Air du temps

  • Un an sans voiture

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    A4DBAE8C-CF62-441A-B0AF-4A913B2B5669.jpegIl y a un an, j’ai pris la décision de ne plus avoir de voiture. Pour un fils de garagiste, c’était une petite révolution ! La première raison qui m’a poussé à faire ce choix était d’apporter ma pierre à l’édifice à la lutte contre la pollution et au réchauffement climatique. Les transports polluent toujours trop et leurs émissions de CO2 continuent à augmenter. A ce titre, la Commission de l’environnement du Conseil des Etats a récemment exigé du Conseil fédéral qu’il fasse des propositions de mesures supplémentaires dans le secteur des transports pour protéger le climat.

    La deuxième raison était le coût disproportionné de la voiture par rapport à l’utilisation que j’en avais, mes déplacements se faisant essentiellement à vélo, à pied et en train. Il n’empêche que malgré ces deux excellentes raisons, je craignais tout de même une certaine perte de « liberté » sans mon véhicule à quatre roues qui a fait partie de ma vie depuis mes 18 ans.

    Un an plus tard, c’est en fait le sentiment contraire qui m’habite : finies les contraintes que m’imposaient la voiture ! Plus besoin de changer les pneus deux fois par année, d’aller chez le garagiste, de passer la visite, d’acheter la vignette, de payer l’assurance et l’impôt sur le véhicule, de chercher une place introuvable dans le quartier ou encore de perdre son temps durant les trajets, contrairement à ceux effectués en train, et la liste n’est pas exhaustive.

    Certes, mes conditions de vie ont rendu ce choix plus facile que pour d’autres : j’habite en ville où presque la moitié des ménages n’ont pas de voiture (qu’en serait-il si 100% des ménages avaient un véhicule ?!) et où les transports publics sont efficaces, je me rends à mon lieu de travail à vélo et je n’ai pas d’enfants en bas âge. Et pour être totalement transparent, j’ai aussi pu au cours de ces douze derniers mois emprunter à cinq reprises la voiture d’une amie, ce qui m’a évité d’en louer une, et profiter le même nombre de fois du co-voiturage.

    Loin de moi donc l’idée de faire la leçon à qui que ce soit, mais de faire réfléchir celles et ceux qui se trouvent dans ma situation sur l’utilité d’avoir leur propre voiture. Nous avons la chance en Suisse d’avoir un réseau ferroviaire bien développé et à des prix tout à fait abordables, à condition d’avoir le demi-tarif, d’anticiper sa prise de billet et d’être un peu flexible sur les horaires.

    Le réchauffement climatique n’est plus à démontrer, les mois de juillet 2017, 2018 et 2019 ayant été les plus chauds, si l’on excepte 2003, depuis que les relevés existent. Toutes les initiatives individuelles, comme celle dans le cas précis de limiter au maximum ses trajets en voiture, ont donc leur importance pour contenir le mieux possible les conséquences néfastes de ce réchauffement.

    Une version plus courte de ce texte a été publiée comme lettre de lecteur dans l'édition de la Tribune de Genève du 25 septembre. 

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  • Procédure de vote pour le Conseil national

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    E150C422-FB29-4816-9A2C-D8837EF4DD64.jpegLes bulletins de vote, pour renouveler le 20 octobre le Conseil national pour lequel je suis candidat, sont en train d’arriver dans les boîtes. Genève a le droit, compte tenu de sa population, à 12 sièges.

    Mais comment ces 12 sièges sont-ils attribués ? La répartition se fait en deux temps. Tout d’abord, on attribue le nombre de sièges par liste proportionnellement aux nombres de suffrages que chacune d’entre elles a obtenus. Ensuite, ce sont les candidat.e.s de chaque liste qui ont le plus de voix qui occupent ces sièges.

    Mode d’emploi pour voter en toute connaissance de cause ou presque, la liste ci-dessous décrivant les manières de voter les plus courantes, mais elle n’est pas exhaustive.

