30/09/2013

La paix des transports au prix de la tête de Michèle Künzler?

Il est naturel, et encore plus en période électorale, de faire porter le chapeau quand quelque chose ne fonctionne pas comme on le souhaiterait à la personne la plus haute placée. La mobilité est un vrai casse-tête à Genève ? Coupons, au sens figuré bien évidemment, celle de Michèle Künzler et tout ira mieux. Vraiment ?

J’en doute, car si la mobilité à Genève fait tant parler d’elle, c’est en premier lieu en raison de la « guerre » des transports que se livrent les partis politiques à chaque séance du Grand Conseil, ou presque, et qui n'a mené qu'à une seule chose : des blocages.

Il est temps de les dépasser et de voir l'intérêt général avant les intérêts particuliers en adoptant une approche pragmatique et donc non dogmatique de la question des transports qui sont essentiels au développement économique, culturel et social de Genève.

Pour y parvenir, la complémentarité des modes de transports est la seule solution. Mais pour cela, il faut que les partisans du « tout à la bagnole » et ceux du « tout aux transports publics » fassent des concessions qui soient acceptables pour les uns et les autres, seuls les sujets de véritable discorde, comme la traversée de la Rade, devant être tranchés par le peuple.

Car sans changement d’attitude, « couper la tête » de Michèle Künzler en soulagera quelques uns, mais ne ramènera pas la paix des transports.

 

 

P.S. Les propositions du Parti Pirate en matière de mobilité, c'est ici.

 

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28/09/2013

Un-e seul-e élu-e au Conseil d'Etat pour l'Alternative?

Selon l’édition du Courrier de mardi dernier, le siège d’Antonio Hodgers au Conseil d’Etat est assuré. Vraiment ? Le Courrier se prend-il pour Madame Soleil? Etonnant en tout cas de lire dans un journal ce genre d’affirmation, d’autant plus quand il est possible d’arriver à la conclusion inverse.

Bien malin en effet celui qui pourrait dire qui seront les 7 candidat-e-s élu-e-s au terme du second tour. Mais pour en revenir au pronostic du Courrier, imaginons un scénario qui déboucherait sur la non-élection du candidat Vert.

1° Aucun des candidats n’obtient la majorité absolue au premier tour.

2° Les deux locomotives de l’Entente que sont Pierre Maudet et François Longchamp entraînent dans leur sillage les trois wagons, dont au moins deux des trois ont, il faut bien le dire, des atouts pour rejoindre la gare.

3° Il ne reste alors plus que deux sièges pour les autres. Porté par la force du bloc populiste et massivement ajouté par l’électorat de l’Entente, le candidat du MCG le plus « gouvernementalement compatible » est à son tour élu.

4° Il ne reste par conséquent plus qu’un siège pour l’Alternative. Pour qui ? Plutôt un-e candidat-e socialiste étant donné que ce parti aura pris l’ascendant sur les Verts lors de l’élection au Grand Conseil.

5° Il n’y a donc plus de siège pour les Verts mais, consolation, Antonio Hodgers est toujours conseiller national.

Politique fiction ? Oui, bien sûr. Mais peut-on totalement écarter ce scénario ou d’autre ? Evidemment que non. Il s’agit donc de rester prudent au petit jeu des pronostics et l’emploi du conditionnel de mise, tout particulièrement pour un journaliste.

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26/09/2013

La série de l'été, le bonus!

Lorsque j’ai publié, le 9 septembre dernier, le dixième et dernier épisode de ma série estivale consacrée à faire connaître aux électrices et électeurs mes prises de position en publiant ici-même mes réponses aux questionnaires que les candidates et candidats au Conseil d’Etat, mais également dans une moindre mesure celles et ceux au Grand Conseil, reçoivent de tous horizons, j’ignorais qu’un dernier allait encore me parvenir.

Il émane du GLAJ (Groupe de Liaison genevois des Associations de Jeunesse). Les 10 questions posées sont toutes très proches de mes préoccupations. C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé de publier mes réponses à ce questionnaire sous forme de « bonus » à ma série estivale :-) !

Ainsi donc après le questionnaire de la Société pédagogique genevoise (1), de l’Association Transports et Environnement (2), de l’association pour la danse contemporaine (3), du Touring Club Suisse (4), de PRO VELO (5), de l’Association pour une Meilleure Ecole (6),  du Parti Evangélique (7), de la Fédération genevoise des associations lesbienne, gay, bi et trans (8), de 3 Fédérations (FEGEMS, FGC et Fégaph), d’une association (EXIT) et d’un groupe d’intérêt (site 1905.ch) (9), du Groupe sida Genève et de la Fédération pour l’Expression associative (10), voici donc la fin « définitive » de la série avec le GLAJ.

