Air du temps

  • Lettre à l’UDF

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    IMG_9249.PNGChère UDF,

    Grâce à ta récolte mensongère de signatures, le peuple suisse a pu s’exprimer ce dimanche sur l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes. Et il l’a soutenue à plus de 63%, ce qui est un score remarquable pour un référendum ! Merci donc d’avoir permis de montrer la maturité du peuple suisse sur cette question sensible.

    Mais soyons francs, quand les partisans de l’extension de cette norme, et tout particulièrement dans leur très grande majorité les personnes concernées, ont su qu’ils devraient se battre pour une chose qui paraissait évidente – la maturité d’une société se reconnaît à sa capacité à protéger ses minorités – ils et elles n’ont pas sauté au plafond. Il fallait mettre une campagne en place, en sachant que les personnes lesbiennes, gays et bisexuelles devaient avant tout devoir compter sur elles-mêmes, trouver des fonds et, surtout, se préparer à affronter ce monstre de l’homophobie qui ne demande qu’à se réveiller à la première occasion en prenant différentes formes plus ou moins avouables telles que la religion, la liberté d’expression ou encore le « et après, ce sera au tour de qui ? » avec des amalgames immondes.

    De ce point de vue-là, il n’y a guère eu de surprises, à tel point d’ailleurs que j’ai décidé, exceptionnellement, de fermer les commentaires sur mon blog en fin de campagne, ayant laissé suffisamment de place aux homophobes anonymes, ils ne sont pas courageux, pour s’exprimer, mais également pour me protéger, les écrits, même quand on y est préparé, pouvant finir par blesser.

    Mais ça, c’est le revers de la médaille, car de l’autre côté, elle a brillé de mille feux : un formidable engagement au travers de tout le pays de nombreuses personnes concernées par cette extension, elles-mêmes souvent soutenues par leur famille, leurs ami.e.s, leurs collègues, mais aussi par des personnes pour lesquelles la haine n’est pas une opinion. Cette belle énergie a également eu des répercussions sur la récolte de fonds qui a donné d’excellents résultats. Une belle campagne, vraiment. Et un bel élan, grâce à toi, pour le prochain défi qui se profile à l’horizon : le mariage civil égalitaire pour toutes et tous que tu ne manqueras pas, bien évidemment, de combattre.

    Dans cette attente, je t’adresse, chère UDF, mes remerciements pas vraiment sincères, pour cette belle campagne qui, sans toi, n’aurait pas pu avoir lieu !

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  • Votation du 9 février : interdire la haine homophobe (5/5)

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    Une personne homosexuelle ou bisexuelle qui est verbalement attaquée, insultée ou calomniée à titre individuel peut se défendre pénalement en se référant à l’article sur l’atteinte à l’honneur. Cependant, cet article ne s’applique pas dans des cas d’appels publics à la haine ou à la discrimination contre les lesbiennes, les gays et les bisexuel.le.s en tant que groupe. En effet, ces personnes ne sont, à ce jour, pas protégées juridiquement contre des attaques collectives, contrairement à d'autres groupes de personnes qui en seraient la cible en raison de leur religion, de leur race ou de leur ethnie, critères qui sont pris en compte dans l’article 261 bis du code pénal depuis 1995. Le 9 février, le peuple suisse est appelé à se prononcer sur l’extension de cette norme pénale à l’orientation sexuelle, mais malheureusement pas à l’identité de genre.

    Les appels publics à la haine et à la discrimination favorisent un climat propice aux actes homophobes tels que les crachats, les insultes, les déprédations et les agressions physiques, comme un couple d’hommes en a encore fait les frais très récemment à Zürich. Il est donc important de stopper les appels publics à la haine et à la discrimination en amont en apportant son soutien à l’objet soumis en votation populaire le 9 février. Voter OUI, ce n’est pas, contrairement à ce qu’affirment les référendaires de l’UDF et des jeunes UDC, réduire la liberté d’opinion, c’est interdire l’appel public à la haine homophobe.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • Pour que la honte change de camp

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    Il m’aura fallu 14 ans pour rendre public cette lettre anonyme reçue quand j’étais encore enseignant. J’étais en plus sûr que je l’avais jetée ! Je l’ai retrouvée la semaine dernière en faisant de l’ordre dans mes classeurs. Le hasard fait bien les choses, paraît-il. Et force est de constater qu’ici, en pleine campagne sur l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes, tel est bien le cas.

