29/05/2013

"Guérir" la politique d'asile

J’ai reçu ce soir du comité interpartis « Oui à une politique d’asile qui fonctionne » un mail dans lequel ledit comité se réjouit que selon le dernier sondage en date, une nette majorité de la population soit en faveur de la révision de la loi sur l’asile. Le comité appelle ses partisans à se mobiliser pour que le « oui » l’emporte plus largement encore et rappelle les arguments en faveur de cette révision.

Ce qui m’a frappé à la lecture de ces arguments, c’est que la politique d’asile est traitée comme un objet. Pas la moindre trace d’humanité, comme si les requérants d’asile étaient désincarnés, qu’ils n’avaient pas d’existence propre, qu’ils n’étaient que des empêcheurs de tourner en rond, à l’image d’un virus ou d’une bactérie que le corps doit chasser. Le comité interpartis parle d’ailleurs de cette révision de la loi comme « d’un pas important vers la guérison de notre politique d’asile.»

Une pilule amère pour les réfugiés qui ne pourront plus déposer une demande d’asile dans les ambassades avec comme effet pervers de les inciter à rejoindre la Suisse en empruntant les chemins mafieux des passeurs et autres trafiquants d’êtres humains.

Une pilule dure à avaler pour les déserteurs qui ne pourront plus déposer une demande d’asile pour ce motif alors que dans le monde un grand nombre d’armées défendent les régimes en place contre la population.

Pour « guérir » la politique d'asile, les défenseurs de cette révision, et parmi eux deux partis qui se disent « humanistes », soit le PDC et les Verts libéraux, sont prêts à sacrifier en bonne partie la tradition humanitaire de la Suisse. Apparemment, ils ont raison, puisqu’ils seront largement suivis par le peuple le 9 juin.

Mais moi, ça me rend malade.

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27/05/2013

Le Parti Pirate en faveur d'une Petite enfance de qualité

Le Parti Pirate Genevois (PPG) a pris la décision de soutenir le référendum, et de rejoindre le comité référendaire, qui s’oppose à la loi votée par le Grand Conseil qui péjore gravement le taux d'encadrement des enfants de 2 à 4 ans (1 adulte pour 10 enfants de 2 à 3 ans au lieu de 8 et 1 adulte pour 13 enfants de 3 à 4 ans au lieu de 10) au sein de la Petite enfance.

Le MCG, l’UDC et le PLR prétendent que cette loi permettra de créer de nouvelles places de crèches. Le PPG ne partage pas cet avis. Il faut en effet tenir compte des normes fédérales qui exigent 3 mètres carrés par enfant. Il s’agira donc pour de nombreuses structures d’accueil de faire des travaux pour respecter ces normes à condition de ne pas devoir… pousser les murs pour y arriver !

Le risque est évident que les communes, qui financent les infrastructures, utilisent cet assouplissement des taux d’encadrement pour faire des économies en réduisant le personnel.

De plus, l’article 7A de la loi est intitulé « normes d’encadrement pédagogique ». Cette appellation démontre bien que le législateur prend en compte la dimension pédagogique dans l’encadrement des enfants de 2 à 4 ans et que ce n’est donc pas que du simple « gardiennage ». En modifiant les taux d’encadrement qui prévalent actuellement pour les enfants de 2 à 4 ans, cette loi affaiblit cette dimension pédagogique pourtant essentielle.

Le PPG s’oppose par conséquent à cette modification des taux d’encadrement, car avant de créer d’hypothétiques nouvelles places, ce changement va péjorer les conditions de travail du personnel de la Petite enfance, affaiblir la prise en charge des enfants et par ricochet inquiéter les parents.

Le Parti Pirate Genevois défend une Petite enfance de qualité.

24/05/2013

"Le dernier bastion de l'homophobie"

"L'homophobie sur les familles homoparentales est le dernier bastion de l'homophobie." Cette phrase a été prononcée au cours de la première journée de la conférence nationale sur les familles arc-en-ciel, qui se déroule à Genève, par Mona Greenbaum, directrice de la Coalition des familles homoparentales du Québec.

À la veille d'une nouvelle manifestation sur le mariage pour tous, cette citation prend tout son sens! À ce propos, que pense Frigide Barjot que "l'absence de la possibilité pour les couples du même genre de se marier ajoute au stress familial, ce qui à son tour affecte la santé et le bien-être de tous les membres du foyer. Du fait que le mariage renforce les familles et, ce faisant, bénéficie au développement des enfants, les enfants ne devraient pas être privés de l'opportunité de les parents de se marier" (1) ?

Mais revenons à la réalité helvétique où on estime qu'entre 6000 et 30000 enfants grandissent dans des familles arc-en-ciel, c'est-à-dire une famille dont au moins un parent est homosexuel, bisexuel ou transgenre. Les études démontrent que les enfants élevés dans les familles homoparentales ne vont ni mieux ni moins bien que ceux élevés dans les familles hétérosexuelles. Il n'en demeure pas moins qu'ils peuvent être stigmatisés non pas parce qu'ils sont relativement peu nombreux, mais bien parce qu'ils sont associés à l'orientation sexuelle de leurs parents. Orientation sexuelle qui a pour conséquence que les parents de ces enfants ne sont pas sur le même pied d'égalité.

En effet, à ce jour en Suisse, le parent "social", par opposition au parent biologique, n'a pas le droit d'adopter son enfant, ce qui peut représenter une catastrophe pour la famille en cas de décès du parent biologique. Les chambres fédérales ont compris cet enjeu et chargé le Conseil fédéral de présenter un projet modifiant la loi. Loi qui devrait être votée par le Parlement en 2014, puis vraisemblablement attaquée en référendum "l'homophobie sur les familles homoparentales étant le dernier bastion de l'homophobie..."




(1) Comittee on psychosocial aspects of child and familiy health, Pedatrics, mars 2013