19/08/2013

Série de l'été, huitième épisode la Fédération genevoise LGBT

Les candidates et candidats au Conseil d’Etat, mais également dans une moindre mesure celles et ceux au Grand Conseil, reçoivent des questionnaires de tous horizons, à remplir à titre individuel ou au nom de leur parti, dans lesquels leur avis est demandé en lien avec les préoccupations de leurs auteurs.

J’ai décidé, afin que les électrices et électeurs qui le souhaitent puissent connaître mes prises de position, de publier ici-même, sous forme d’une série estivale, mes réponses à ces questionnaires. Après celles adressées à la Société pédagogique genevoise (1), à l’Association Transports et Environnement (2), à l’association pour la danse contemporaine (3),  au Touring Club Suisse (4), à PRO VELO (5), à l’Association pour une Meilleure Ecole (6),  au Parti Evangélique (7), voici le huitième épisode : la Fédération genevoise des associations lesbienne, gay, bi et trans (LGBT).

1. Etes-vous favorable à une politique publique et cantonale de prévention de l’homophobie et de la transphobie, notamment dans les milieux de l’éducation ?

OUI.  Dans son rapport 2012, l'association française SOS Homophobie fait état d’une augmentation record des témoignages de personnes ayant été victimes d’actes homophobes. Contrairement à une personne qui sera, par exemple, victime de racisme ou d’antisémitisme, une personne homosexuelle ou transgenre ne peut pas d’emblée compter sur sa famille pour la protéger et la soutenir avec des conséquences qui peuvent mener à la dépression et même jusqu’au suicide.

Il est donc de la responsabilité des pouvoirs publics de lutter contre l'homophobie et la transphobie, notamment dans les milieux de l'éducation ou les jeunes LGBT sont très exposés.

2. Soutiendrez-vous une inscription d’un principe de non-discrimination lié à l’identité de genre dans la Constitution genevoise ?

OUI. La résolution votée par le Grand Conseil le 22 février 2013 à l'attention de l'Assemblée fédérale contient l’identité de genre, en plus donc de l’orientation sexuelle, dans la liste des raisons pouvant donner lieu à une poursuite pénale en cas d’appel à la haine ou à la discrimination. Il serait donc on ne peut plus logique que le principe de non-discrimination lié à l'identité de genre soit inscrit dans la Constitution genevoise.

3. Pensez-vous que le travail de la Fédération genevoise des associations LGBT et de ses associations membres doit être soutenu financièrement par l’Etat ?

OUI. Les associations sont les acteurs les plus proches du terrain et donc celles qui en ont la meilleure connaissance. Il est par conséquent indispensable de les consulter, de les impliquer et de les soutenir financièrement.

4. Pensez-vous que la Fédération genevoise des associations LGBT et ses associations membres doivent être consultées et impliquées dans les actions mises en place par l’Etat dans la lutte contre l’homophobie et la transphobie ?

OUI. Même commentaire que ci-dessus.

5. Etes-vous favorable à une institutionnalisation de la lutte contre l’homophobie et la transphobie?

OUI. Le Grand Conseil a affiché sa volonté quasi unanime lors de sa séance du vendredi 22 février 2013 que les actes homophobes soient pénalisés en adoptant la résolution 563 et en faisant ainsi usage de son droit d’initiative cantonal auprès de l’Assemblée fédérale.

Les actes homophobes peuvent faire des ravages, notamment sur les jeunes homosexuel-le-s qui font trois à cinq fois plus de tentatives de suicide que la population hétérosexuelle. On a pu constater lors du débat sur le mariage pour tous en France ou à l’occasion du dérapage récent d’un conseiller municipal de la Ville de Genève que les préjugés avaient la vie dure et qu’il s’agissait de les combattre jour après jour.

C’est ce que fait le DIP en prenant cette question de la lutte contre l’homophobie très au sérieux, puisqu’il a engagé une chargée de mission à 40% pour traiter de ce sujet et soutenu de nombreuses actions de sensibilisation.

Cette politique volontariste de lutte contre l’homophobie mise en place par le DIP ces dernières années ne doit pas dépendre de la volonté de tel homme ou de telle femme politique. Elle doit donc effectivement être institutionnalisée.

6. Etes-vous favorable à la création d’un poste de chargé.e de projets LGBT à l’Etat de Genève ?

OUI. Comme précisé dans mon commentaire de la question 5, le DIP a engagé une chargée de mission pour traiter des questions en lien avec l'homophobie. Ce poste doit s'inscrire de manière durable dans l'organigramme du DIP et son pourcentage augmenté si le cahier des charges le demande.

7. Etes-vous favorable à la création d’un centre d’écoute et d’aide concernant les discriminations liées à l'orientation sexuelle et/ou à l'identité de genre, financé par l'Etat de Genève, et qui serait géré par la Fédération genevoise des associations LGBT ?
 
OUI. Il est primordial que les personnes victimes de discriminations, quelles qu'elles soient, puissent en parler en toute confiance et confidentialité si elles le souhaitent.

8. Le Conseil fédéral travaille actuellement sur un projet de loi visant à ce que toute personne adulte, quel que soit son état civil ou son mode de vie, puisse adopter l’enfant de son ou sa partenaire. Même si elle est proposée sur le plan fédéral, soutenez-vous cette loi ?

OUI. Il est du devoir des politiques de proposer des lois qui prennent en compte l’évolution de la société pour ne pas laisser sans protection des citoyennes et citoyens. C’est le cas des enfants, plusieurs milliers en Suisse, qui ont deux homoparents et qui n’ont pas les mêmes droits que les autres.

En effet, en cas de décès du parent biologique, le parent  que l’on appelle « social », c’est-à-dire celui qui est partenarié avec le parent biologique, n’est pas certain de pouvoir obtenir la garde de l’enfant. Cette loi est donc nécessaire.

 

 

(1) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/07/serie-...
(2) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/07/serie-...
(3) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/21/temp-9...
(4) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/24/temp-1...
(5) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/04/temp-c...
(6) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/08/temp-c...
(7) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/11/serie-...


 

Commentaires

Mouais, donc en gros on peut quasiment transférer l'ensemble des compétences de l'Etat aux associations LGBT vu vos réponses. Qu'on ne discrimine pas quelqu'un en raison de son orientation sexuelle d'accord, mais qu'on se dise prêt à subventionner grassement les associations LGBT, à nommer des fonctionnaires exprès pour ces questions et surtout à faire que l'Etat doive obligatoirement consulter ces associations qui ne représentent de loin pas tout les LGBT du canton, faut quand même pas pousser...

Les gens qui ont vécu un divorce sont aussi mal dans leur peau, on pourrait aussi créer un poste de chargé des questions de divorce à l’État, idem pour les hétéros dépressifs étant donné qu'actuellement, un homosexuel dépressif est davantage aidé par les pouvoirs publics qu'un hétérosexuel.

Étant très intéressé aux nouvelles technologies et à vos positions sur le respect de la sphère privée, j'étais très enclin à voter pour le parti pirate aux élections mais quand je vois la manière dont vous léchez les bottes au lobby LGBT, je vais m'abstenir.

Écrit par : Han Solo | 19/08/2013

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