29/04/2013

Le Parti Pirate, une vision d'avenir

Quelle vision de la société le Parti Pirate défend-il? Cette question m'a été posée à de nombreuses reprises depuis mon adhésion à ce parti vendredi dernier.

Voici quelques éléments de réponse.
 
« La révolution numérique a affecté tout aspect de nos vies. Bien que de façon masquée, l'intégrité et la liberté individuelle ont été menacées d'une manière jamais vue jusqu'ici. Ces menaces augmentent à un tel point que le législateur et le public aussi bien que l'individu sont dépassés (…). Répondre de la mauvaise façon à ces menaces peut jeter les bases (…) d'une société totalitaire pratiquant une surveillance globale. La peur du terrorisme international a remplacé « la liberté », que nous considérions comme une valeur suprême, par "sécurité". Et énormément de voix se résignent au silence devant ce nouveau dogme. »

Ces phrases sont tirées du programme du Parti Pirate suisse et sont d’une brûlante actualité. La preuve ? Quatre longs articles y font référence dans les éditions de la Tribune de Genève de la semaine dernière : « Numéros de plaques par SMS : un voleur en a bien profité » (22 avril), « Les caméras surveillent déjà un tiers des communes » (22 avril également, voir aussi à ce sujet mon blog du 10 avril intitulé « Tous prisonniers ? » http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/04/10/tous-d...), « Cybercriminalité : moins de mobbing, plus de vols » (24 avril) et enfin « Wikipédia censuré, le début d’un filtrage sur internet ? » (27 et 28 avril).

La lecture de ses quatre titres illustre parfaitement la philosophie « pirate », à savoir un contrôle personnel des données individuelles, un accès libre au savoir et à la culture et la protection de la sphère privée. Ce sont les fondements indispensables à une société dans laquelle l'information circule à toute vitesse et de manière pas toujours contrôlée entraînant de potentiels dérapages.

Ne pas prendre en compte la révolution numérique et ses conséquences sur notre vie de tous les jours, notamment dans les domaines de l’enseignement, de la sécurité, de l’environnement et des libertés individuelles, seraient une grave erreur pour l’avenir de notre société.

La démarche du Parti Pirate consiste à construire cette société de l'information dans laquelle les citoyennes et les citoyens ont toute leur place et leurs libertés. Une société qui se construit au moyen de la démocratie participative, c'est-à-dire où chacune et chacun peut y amener sa contribution. Le Parti Pirate entend être le trait d'union entre la population et le politique.

27/04/2013

Toujours plus, avec toujours moins (journal d'un député indépendant 11)

Au lendemain du vote aux forceps du budget 2013, la réduction des charges  était à l’ordre du jour du Grand Conseil de vendredi sous la forme d’une motion issue des rangs de l’Entente et de l’UDC. Le texte invite le Conseil d’Etat « à atteindre une réduction moyenne des charges de personnel de 1% par an dès l’élaboration du projet de budget 2014 et pour les quatre années suivantes. » 

On se souvient que la diminution linéaire de 2% souhaitée dans un premier temps par le PLR, l’UDC et le MCG lors des débats sur le budget 2013 signifiait 160 postes en moins dans l’enseignement, par exemple.

Une diminution de 1% chaque année a donc comme conséquence une perte d'environ 80 postes d’enseignants  à chaque rentrée scolaire.  Lors de mon intervention, j’ai mis en avant qu’adopter une telle motion revenait à avoir une attitude schizophrénique.

En effet,  le Parlement a adopté en lien avec l’enseignement, et le peuple l’a ensuite suivi, l’accueil continu des élèves du primaire, la réforme du cycle d’orientation et enfin l’instauration du mercredi matin. Tout cela a un coût et tout le monde le savait.  Comme l’a rappelé le Conseiller d’Etat David Hiller, cette réduction des charges de personnel aura des effets avant tout dans l’enseignement et la sécurité. Ce sont donc les mêmes qui réclament des prisons (il faut 0,7 poste de gardien par prisonnier) qui veulent des réductions de personnel. Logique!

Cette contradiction évidente n’a toutefois pas empêché cette motion d’être adoptée par 36 oui (Entente et UDC) contre 31 non (Alternative et moi) et 17 abstentions du MCG qui se targue pourtant de défendre la fonction publique.

Faire toujours plus, avec toujours moins ? C’est le message que les partis qui ont soutenu cette motion délivrent. Les électrices et électeurs ne sont pas obligés de les croire !

25/04/2013

Un budget, enfin! (journal d'un député indépendant 10)

La raison l'a emporté sur la démagogie et le populisme de l'UDC et du MCG. Notre canton a donc enfin un budget. Un budget déficitaire de 31 millions voté par 69 oui (Entente, Alternative et moi) contre 21 non du bloc populiste.

Ce vote est le résultat d'une prise de conscience du PLR et du parti socialiste de leurs responsabilités gouvernementales. Les premiers ont fait le deuil du dogme de l'équilibre budgétaire sur cet exercice et les seconds ont retiré leur projet de loi sur la suspension du bouclier fiscal en signe de bonne volonté, soit exactement ce que j'avais demandé de faire lors d'une de mes interventions au deuxième débat! On aurait pu ainsi s'éviter ce troisième débat, mais on ne refait pas l'Histoire.

Ces gesticulations politiques ont crée beaucoup d'inquiétude, notamment dans les milieux de la sécurité et de l'enseignement, pour aboutir à un exercice comptable qui sera au bout du compte bénéficiaire, selon les propos de M. Hiler.

Mais en période électorale, l'occasion était trop belle de monter sur ses grands chevaux, quitte à perdre de vue l'intérêt général. Ce que n'ont pas fait les Verts, le PDC et le député indépendant que je suis.

Les électrices et électeurs sauront-ils en tirer les conclusions qui s'imposent l'automne prochain? Réponse le 6 octobre.