wecollect.ch, qui met en ligne les initiatives ou référendums plutôt soutenus par la gauche,  pour s’en rendre compte. Une adresse email, ses coordonnées et quelques secondes plus tard un formulaire pdf prérempli  arrive dans votre boîte électronique. Ne reste alors plus qu’à imprimer le formulaire, écrire ses nom et prénom et de signer (obligation légale) et le mettre à la boîte aux lettres sans l’affranchir.

C’est facile et apparemment ça marche : l’initiative en faveur d’un congé paternité affiche déjà 23 529 signatures potentielles (environ 60% des formulaires sont renvoyés), de quoi donner de l’eau au moulin de ceux qui veulent augmenter le nombre de signatures.

On n’a donc pas fini de compter les points entre ceux qui estimeront qu’il est aujourd’hui trop facile de déposer une initiative ou un référendum et ceux qui argumenteront qu’en augmentant le nombre de signatures on empêchera des débats intéressants qui peuvent faire avancer les idées à plus long terme, comme ce fut le cas très récemment avec le revenu de base inconditionnel.