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  • Manque de vision

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    D85892C4-EA22-4190-AA71-582A82EFB669.jpegPar deux fois, le Parlement a fait preuve au cours de cette session de son conservatisme et de son manque de vision sur deux sujets de société. Le Conseil des États a voté 7 mesures pour durcir l’accès au service civil. L’objectif de la majorité est limpide : mettre les bâtons dans les roues à ceux qui veulent continuer de servir leur pays, mais autrement. C’est beaucoup plus simple de procéder de cette manière plutôt que de se demander pour quelles raisons de plus en plus de jeunes s’engagent pour un service civil plutôt que militaire, dont un bon tiers d’entre eux après l’école de recrues.

    Quant au Conseil national, il a certes voté en faveur de l’introduction d’un congé-paternité de 2 semaines, mais on ne saurait s’en réjouir, car c’est largement insuffisant. Le peuple aura l’occasion de dire ce qu’il en pense, puisqu’il sera appelé à voter pour un congé-paternité de 4 semaines qui n’a rien de révolutionnaire.

    En effet, la véritable mesure qui permettrait de concilier vie professionnelle et familiale des deux parents serait l’instauration d’un congé parental. Quand on sait que la moyenne d’un congé parental des pays de l’OCDE est de 54 semaines, on mesure mieux le retard de la Suisse dans sa politique familiale.

    A la lumière de ces deux votes, il est à souhaiter que lors des élections du 20 octobre les électrices et électeurs donnent un coup de balai à cette Suisse d’un autre âge !

    Texte publié dans L'édition du Courrier du 19 septembre dans la rubrique des lecteurs.

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  • La Suisse d’un autre âge

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    Une fois de plus, le Conseil des Etats a fait preuve de son conservatisme et de son manque de vision sur un sujet de société. Par 26 voix contre 11, il a voté 7 mesures pour durcir l’accès au service civil et donc le rendre moins attractif. Voici les principales :

    • Les civilistes feront au moins 150 jours de service. Dès le premier cours de répétition, les militaires accompliront plus de jours que maintenant.
    • Les militaires attendront 1 an après avoir déposé leur demande d’admission. Entre temps, ils continueront leur service.
    • Les militaires qui déposent leur demande en pleine école de recrues devront terminer deux ans plus vite qu’avant leur affectation de 180 jours.
    • Les cadres militaires admis au service civil feront 1,5 fois plus de jours qu’au service militaire contre 1,1 actuellement.
    • Les médecins ne pourront plus faire le service civil à des postes de médecins.

    IMG_8399.jpgA la lecture de cette liste, l’objectif de la majorité est donc limpide : mettre les bâtons dans les roues à ceux qui veulent continuer de servir leur pays, mais autrement. C’est beaucoup plus simple de procéder de cette manière plutôt que de répondre à la « vraie » question, à savoir les raisons pour lesquelles de plus en plus de jeunes s’engagent pour un service civil plutôt que militaire, dont un bon tiers d’entre eux (2264 sur 6205) après l’école de recrues. Il faut ajouter à ce nombre 428 cadres et spécialistes qui « désertent » l’armée en cours de route. On n’est donc pas très loin de la moitié des demandes d’admission au service civil !

    La preuve que l’armée telle qu’elle est organisée aujourd’hui n’est plus adaptée à notre époque avec un temps de service trop long par rapport à ce qu’elle apporte le plus souvent à un jeune, contrairement au service civil, beaucoup plus formateur et où l’on n’est pas traité comme un simple pion. Avec cette réforme, qui doit encore être votée par le Conseil national, en principe lors de la session d’hiver, on peut faire l’hypothèse que de nombreux jeunes seront tentés d’emprunter la voie bleue et ainsi éviter à l’avenir tout service à la collectivité.

    Un bel autogoal qui sera très vraisemblablement combattu par un référendum si le Conseil national emboîte le pas au Conseil des Etats, ce qui serait le cas dans sa composition actuelle, mais peut-être pas dans sa prochaine si les électrices et électeurs donnent un coup de balai à cette Suisse d’un autre âge !

