24/06/2013

La vidéoprotection, un moyen de surveiller le citoyen?

Mardi soir, Pierre Maudet vient à la rencontre de la population des Pâquis pour lui présenter son projet de « vidéoprotection », terme politiquement plus correct que « vidéosurveillance », mais qui ne trompe personne. L’ambiance promet d’être animée entre les supporters et les détracteurs de ce projet.

 

Huit associations pâquisardes (1) n’ont pas attendu le débat de mardi soir pour adresser une lettre ouverte au Conseiller d’Etat en charge du département de la sécurité. Dans cette dernière, elles interrogent la pertinence de ce projet en mettant en avant que la question de la sécurité est basée, selon elles, sur 3 piliers : la prévention, l’intégration et la répression.

 

Pour ces associations,il faut donner la priorité aux projets qui mettent en place des moyens humains et techniques efficaces :

 

- assurer une présence de la police tant cantonale que municipale, à pied, dans les zones sensibles, de jour et de nuit,

- améliorer l’éclairage public,

- appuyer des projets visant à intégrer les populations les plus défavorisées,

- imposer le maintien et la diversité des commerces,

- soutenir la vie associative et la démocratie participative dans le quartier,

- favoriser le dialogue avec la population,

- développer les actions de médiateurs sociaux,

- affirmer clairement les limites chaque fois que la loi n’est pas respectée.

 

Et de rappeler que, selon plusieurs études, la vidéosurveillance n’est efficace que dans certaines situations (lieux délimités ou clos, tels des parkings, par exemple) et pas d’autres (lieux ouverts avec comme conséquence le déplacement du problème dans un espace non surveillé).

 

Enfin, la question concernant la protection de la sphère privée est également soulevée dans cette lettre ouverte par rapport à l’utilisation qui sera faite des bandes de surveillance (comment exclure qu’elles ne le soient pas pour, par exemple, contrôler les travailleuses du sexe et leurs clients ?) et la garantie qu’elles seront bien effacées. A l’heure du scandale PRISM, le sujet de la surveillance du citoyen est un enjeu de société majeur.

 

Pierre Maudet saura-t-il convaincre l’assemblée que la délinquance ne se déplacera pas dans d’autres endroits du quartier, que le vidéoprotection n'est pas un moyen de surveiller le citoyen et que, surtout, l’argent ne serait pas mieux investi (1,9 million + 1,1 million de fonctionnement annuel !) dans la mise en place de moyens humains et techniques (amélioration de l’éclairage) pour assurer une meilleure protection de la population?

 

A…surveiller de près !

 

 

 

 

(1)   Bien vivre aux Pâquis (BVP) - Espace solidaire Pâquis ESPâquis - Fondation de l’Entre-connaissance (FEC) - Association des habitantsdu quartier (SURVAP) - Association pour la défense économique des Pâquis (ADEP) - Maison de quartier des Pâquis (MQP) CréAteliers - Association de solidarité pour la défense des droits des personnes qui exercent le travail du sexe (ASPASIE)

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