12/11/2013

Conseiller administratif en Ville de Genève, un job à temps partiel?

C'est la question que l'on peut légitimement se poser après la décision de Guillaume Barazzone de siéger au Conseil national qui fait suite à celle de Rémy Pagani de siéger au Grand Conseil. Voilà deux magistrats qui sont payés pour des postes à plein temps (largement plus de 200 000 francs par année) par les impôts des citoyennes et citoyens de la Ville de Genève et qui trouvent le temps d'exercer un deuxième mandat électif également rémunéré.

Alors de deux choses l'une: ou le job de Conseiller administratif est en fait un travail à temps partiel et il faut donc le rémunérer comme tel ou alors c'est effectivement une occupation à plein temps et il ne doit pas être possible d'avoir un deuxième mandat électif. Comment croire en effet que l'on peut exercer efficacement les deux fonctions alors qu'aujourd'hui les dossiers sont de plus en plus complexes?

A l'heure où la population se méfie comme jamais de celles et ceux qui la gouvernent, accepter un double mandat en prétendant que c'est pour défendre les intérêts de la Ville de Genève n'est que de la poudre aux yeux qui cache mal soit une soif de pouvoir soit une peur de le perdre! Il n'est en effet pas impossible que le Conseiller administratif PDC et celui d'Ensemble à gauche craignent pour leur réélection en 2015 et qu'ils se ménagent ainsi une porte de sortie.

Quoiqu'il en soit, l'exercice d'un deuxième mandat quand on en exerce déjà un autre à temps plein ne devrait pas être possible. Le peuple l'a d'ailleurs clairement exprimé au moment du vote sur l'incompatibilité d'exercer la fonction de Conseiller d'Etat avec celle de parlementaire fédéral.  Messieurs Barazzone et Pagani auraient pu, par analogie, en tirer la conclusion qui s'imposait en renonçant à leur siège qui, de plus, reviendrait alors à une femme. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire...

   

 

 

 

Commentaires

Pas d'accord.
Je pense que Guillaume Barazzone peut faire les deux.
Il faut une bonne répartition des tâches et accepter de travailler 7 sur 7.
Quand on est jeune, c'est possible.
Et puis Genève a absolument besoin de relais à Berne.
La Ville et le Canton ont tout à gagner de cette décision.

Écrit par : Bertrand Buchs | 12/11/2013

@Bertrand Buchs.
Pas d'accord.

Un temps plein c'est 5 jours sur 7; parfois plus pour un élu d'un certain "niveau"

Jusqu'à preuve du contraire une semaine est toujours composées de 7 jours et non 10.

Donc bien assumer 2 plein temps, c'est impossible même avec la meilleure volonté du monde... Il y aura tot ou tard l'un des deux qui prétéritera l'autre. D'autant plus si on prend en compte la distance et donc le temps à passer en train...

Écrit par : Pierre Roche | 12/11/2013

Hum....j'en connais qui devrait balayer devant leur porte...ou tourner deux fois la langue dans leur bouche...

Écrit par : Duval | 12/11/2013

Le plus important c'est de se référer à notre Constitution. Celle-ci le permet-elle? Dans l'affirmative, alors pas de problème. Sinon, le cas contraire il faudrait prendre la décision idoine. Mais, qu'à même moralement je comprends la pertinence de l'auteur, on n'a l'impression d'une certaine cupidité, une fois élu on se permet de cumuler les mandats comme s'il y avait la peine à trouver de relève. C'est pas bon signe pour notre démocratie. Il faudrait penser à une pétition très prochainement.

Écrit par : Alban Kouango | 12/11/2013

D'accord.
Monsieur Didier Bonny a entièrement raison, le cumul des mandats est à prohiber.
La fonction de Conseiller Administratif de la ville de Genève, est jusqu'à preuve du contraire un job à plein temps.

Écrit par : jacques joray | 12/11/2013

Quelques remarques :

1. En effet, les doubles-mandats sont en effet un problème, au-delà de la charge, c'est une concentration du pouvoir qui est malsaine à long terme, même si elle peut parfois être tolérable dans certains cas transitoires (Tornare a fait le député/CA pendant quelques temps sans que ça ne gêne personne).

