09/06/2013

Suisses et étrangers: une complémentarité indispensable

Une partie des électrices et électeurs qui ont dit oui à la révision de la loi sur l’asile a sans aucun doute voulu signifier sa méfiance par rapport à l’étranger. Or, sans les étrangers, il n’y aurait pas de prospérité en Suisse. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un article paru dans le journal de l’Université de Genève de ce mois qui se base sur plusieurs études pour l’affirmer (1).

On y apprend que sans l’apport des étrangers, la population suisse aurait la même taille qu’il y a 30 ans, soit 6 millions d’habitants contre près de 8 millions aujourd’hui, et verrait ainsi son niveau de vieillissement explosé avec toutes les conséquences que cela implique en terme de coût pour la société.

On peut y lire également que les étrangers participent au changement structurel de l’économie suisse, cette main d’œuvre s’adaptant aux besoins d’une économie toujours en mouvement. Hier, plutôt dans les domaines de l’agriculture, de la construction et de l’hôtellerie, aujourd’hui plutôt dans le tertiaire.

Quant à la libre circulation des personnes, elle ne semble pas avoir eu d’impact évident sur le chômage en Suisse. Ce n’est par contre pas le cas à Genève, particulièrement dans les secteurs où le nombre de chômeurs suisses est plus élevé (informatique, santé, social, administration, secteur financier). Mais, le nombre de salariés frontaliers ou permis B est dix fois plus élevé que le nombre de chômeurs suisses dans ces secteurs ! Il n’y a donc pas assez, et de loin, de main d’œuvre suisse pour prendre la place des travailleurs étrangers.

En conclusion, Suisse et étrangers sont complémentaires sur le marché du travail. C’est aussi grâce à cette complémentarité que l’économie suisse traverse jusqu’ici avec une certaine sérénité la crise. On aurait tort de l’oublier.

 

(1) le journal de l'UNIGE, n°77, du 30 mai au 5 septembre 2013, p.3

Commentaires

Il ne s'agissait pas d'un vote sur la politique migratoire, mais d'un vote sur l'asile.

Écrit par : Pascal Décaillet | 09/06/2013

Mais pas du tout ! La majorité des votants a simplement compris que le droit d'asile datant de la guerre froide n'est plus adapté. D'ailleurs les chiffres parlent d'eux même, au final seul environ 10% des demandes relève du vrai droit d'asile. Le reste étant 60% de NEM selon Dublin, une filière alternative a l'immigration économique, voir même des intentions délibérées d'abuser de la bureaucratie pour toucher une aide indue ou pire s'enrichir par des trafics illégaux.

Il y a probablement aussi quelques cas emblématique comme Bex ou Vallorbe, qui démontre que pour nos politicard bien pensant une certaine conception du droit des minorités peux sans autre écraser les droits de la majorité démocratique locale.

Écrit par : Oscar Goldman | 09/06/2013

Votre billet est confus du fait de l'amalgame entretenu entre la révision de la loi sur l'asile, objet de la votation de ce jour, et la libre circulation des personnes, laquelle fait partie des accords bilatéraux signés entre la Suisse et l'UE.

Cette remarque est fondamentale car comme vous ne pouvez l'ignorer, les requérants d'asile n'ont pas le droit de travailler et ne peuvent par conséquent contribuer d'aucune manière - ou presque - à la prospérité de l'économie suisse.

Complémentarité entre Suisses et étrangers, certes, pour autant qu'il y ait adéquation entre l'offre et la demande dans les différents secteurs économiques de notre pays. Si cette adéquation vaut pour les ressortissants de l'UE, tel est loin d'être le cas pour la plupart des requérants d'asile, sous réserve qu'on leur ouvre le marché du travail. Pour s'en convaincre, il suffit de se référer par exemple à l'afflux des requérants d'asile issus des "printemps arabes" dépourvus, pour la majorité d'entre eux, de qualifications professionnelles, ceci sans parler du problème de leur intégration sociale.

L'idéalisme c'est beau, mais le réaliste reste quant à lui incontournable, particulièrement en politique où l'anticipation des décisions devrait être le maître-mot de toute action ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 09/06/2013

Les commentaires sont fermés.