22/09/2013

La peur au ventre

Michel Engama et Franz Mananga rentrent aujourd’hui au Cameroun, avec la peur au ventre, suite à leur séjour à Genève après avoir participé au Conseil des droits de l’Homme à l’ONU.

La peur au ventre parce qu’ils sont des défenseurs des droits des personnes homosexuelles au Cameroun et qu’à ce titre ils prennent de gros risques, comme d’ailleurs les autres activistes de cette cause dans la plupart des pays africains (cf. carte ci-dessous). C’est ce qu’ils sont venus expliquer mercredi dernier dans les locaux de Dialogai devant une assistance malheureusement clairsemée et sans aucun représentant des médias.

Dommage, parce que leurs témoignages poignants, ainsi que celui de Saskia Ditisheim d’Avocats sans frontières, ont permis de prendre toute la dimension de ce que peut être l’homophobie érigée au niveau de l’Etat comme, par exemple, un taux de prévalence du sida atteignant 1 homosexuel sur 2 à Yahoudé, le « choix » de mourir chez soi plutôt que d’aller à l’hôpital si on est atteint d’une maladie qui pourrait laisser penser qu’on est homosexuel, se faire arrêter sur simple dénonciation ou parce que votre physique pourrait laisser penser que vous êtes homosexuels, le rejet de la famille et l’impunité pour les actes homophobes.

La peur au ventre après le meurtre d'Eric Lebembe, directeur d'une association de lutte pour les droits des minorités sexuelles à Douala, assassiné au mois de juillet à son domicile dans d'horribles circonstances expliquées par Michel Engama qui a découvert le corps atrocement mutilé de son ami. Le ou les coupables courent toujours…

La peur au ventre suite aux menaces qui ont été proférées à leur égard avant de s’envoler pour Genève s’ils osaient témoigner « contre » leur pays. Malgré cela les deux hommes ont pris leur courage à deux mains, la défense des droits des minorités sexuelles étant plus importante que leur vie.

La peur au ventre pour eux et beaucoup d’admiration !

 

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