27/02/2013

La Revue des députés, on y rit de bon coeur

Le premier gag de la Revue des députés vous attend au vestiaire quand après avoir posé votre manteau, on vous remet  « Rendez-vous », le journal de Léman Bleu, avec en couverture Pascal Décaillet, dont on connaît la passion pour la Revue des députés.  Le ton est donné !

En effet, la Revue s’ouvre sur un prologue consacré à Léman Bleu qui se désespère des audiences catastrophiques des retransmissions du Grand Conseil et qui veut les remplacer par des films. C’est le fil rouge de cette revue 2013 avec deux sketchs hilarants  « Cé qué lé porno » et « Grand Conseil » avec une mention particulière pour Jean Romain qui joue un Eric Stauffer plus vrai que nature.

Une place de choix est également accordée à Manuel Tornare (excellent Miguel Limpo) dans « Relooking Maudet » (Frédéric Hohl aussi bon comédien que chanteur), où la guerre des égos fait rage entre les deux anciens conseillers administratifs de la Ville de Genève, et dans « Koh Lanta ».

La chancelière (Salima Moyard)  qui fait rien que  « des bêtises », Michèle Künzler (Marie-Thérèse Engelberts) pour qui  « tout va bien », Renaud Gautier (Antoine Barde) qui se rend « en terre inconnue » aux…Avanchets avant d’adopter le « Gautier style », Lydia Schneider Hausser (Patricia Läser, à pleurer de rire) un des cinq « coups de cœur » d’un invité qui change tous les soirs (lundi Marie-Thérèse Porchet, mardi Laurent Deshusses) sans oublier Isabelle Rochat (Beatriz de Candolle) et encore beaucoup d’autres sont joyeusement brocardés par l’équipe (en plus de ceux déjà nommés jouent également Jacqueline Roiz, Renaud Gautier, Loly Bolay, André Python, Emilie Flamand et Pierre Losio) de la Revue des députés cuvée 2013 , mise en scène par Pierre Naftule.

Pour celles et ceux qui voudraient passer une soirée à rire de bon cœur, ce spectacle est encore à l’affiche mercredi, jeudi et vendredi à 20h30 au Théâtre de l’Espérance. Un excellent moment de détente avant, peut-être, le vote du budget 2013 à la mi-mars qui promet d’être moins drôle !

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24/02/2013

Journal d'un député indépendant (3)

Le Grand Conseil a affiché sa volonté que les actes homophobes soient pénalisés lors de sa session du vendredi 22 février en adoptant la résolution 563 (cf. ci-dessous). Il a fait ainsi usage de son droit d’initiative cantonal auprès de l’Assemblée fédérale. Je suis le deuxième signataire de cette résolution, le premier étant Pablo Garcia, qui avait été déposée sur le bureau du Grand Conseil le 20 mai 2008.

Il aura donc fallu presque 5 ans pour que cet objet soit renvoyé en commission (il est resté plus d’un an et demi inscrit à l’ordre du jour…), puis traité en commission et enfin soumis au vote du Parlement. Grâce, si j’ose dire, à ce délai, j’ai donc retrouvé à l’ordre du jour un point qui y était encore quand j’ai quitté le Grand Conseil en novembre 2009. J’ai ainsi pu exprimer en plénière toute ma satisfaction sur la manière dont la Commission des Droits de l’Homme avait traité le sujet et relever l’excellence du rapport de la députée Jacqueline Roiz.

La Commission a fait le tour de la question en auditionnant des représentants du monde associatif LGBT (lesbienne, gay, bi, trans), le médecin directeur du Service Santé Jeunesse, de la cheffe de la police, du Conseiller d’Etat Charles Beer et de la chargée de mission au DIP attachées aux questions d’homophobie et de diversité.

Grâce à ces nombreuses auditions, les députés ont pu se rendre compte des ravages que peuvent faire les actes homophobes, notamment sur les jeunes homosexuel-le-s qui font deux à cinq fois plus de tentatives de suicide que la population hétérosexuelle. Ils ont également pu constater que le DIP prend cette question de la lutte contre l’homophobie très au sérieux puisqu’il a engagé une chargée de mission à 40% pour traiter de ce sujet.

