13/03/2013

Journal d'un député indépendant (4)

Le budget 2013, tel qu’adopté par une toute petite majorité de la commission des finances (Entente uniquement, soit 5 voix sur 15), c’est-à-dire avec un déficit prévu de 98,4 millions, sera-t-il voté ? A l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis pas au courant des éventuelles tractations qui pourraient avoir lieu entre les différents partis pour obtenir les 51 voix nécessaires à l’adoption d’un budget déficitaire.

Mais tractations il y a forcément, car les voix de l’Entente, 41 et encore tant il n’est pas certain que tous les députés PLR votent un budget déficitaire, ne suffisent pas à voter ce budget. Si l’on part du principe qu’il serait mieux que l’Etat ait un budget à la fin de la semaine, sans budget pas d’engagements pour la justice, la police et l’enseignement, il faut donc que l’Entente rallie à elle au moins les voix d’un autre parti.

Elle peut se tourner vers l’UDC qui votera le budget s’il est équilibré. Pour y parvenir, l’UDC propose une mesure claire, à savoir une coupe linéaire de 1,11% dans les dépenses de l’Etat, charge à ce dernier de trouver les économies. Elle peut aussi s’allier avec le MCG qui souhaite également un déficit zéro,  mais à la lecture du rapport de minorité de M. Golay, je n’ai pas trouvé comment le MCG souhaite y parvenir…

L’Entente peut également chercher un accord avec les Verts qui, à en croire le rapport de majorité, se « contenteraient » d’engagements de la part de l’Entente sur des sujets qui n’ont pas d’incidences immédiates  sur le budget (extension du réseau de trams, Vélib’, suspension du bouclier fiscal), mais qui sont d’importance pour leur politique.

Enfin, il reste les socialistes. Mais les positions paraissent à la lecture du rapport de minorité de M. Deneys  a priori trop éloignées (un nombre conséquent d’amendements à la hausse et là également la suspension du bouclier fiscal) pour qu’un accord puisse être trouvé, surtout en année électorale.

Quant à moi, pour  voter sans hésitation ce budget, j’aurais besoin d’une seule condition : l’assurance qu’un projet de loi sera déposé, et évidemment voté par une majorité des députés, concernant la suspension du bouclier fiscal pour deux ans.

Cela aurait plusieurs avantages : l’Alternative voterait très certainement le budget, un effort étant également fait du côté des recettes, le déficit serait virtuellement diminué, sauf erreur de 40 millions, et c’est le peuple qui  aurait finalement le dernier mot puisqu’il doit se prononcer sur des augmentations d’impôts. Mais cela ne pousserait-il pas alors le PLR a refusé le budget ? Je ne le pense pas, car sans vote du budget le département de M. Maudet se verrait tout particulièrement pénalisé, ce qui ne serait pas à l’avantage du PLR à 7 mois des élections.

Ce scénario se vérifiera-t-il ? Réponse entre demain et samedi au plus tard.

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