1. Politique de la jeunesse

Selon la nouvelle constitution genevoise « L’Etat met en œuvre une politique de la jeunesse qui tient compte des besoins et intérêts des enfants et des jeunes, notamment dans les domaines de la formation, de l’emploi, du logement et de la santé. » art. 207.
Comment envisagez-vous cette politique de la jeunesse ? Quelles doivent en être les priorités selon vous ?

La priorité absolue pour moi qui suis directeur d’établissement scolaire est la mise en place des structures nécessaires pour la formation jusqu’à 18 ans. Lire le texte que j’ai écrit sur mon blog à ce sujet : 
http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/03/former...).

2. Promotion des activités de jeunesse

Le canton de Genève est un des derniers cantons romands à ne pas disposer de loi sur l’encouragement des activités de loisirs et de jeunesse. Cela vous semble-t-il manquer ? Vous engageriez-vous à y remédier durant votre législature ? Si oui, dans quelle mesure impliqueriez-vous les associations de jeunesse dans la préparation du projet de loi ?

Je m’engagerais pour remédier à cette lacune et je le ferais avec les associations de jeunesse, cela tombe sous le sens. Quel intérêt de faire une loi sans les principaux intéressés ?

3. Soutien aux associations

Selon la nouvelle constitution cantonale, « L’Etat reconnaît et soutient le rôle des associations et du bénévolat dans la vie collective. » art. 211. L’Etat doit-il augmenter son aide financière aux associations de jeunesse pour soutenir leur travail d’intégration, d’éducation non-formelle et de prévention?

Etant très actif dans le milieu associatif (président du Groupe sida Genève, membre de la Fédération LGBT, du comité ATE), je suis un fervent défenseur du milieu associatif. L’aide financière de l’Etat doit être en adéquation avec les prestations fournies par les associations. Plus et mieux de prestations = plus d’argent.

4. Engagement bénévole et reconnaissance des compétences acquises

Nombre de jeunes s’engagent bénévolement durant leur temps libre dans des associations à but non lucratif. Ils y acquièrent des compétences utiles à leur avenir professionnel et complémentaires à leur formation scolaire. Ces compétences ne sont pas reconnues formellement par les milieux de l’éducation et économique. Que pensez-vous de l’éducation non-formelle ? Comment pourrait-on la valoriser et favoriser sa reconnaissance ?

Toute association aidée directement (prestations financières ou en nature) par une collectivité publique devrait pouvoir délivrer des attestations reconnue dans le parcours de chaque individu.

5. Les jeunes pour les jeunes

Qui mieux que les jeunes savent ce dont ils ont besoin ? La participation consiste à élaborer les projets qui concernent les jeunes avec les jeunes, éventuellement sur leur propre impulsion, et non pas de manière unilatérale. Estimez-vous que cette démarche doit être valorisée, et si oui comment (notamment au niveau cantonal) ?

C’est très exactement la démarche du Parti Pirate qui propose une vision de la société qui donne au citoyen le rôle politique central. Il faut plus impliquer les associations de jeunesse dans les différentes consultations.

6. Prévention ou répression

Violence des jeunes, racisme, homophobie, consommation d’alcool, de tabac et de stupéfiants, quelle est selon vous la meilleure approche : prévention ou répression ?

Prévention ET répression. Ces deux approches sont complémentaires et ne peuvent donc être dissociées. La responsabilisation passe aussi par les risques que l’on encourt si l’on ne respecte pas le cadre.

7. Intérêt des jeunes pour la politique

L’introduction du vote par internet n’a pas dopé la participation des jeunes en politique. Comment favoriser l’intérêt des jeunes pour la politique ? Que faudrait-il faire à votre avis pour les encourager à participer ? Ou faudrait-il que la politique s’adapte aux jeunes et écoute leurs modes d’expression ?

Il faudrait que les politiciens s’adressent plus aux jeunes, que leur avis soit pris en compte et que les jeunes politiciens s’adressent aux jeunes ! C’est ce que le Parti Pirate tente de faire avec trois candidats sur 17 âgés de 20 et 21 ans.

8. Intergénérationnel

Selon la nouvelle constitution genevoise, « l’Etat prend en compte les exigences de la solidarité intergénérationnelle dans la définition de ses politiques et dans son action » art. 206. Comment ce principe s’inscrit-il et se manifeste-t-il dans le travail et les actions de l’Etat selon vous ?

Je trouve que la solidarité intergénérationnelle se manifeste surtout à l’intérieur des familles. Ce n’est pas actuellement une priorité de l’Etat. 

9. Votre expérience

Etant jeune, vous êtes-vous engagé dans des organisations de jeunesse en tant que bénévole ou moniteur/trice ? Si oui qu’en avez-vous retiré ?