Ils ont enfin amélioré la résolution originale en y ajoutant l’identité de genre, en plus donc de l’orientation sexuelle, dans la liste des raisons pouvant donner lieu à une poursuite pénale en cas d’appel à la haine ou à la discrimination.

A l’unanimité moins une opposition (UDC) et une abstention (UDC), le Grand Conseil a donc envoyé cette résolution à l’Assemblée fédérale. C’est une avancée certaine non seulement dans la lutte contre l’homophobie, mais aussi dans la lutte pour les droits humains en général. Espérons que l’Assemblée fédérale prendra en compte ce signal très clair du Parlement genevois et modifiera rapidement la Constitution et le Code pénal dans ce sens.

Texte de la Résolution 563

Le Grand Conseil de la République et canton de Genève demande à l’Assemblée fédérale

– de modifier l’article 8, alinéa 2, de la Constitution fédérale en l’amendant de la manière suivante :

Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son sexe, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de sa langue, de sa situation sociale, de son mode de vie, de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ni du fait d’une déficience corporelle, mentale ou psychique.

– de modifier l’article 261bis du Code pénal suisse en l’amendant de la manière suivante :

Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique, religieuse de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre;

celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d’une race, d’une ethnie, d’une religion ou des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre;

celui qui, dans le même dessein, aura organisé ou encouragé des actions de propagande ou y aura pris part; celui qui aura publiquement, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique, de leur religion ou de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité;

celui qui aura refusé à une personne ou à un groupe de personnes, en raison de leur appartenance raciale, ethnique, religieuse de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre une prestation destinée à l’usage public,

sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

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22/02/2013

Journal d'un député indépendant (2)

"Les députés de gauche sont des fumeurs de cannabis." "La moitié de la députation MCG a un lien avec la prostitution". Ces citations sont-elles tirées de conversations tenues au café du commerce du coin? 

Non. Ce sont des phrases qui ont été prononcées lors de la séance du Grand Conseil de jeudi soir par deux candidats au Conseil d'Etat avec comme résultat une brève interruption de séance par le président qui a ordonné d'ouvrir toutes les fenêtres. Bonne initiative qui a permis de refroidir l'atmosphère et de finir d'examiner dans un climat plus ou moins serein le projet de loi 11056 modifiant la loi sur la police permettant à cette dernière d'accomplir des missions préventives s'il existe des indices sérieux qu'une infraction pourrait être commise.

Comme les deux répliques ci-dessus le laissent à penser, ce projet de loi a donné lieu à un débat, ou plutôt à un combat, gauche-droite (j'ai voté avec la droite). Certains intervenants n'ont donc pas hésité à jeter le discrédit sur leurs adversaires et la gauche a fait de l'obstruction systématique en demandant à...six reprises le renvoi de cet objet en commission, dont cinq fois après que l'entrée en matière ait été acceptée par la majorité! En vain, bien évidemment, considérant les forces en présence.

Le Grand Conseil jeudi soir ressemblait donc plus à un cirque qu'à un parlement. C'est sans doute plus divertissant ainsi pour celles et ceux qui suivent les débats à la tribune du public ou devant leur téléviseur. Mais un parlement n'est pas fait pour divertir, pour cela il y a...la revue des députés dont la première représentation aura lieu lundi prochain!

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21/02/2013

Discréditer les enseignants

L'édition de la semaine du "journal le plus lu à Genève" (il faudrait s'entendre par ce qu'on entend par "lu", mais là n'est pas mon propos) met en exergue dans son éditorial les (nombreuses) erreurs du manuel de conjugaison qui sont apparues lors d'une réédition. Soit. C'est regrettable, rien à redire sur le fait que l'hebdomadaire s'empare du sujet.