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  • Mariage égalitaire: raté, mais...

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    D5BA7DBE-414A-487F-B5DC-DC2ADD7F0741.jpegLa décision était très attendue. La Commission des affaires juridiques du Conseil national allait-elle voter en faveur d'un projet de mariage civil pour toutes et tous égalitaire ou au rabais?

    Et bien, malgré le fait que lors de la consultation 97 des participants sur 154 ait approuvé la variante prévoyant le recours au don de sperme, il s'est trouvé 13 commissaires contre 12 à voter en faveur d'un mariage qui n'intègre pas la possibilité de recourir au don de sperme. Ils estiment que "cela empêcherait le projet de trouver une majorité", démontrant, une fois de plus, que les partis de droite ne sont pas en phase avec la société civile, comme cela a été mis en avant dans le communiqué de presse des associations LGBT+ (cf. ci-dessous).

    Gageons que les électrices et électeurs qui sont en faveur de l'égalité des droits pour toutes et tous sauront en tirer les conséquences qui s'imposent lors des élections fédérales du 20 octobre en élisant des candidates et candidats qui feront pencher la balance dans le bon sens lors du vote au Conseil national qui aura lieu après lesdites élections. Avec un vote si serré en commission, tout espoir n'est donc pas perdu!

    Communiqué de presse du 30 août 2019 des associations LGBT+ suisses

    La CAJ-N est contre un mariage égalitaire pour les personnes homosexuelles

    La commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N) s’est ce matin exprimée, à une large majorité, en faveur du “mariage pour tous”. La CAJ-N ne veut toutefois pas accorder les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux personnes hétérosexuelles. Cette décision choque les associations LGBT+ qui militent pour l’ouverture d’un mariage civil qui contient les mêmes droits et devoirs que les couples hétérosexuels.

    La CAJ-N devait aujourd’hui prendre la décision d’ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe. Bien qu’elle ait voté en faveur de l’ouverture du mariage, celui-ci ne comprendra pas les mêmes droits et devoirs que celui des couples hétérosexuels.

    « Les enfants des couples de même sexe ne devraient, ainsi, toujours pas avoir accès aux mêmes droits que les enfants de couples hétérosexuels. Devoir procéder à des absurdités administratives, longues et onéreuses qui mettent le bien supérieur de l’enfant en danger en cas de décès ou divorce du parent biologique est tout simplement scandaleux. » s’offusque Muriel Waeger, Directrice romande de Pink Cross et de la LOS.

    Bien que beaucoup de partis se soient positionnés pour une ouverture complète du mariage civil pour toutes et tous, une majorité de la commission, probablement composée de membres du PDC, de l’UDC et du PBD, partis qui n’ont pas donné un préavis favorable lors de la consultation, estime que l’ouverture doit se faire en plusieurs étapes. En d’autres termes, les couples de femmes devront attendre 20 ans de plus pour avoir les mêmes droits que les personnes hétérosexuelles.

    « Les premières réponses positives des organisations civiles, notamment des femmes catholiques suisses et de Pro Familia étaient très réjouissantes, et allaient dans le sens d’une ouverture complète du mariage civil, mais les membres de la CAJ-N sont plus lents à la détente. Ils n’ont apparemment pas compris que ce n’est pas uniquement une question d’égalité, mais par dessus tout de protection des enfants. Être en faveur de l’égalité, c’est mettre sur un pied d’égalité tous les couples, y compris pour la PMA » s’énerve Didier Bonny, co-président de la Fédération romande des associations LGBT+.

    Muriel Waeger, Directrice romande de Pink Cross et de la LOS ajoute : « La majorité de la commission des affaires juridiques du Conseil national n’est plus en phase avec la société civile. Nous encourageons les citoyens et citoyennes à aller voter en octobre. Il faut que le Conseil national soit à nouveau une représentation du peuple et qu’il prenne les positions de la société civile au sérieux. Les adaptations nécessaires doivent être faites dans la loi afin que l’ouverture du mariage civil soit égalitaire !”

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