Je n’étais pas directement impliqué dans une organisation de jeunesse, mais au sein de mon club sportif où j’étais membre du comité à 20 ans et donnais des cours à des plus jeunes. Cela m’a donné le goût pour l’engagement.

10. Pour conclure

Qu’évoque pour vous le mot « jeune » ?

Mon fils aîné Valentin âgé de 20 ans, un jeune qui se préoccupe de ce qui se passe autour de lui et qui est… candidat au Grand Conseil sur la liste du Parti Pirate !

 

(1) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/07/serie-...
(2) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/07/serie-...
(3) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/21/temp-9...
(4) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/07/24/temp-1...
(5) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/04/temp-c...
(6) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/08/temp-c...
(7) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/11/serie-...
(8) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/18/serie-...
(9) http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/08/24/temp-c...
(10)  http://independance.blog.tdg.ch/archive/2013/09/03/temp-2...

 

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24/09/2013

La démocratie à 2 vitesses sur RTS 2

RTS.pngDans le cadre des élections au Conseil d’Etat, la RTS a mis lundi soir sur pied un débat  avec des règles avantageant outrageusement les partis déjà en place. On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu !

Format de l’émission : 4 débats de 15 minutes chacun avec à chaque fois un-e candidat-e  des 6 partis déjà représentés au Grand Conseil. Temps de parole cumulé pour ces six partis d’environ 10 minutes. Les 3 autres partis (Ensemble à gauche, Vert libéraux, Parti Pirate) et le candidat indépendant se partageant 2 à 3 minutes chacun dans un coin du studio pendant que les 6 autres changent de place pour le débat suivant. Des intermittents de la politique en somme. La démocratie à 2 vitesses, version RTS.

Difficile, il est vrai, de contenter tout le monde quand il y a 29 candidat-e-s. Mais était-ce si compliqué de laisser à tour de rôle une place à chacun des partis non représentés au Grand Conseil et au candidat indépendant pour qu’ils puissent participer au moins à un débat in extenso ? Sans allonger le temps de l’émission, les débats auraient duré 20 minutes avec pour conséquence un temps de parole d’environ 3 minutes 30 pour les « petits nouveaux » et de toujours une dizaine de minutes pour ceux déjà en place. Cette approche, un peu moins inéquitable, aurait sans doute évité au représentant d’Ensemble à gauche de quitter d’une manière théâtrale le plateau en pleine interview.

Pas de quoi sauter au plafond avec cette solution, certes, mais de quoi au moins donner l’impression que chacun a sa place, et non un strapontin, dans le débat. En matière de service public (les candidats indépendants et des partis non représentés au Grand Conseil paient aussi la redevance…), la RTS peut faire nettement mieux!

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22/09/2013

La peur au ventre

Michel Engama et Franz Mananga rentrent aujourd’hui au Cameroun, avec la peur au ventre, suite à leur séjour à Genève après avoir participé au Conseil des droits de l’Homme à l’ONU.

La peur au ventre parce qu’ils sont des défenseurs des droits des personnes homosexuelles au Cameroun et qu’à ce titre ils prennent de gros risques, comme d’ailleurs les autres activistes de cette cause dans la plupart des pays africains (cf. carte ci-dessous). C’est ce qu’ils sont venus expliquer mercredi dernier dans les locaux de Dialogai devant une assistance malheureusement clairsemée et sans aucun représentant des médias.

Dommage, parce que leurs témoignages poignants, ainsi que celui de Saskia Ditisheim d’Avocats sans frontières, ont permis de prendre toute la dimension de ce que peut être l’homophobie érigée au niveau de l’Etat comme, par exemple, un taux de prévalence du sida atteignant 1 homosexuel sur 2 à Yahoudé, le « choix » de mourir chez soi plutôt que d’aller à l’hôpital si on est atteint d’une maladie qui pourrait laisser penser qu’on est homosexuel, se faire arrêter sur simple dénonciation ou parce que votre physique pourrait laisser penser que vous êtes homosexuels, le rejet de la famille et l’impunité pour les actes homophobes.

La peur au ventre après le meurtre d'Eric Lebembe, directeur d'une association de lutte pour les droits des minorités sexuelles à Douala, assassiné au mois de juillet à son domicile dans d'horribles circonstances expliquées par Michel Engama qui a découvert le corps atrocement mutilé de son ami. Le ou les coupables courent toujours…

La peur au ventre suite aux menaces qui ont été proférées à leur égard avant de s’envoler pour Genève s’ils osaient témoigner « contre » leur pays. Malgré cela les deux hommes ont pris leur courage à deux mains, la défense des droits des minorités sexuelles étant plus importante que leur vie.

La peur au ventre pour eux et beaucoup d’admiration !

 

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