Mais là où il y a quelque chose à redire, c'est quand l'éditorialiste fait un amalgame plus que douteux entre ce problème spécifique et "les nombreuses fautes d'orthographe, de syntaxe ou de grammaire découvertes dans les carnets scolaires et autres courriers. Quand ce n'est pas sur le tableau noir ou les épreuves."

Loin de moi l'idée de dire que ces fautes n'existent pas, il y en a évidemment au même titre qu'il y en a dans le GHI. Non, ce qui me dérange profondément, c'est cette manière d'insinuer, de laisser entendre, de semer le doute, sans aucune documentation à l'appui, que cela est la règle et d'ainsi jeter le discrédit sur toute une profession, celle d'enseignant.

Ce procédé est particulièrement révoltant et bien peu respectueux à l'égard de celles et ceux qui, dans leur immense majorité, jour après jour, année après année, exercent leur métier avec un grand professionnalisme.

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11/02/2013

Passer du PDC au MCG

L’annonce dimanche de la démission de l’ancien Conseiller d’Etat Philippe Joye du PDC pour rejoindre le MCG en a surpris plus d’un. Elle fait suite à celles récentes de Mesdames Perrella et Golay qui ont également choisi de rejoindre le MCG. En cette année électorale, ces trois « transferts » font grand bruit. Ils ne sont pourtant pas les premiers. Et pas les derniers ?

En effet, la députation actuelle du MCG au Grand Conseil compte en son sein pas moins de trois anciens PDC : Mme Engelberts et MM. Poggia et Girardet. Il n’y a donc rien de bien nouveau. Par contre ce qui l'est, c’est qu’il y a maintenant un nombre significatif de ralliements et qu’il est tentant d’essayer de comprendre pourquoi. Et là, pas besoin d’être particulièrement clairvoyant pour constater qu’à un moment ou à un autre de leur parcours au sein du PDC, ces six personnes se sont senties lâchées pas le parti, ce qui fut, pour l’avoir vécu de l’intérieur, tout particulièrement le cas pour Philippe Joye et Marie-Thérèse Engelberts et récemment pour Delphine Perella. Il en est d’ailleurs de même pour moi qui me suis senti trahi par le PDC au moment où il a conclu une alliance électorale avec l’UDC.

Quitter son parti parce que l’on est fâché avec est donc, et je suis bien placé pour l’écrire, parfaitement compréhensible, surtout quand ce n’est pas la première fois qu’on est en désaccord. Mais qu’en est-il du fait de passer du PDC au MCG ?

Ce parti se prétend « ni de gauche, ni de droite », ce qui pourrait a priori séduire des anciens membres du PDC. Mais dans les faits il n’en est rien, comme le démontre son alliance avec l’UDC, le parti champion toutes catégories de l’exclusion. Le PDC vise lui plutôt à inclure, mais il est vrai que la « droitisation » constante du PDC ces dernières années sous l'influence du PLR, le courant chrétien-social n’existe plus, permet d’en douter de plus en plus.

C’est peut-être ce qui explique ce transfert de personnalités du PDC vers le MCG. Elles n’y voient en fait pas de grandes différences au niveau des valeurs, ce qui devrait urgemment interpeller les instances dirigeantes du PDC ! Ces anciens membres du parti pensent trouver une reconnaissance qu’ils n’ont pas le sentiment d’avoir eue au cours de leur passage au sein du PDC (cf. à ce sujet l’excellent blog de P. Glatz http://philippeglatz.blog.tdg.ch/archive/2013/02/10/le-pd...).

Et comme une des forces du MCG, c’est qu’il n’hésite pas à s’adresser aux personnes qu’il pense être susceptible de le rejoindre, il lui est relativement facile en promettant qui plus est des postes attrayants, de les attirer dans ses filets. Le MCG m'a ainsi approché après ma campagne pour le Conseil administratif de la Ville de Genève.

Vais-je alors à mon tour rejoindre le MCG comme on me le demande fréquemment ?

Bien évidemment que non. J’ai quitté le PDC parce qu’il faisait une alliance avec l’UDC, je serais bien peu cohérent d’adhérer à un parti qui va très probablement instaurer cette alliance dans la durée !

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