28/06/2013

Un Grand Conseil solidaire (journal d'un député indépendant 14)

Le 20 juin dernier, le ciel tombait sur la tête des Genevoises et des Genevois. L'orage de grêle d'une rare violence faisait de sérieux dégâts, particulièrement pour les cultures maraîchères et viticoles du côté de Lully et Bernex.
À l'initiative de son président, les députées et députés ont été invités à signer une résolution invitant à manifester leur soutien et leur solidarité aux agriculteurs, viticulteurs et maraîchers victimes de ce phénomène météorologique. 57 l'ont fait, puis ajouté en urgence à l'ordre du jour de la session des 27 et 28 juin.

Au terme de la discussion sur cette résolution, qui a mis en avant l'attachement de la classe politique dans son ensemble à l'agriculture genevoise, le Grand Conseil a voté à l'unanimité des 71 députés présents le texte suivant:

Le Grand Conseil invite le Conseil d'Etat à prendre toute mesure utile et complémentaire afin qu'ils puissent compter sur l'aide rapide et efficace des Autorités;

Le Grand Conseil recommande à la population de donner, lors de ses achats, la priorité aux produits du terroir en signe de soutien et de reconnaissance aux producteurs genevois.

Le Conseil d'Etat, par la voix de Mme Künzler, s'est d'ores et déjà engagé à mettre en oeuvre l'invite de cette résolution le concernant directement. Et c'est heureux tant il est vrai que pour les personnes touchées la situation sera difficile pour cette année 2013, voire pour les suivantes.

26/06/2013

Plaine de Plainpalais, six ans plus tard...

Au lendemain de la publication par la Cour des comptes de son rapport sur la Plaine de Plainpalais, je me suis rappelé mon intervention lors du troisième débat en mai 2007 au Conseil municipal sur le premier crédit de 11,7 millions pour sa réfection. Je l’ai cherchée dans le mémorial et en livre ici de larges extraits aux lectrices et lecteurs intéressés qui jugeront de sa pertinence, ou pas, avec un recul d’un peu plus de 6 ans…

SÉANCE DU 9 MAI 2007 (après-midi) Proposition: réfection de la plaine de Plainpalais

M. Didier Bonny (DC). Mesdames les conseillères municipales, Messieurs les conseillers municipaux, le Parti démocrate-chrétien, lui, n’a pas changé d’avis depuis hier, même si on entend très souvent qu’on ne sait pas où il se situe…(…).

Je tiens premièrement à dire que le Parti démocrate-chrétien soutient les projets quand ils sont bons. D’ailleurs, M. Ferrazino sait très bien que, sans notre parti, la place des Nations serait toujours une vaste pelouse plus ou moins en ordre en fonction de la météo. Il ne s’agit donc pas ici de faire de l’opposition à M. Ferrazino parce que ce projet vient de chez lui. Absolument pas! (…)

Le problème, pour nous, c’est quand même la somme proposée pour cette plaine de Plainpalais. On nous demande un premier crédit de 11,7 millions de francs, mais nous savons très bien qu’il faudra le doubler pour la suite. Si nous avions eu la proposition dans son ensemble avec 25 millions de francs, tout le monde sait très bien, dans cette salle, que le référendum était assuré. Personne, en effet, ne peut comprendre qu’on mette une somme pareille, même si, comme l’a relevé M. Dupraz, il faut assainir cette plaine de Plainpalais. Mais un montant pareil, c’est juste impossible!

M. Ferrazino l’a dit lui-même dans son intervention, je le cite: c’est un aménagement minimaliste. Peut-on consacrer autant d’argent pour un aménagement minimaliste? La réponse du Parti démocrate-chrétien, c’est non! Pour nous, cette plaine ressemblera à un court de tennis géant en terre battue et, en plus, sans filet. On ne pourra donc même pas y jouer. Il n’est pas possible d’investir une somme pareille juste pour transformer cet endroit en un court de tennis géant (…).

Selon M. Ferrazino, nous devons savoir que, si ce projet est refusé ce soir, il n’y en aura pas d’autre avant plusieurs années. Mais c’est préjuger du Conseil administratif que nous venons d’élire. J’espère quand même que nous avons élu un Conseil administratif qui saura faire avancer les projets un peu plus rapidement, sans devoir attendre des années…

Nous voulons donc faire le pari que le prochain Conseil administratif saura venir avec une proposition qui plaira au plus grand nombre, et à un prix nettement moins élevé que celui qui nous est soumis ce soir. Pour toutes ces raisons, le Parti démocrate-chrétien invite la majorité de ce Conseil municipal à refuser cette proposition de crédit.

24/06/2013

La vidéoprotection, un moyen de surveiller le citoyen?

Mardi soir, Pierre Maudet vient à la rencontre de la population des Pâquis pour lui présenter son projet de « vidéoprotection », terme politiquement plus correct que « vidéosurveillance », mais qui ne trompe personne. L’ambiance promet d’être animée entre les supporters et les détracteurs de ce projet.

 

Huit associations pâquisardes (1) n’ont pas attendu le débat de mardi soir pour adresser une lettre ouverte au Conseiller d’Etat en charge du département de la sécurité. Dans cette dernière, elles interrogent la pertinence de ce projet en mettant en avant que la question de la sécurité est basée, selon elles, sur 3 piliers : la prévention, l’intégration et la répression.

 

Pour ces associations,il faut donner la priorité aux projets qui mettent en place des moyens humains et techniques efficaces :

 

- assurer une présence de la police tant cantonale que municipale, à pied, dans les zones sensibles, de jour et de nuit,

- améliorer l’éclairage public,

- appuyer des projets visant à intégrer les populations les plus défavorisées,

- imposer le maintien et la diversité des commerces,

- soutenir la vie associative et la démocratie participative dans le quartier,

- favoriser le dialogue avec la population,

- développer les actions de médiateurs sociaux,

- affirmer clairement les limites chaque fois que la loi n’est pas respectée.

 

Et de rappeler que, selon plusieurs études, la vidéosurveillance n’est efficace que dans certaines situations (lieux délimités ou clos, tels des parkings, par exemple) et pas d’autres (lieux ouverts avec comme conséquence le déplacement du problème dans un espace non surveillé).

 

Enfin, la question concernant la protection de la sphère privée est également soulevée dans cette lettre ouverte par rapport à l’utilisation qui sera faite des bandes de surveillance (comment exclure qu’elles ne le soient pas pour, par exemple, contrôler les travailleuses du sexe et leurs clients ?) et la garantie qu’elles seront bien effacées. A l’heure du scandale PRISM, le sujet de la surveillance du citoyen est un enjeu de société majeur.

 

Pierre Maudet saura-t-il convaincre l’assemblée que la délinquance ne se déplacera pas dans d’autres endroits du quartier, que le vidéoprotection n'est pas un moyen de surveiller le citoyen et que, surtout, l’argent ne serait pas mieux investi (1,9 million + 1,1 million de fonctionnement annuel !) dans la mise en place de moyens humains et techniques (amélioration de l’éclairage) pour assurer une meilleure protection de la population?

 

A…surveiller de près !

 

 

 

 

(1)   Bien vivre aux Pâquis (BVP) - Espace solidaire Pâquis ESPâquis - Fondation de l’Entre-connaissance (FEC) - Association des habitantsdu quartier (SURVAP) - Association pour la défense économique des Pâquis (ADEP) - Maison de quartier des Pâquis (MQP) CréAteliers - Association de solidarité pour la défense des droits des personnes qui exercent le travail du sexe (ASPASIE)