    Il m’aura fallu tout de même plus d’une semaine pour me décider à la publier. Et c’est finalement la campagne des opposants à cette extension, qui nient l’existence de l’homophobie, qui m’a convaincu. Je crois qu’au fond de moi je ressentais une certaine honte d’avoir reçu une telle lettre au même titre, et toutes proportions gardées, que des personnes qui sont victimes d’actes de violence (agressions physiques, violences conjugales, viols, insultes, …) et qui se demandent si finalement elles ne sont pas quand même un peu responsables de ce qui leur arrive.

    Et bien non, ce ne sont pas les victimes les coupables, mais bien les agresseurs ! Est-ce qu’un enseignant hétérosexuel aurait pu recevoir la même lettre où il aurait été écrit « M. X n’aime pas les garçons, il est très dur avec eux. Comme on sait qu’il aime les filles, cela ne doit pas avoir des conséquences sur son comportement avec les enfants » ? Poser la question, c’est y répondre! 

    Il faut absolument que la honte change de camp ! Et à ce titre, un OUI clair et net le 9 février participera à ce changement !

    P.S. J'ai déposé une main courante à l'époque, mais ce ne fut pas une évidence d'aller à la police. La peur d'être jugé. Encore.

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  • Votation du 9 février : au sujet de la liberté d’expression (4/5)

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    IMG_9249.PNGSi le peuple vote le 9 février en faveur de l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes, les appels publics à la haine et à la discrimination à l’encontre des lesbiennes, gays et bisexuel.le.s seront punissables. Par contre, si une personne exprime ses idées homophobes dans son cercle d’ami.e.s ou lors d’une rencontre privée, elles ne tomberont pas sous le coup de la loi.

    Les appels publics à la haine et à la discrimination à l’encontre des lesbiennes, gays et bisexuel.le.s ne sont ni des opinions ni des valeurs à protéger. Ils nuisent aux personnes concernées, à leur entourage et divisent la société.

    Personne ne peut, en effet, sérieusement prétendre qu'il s'agisse d'une d'opinion constructive, lorsqu’il est écrit dans des tweets que les lesbiennes sont malades et devraient « être sautées par un vrai homme » afin de revenir à la raison. Ou lorsque sur les réseaux sociaux un appel est lancé afin de ne pas tolérer les bisexuel.le.s dans son cercle de connaissances, parce qu'ils/elles seraient des prédateurs et prédatrices sexuel.le.s et ne chercheraient qu’à briser des couples. Ou quand dans des émissions de radio ou des articles de presse, il est dit que les gays sont des pédophiles et devraient être enfermés.

    De tels discours tenus en public ne peuvent pas être simplement considérés comme des "paroles stupides". Stopper les atteintes à la dignité humaine, si nécessaire aussi par la voie légale, est une revendication juridique légitime des personnes concernées, mais aussi de la société elle-même. Il serait indigne d'une démocratie d'interpréter la liberté d'expression comme un laissez-passer pour s’attaquer en toute impunité à des personnes ou groupes de personnes.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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  • Votation du 9 février : pas d’atteinte à la liberté de croyance (3/5)

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    IMG_9249.PNGLe référendum contre l’extension de la norme pénale antiraciste aux actes homophobes (article 261bis du Code pénal) a été lancé par l’Union Démocratique Fédérale (UDF). Selon sa propre description, ce petit parti s’engage pour un ordre du monde selon les principes bibliques, dans le respect de Dieu.

    L’UDF s’engage depuis des dizaines d’années contre les droits des lesbiennes, gays et bisexuel-le-s. Elle avait déjà lancé un référendum contre la loi sur le partenariat pour les personnes de même sexe et l’adoption de l’enfant du partenaire.

    La liberté de croyance ou de religion ne sera en aucun cas restreinte par l’adoption de l’objet soumis au vote populaire. Une discussion sur la signification de la Bible et ses versets controversés sera toujours possible. S’opposer au mariage, même s’il s’agit pourtant uniquement du mariage civil..., pour toutes et tous pourra se faire sans problème du moment que cette opposition est basée sur des arguments et non des jugements de valeur discriminatoires et incitant à la haine des personnes lesbiennes, gays et bisexuelles. 

    Faire cesser les atteintes à la dignité humaine, si nécessaire par des moyens juridiques, est un droit légitime des personnes concernées, mais aussi de l’État de droit. Cela répond également au commandement chrétien de l’amour du prochain.

    La haine n’est pas une opinion ! OUI le 9 février !

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