2. Il y a des cas plus problématiques que d'autres. Pour ceux qui nous occupent ici, je ne pense pas qu'on puisse les mettre dans le même panier comme le fait Didier Bonny.

Guillaume Barazzone est jeune, certes, mais donc aussi moins aguerri. Il est encore au début de son mandat de CA, il doit encore largement mettre la machine en route dans son département à la Ville. De plus il n'a aucune expérience de politique fédérale (parle-t-il l'allemand?), ne connaît pas le fonctionnement à Berne, etc.

Pagani est plus âgé mais il est objectivement bien rôdé, après 6 ans de CA, il a largement posé les bases de sa politique, et il a des années de députation dans les jambes, il connaît parfaitement bien les rouages de la machine du Grand Conseil et il y est déjà parfaitement opérationnel.

Ensuite il y a la distance :

Barazzone devra faire des aller-retours jusqu'à Berne tout en gérant son département en Ville de Genève et en apprenant les rouages du parlement fédéral (parle-t-il seulement l'allemand?)... Comment faire, par exemple en année de Mairie, pour être absent régulièrement plusieurs jours/semaines de suite pour être à Berne?

Pagani sera à Genève et l'ensemble de ses activités politiques se passera dans un rayon de quelques centaines voire dizaines de mètres (son bureau est juste à côté du Grand Conseil), c'est largement plus jouable.

Enfin, pour que cela ait un sens, Barrazzone devra à peu près obligatoirement se représenter au National ET au CA dans 2 ans, et donc mener deux campagnes électorales la même année (2015).

Les calendriers municipaux/cantonaux étant plus déphasés, c'est moins problématique pour Pagani... dont rien ne garantit d'ailleurs qu'il se représentera au CA.

Bref, si sur le principe c'est jamais très bon, on a quand même affaire à deux cas de figure très différents.

Écrit par : Ethan | 12/11/2013

Décidément M. Barazzone ne manque pas d'air....

Alors qu'il ne voulait pas se présenter au C.A., le voilà qui s'y accroche et prétend pouvoir aller à Berne et y être efficace sans conséquence sur le travail à faire au poste pour lequel il a été élu....

Oui, il se lève "tôt" (à 6h00 le pauvre chéri!!!). Oui il est jeune et plein d'énergie (selon lui) même si cela n'est pas évident de prime abord. Oui, il a des collaborateurs exceptionnels et travaille avec des moyens informatiques modernes :-) Un vrai superman, je vous dis !!

Mais ce qui m'impressionne le plus, c'est que ce politicien même pas sec derrière les oreilles puisse prétendre être le seul capable de défendre les intérêts de Genève au Conseil national

Hors Barazzone, point de salut (du moins, c'est ce qu'il prétend) !! Quelle suffisance ! Son interview, ce soir, sur RTS (Forum) est à ce titre un vrai morceau d'anthologie.

Non, à mon avis, c'est plutôt le tiroir-caisse qui le motive avec le secret espoir aussi d'imiter, d'ici quelques années, le parcours de Luc Bartassat.

Seulement il y a une toute "petite" différence : Bartassat est sympathique et populaire, lui !!!

Écrit par : A. Piller | 12/11/2013

Le PDC est en train de s'autodétruire! Laissez-le faire et comme cela son éviction de la vie politique suisse sera plus rapide! Puis les nouveaux partis (PBD-vert libéraux) qu'il a largement participé à mettre en place prendront la place.
Etre au centre, faire la girouette, ne peut faire que tourner la tête et perdre l'équilibre! Bon vent!

Écrit par : Corélande | 13/11/2013

Hormis les retraités, les députés au gc, n'ont-ils la plupart sinon tous des activités professionnelles à plein temps? N'est-ce pas la raison pour laquelle les séances se déroule en fin de journée et le soir?

Écrit par : Johann | 13/11/2013

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