10/12/2013

Faut-il raser le Grand-Théâtre?

Grand-Théâtre.pngRaser le Grand-Théâtre ou le rénover ? Il va falloir des dizaines de millions (65 pour l’instant) pour le rénover. Cela pose de sérieux problèmes financiers à la Ville de Genève et à l’Etat. Pourtant,  cette question personne, en tout cas publiquement, ne se la pose. La rénovation est une évidence, malgré son coût. Gageons qu’une solution sera trouvée et c’est tant mieux. Le Grand Théâtre fait partie du patrimoine genevois, tout comme le MAH ou encore la Comédie, il n’y a rien de scandaleux à vouloir le rénover.

Raser le Stade de Genève ou le rénover ? Cette question, volontairement provocatrice, a été posée clairement par M. Beer à la veille de son départ du Conseil d’Etat. Il ne faudrait pourtant « que » 5,6 millions pour le rénover, soit 12 fois moins que ce qui est demandé pour le Grand Théâtre. Et on ne parle même pas des frais de fonctionnement qui se montent à plusieurs dizaines de millions par année…

Et là, les réactions fusent. Ensemble à gauche dit « niet », pas question de faire passer le contribuable à la caisse (et pour le Grand-Théâtre, ça ne pose pas de problème ?), pour les socialistes, il faudra des contreparties, comme « l’utilisation du Stade par la population (la même contrepartie sera-t-elle demandée pour le Grand-Théâtre ?),  les Verts exigeront « un rapport sur le coût total du foot pour le Canton (la même demande sera-t-elle faite pour la culture lyrique ?), quant à l’UDC Eric Bertinat, il fait de l’humour sur facebook en écrivant que si le Stade est rasé, seules 3000 personnes s’en apercevront (combien de personnes différentes fréquentent le Grand Théâtre ?). Le Stade connaît donc ses adversaires, mais il a également des soutiens parmi le PDC, le MCG et le PLR.

Il y a donc fort à parier que les politiques vont une fois de plus se déchirer sur la question du Stade.  Il a coûté très cher, c’est vrai, mais, qu’on le veuille ou non, il existe. Il répond aux aspirations d’une partie de la population qui n’attend que les exploits du Servette FC, c’est bien parti, pour s’y rendre en nombre. Ce serait donc une aberration de vouloir le raser, comme cela en serait une de raser le Grand-Théâtre. Le sport et la culture sont complémentaires, il ne s’agit pas de les opposer, mais de leur donner à chacun leur juste place.

Commentaires

Je me suis fait la même réflexion.
Pour monsieur Bertinat : Combien coûte l'entretien de la patinoire ? Et combien va coûter une nouvelle patinoire ?
C'est vrai quand on aime on ne compte pas.
Un peu hypocrite les confrères ...

Écrit par : Bertrand Buchs | 10/12/2013

Très bon blog et tellement vrai !

Écrit par : stephane barthassat | 10/12/2013

Le Grand Théâtre produit quelque chose (des spectacles, de la culture...). Le stade produit quoi ?
Le Grand Théâtre emploie 300 personnes. Et le stade ?
Le Grand Théâtre est rempli à 80 %. Le stade est vide à 80 %.
Les citoyens ont pu se prononcer sur le Grand Théâtre (après son incendie). Quand ont-ils pu se prononcer sur le stade ?

Écrit par : Pascal Holenweg | 10/12/2013

On ramène tout à la question du coût de la réalisation ! Qu'en est-il des apports de la réalisation (même si elle est coûteuse) et surtout, même si c'est plutôt difficile à estimer : quel est le coût de la non-réalisation, i.e. de l'absence de "l'objet" contesté ? Que serait cette région sans Grand Théâtre, sans Comédie, sans théâtre de Carouge, sans patinoire, sans....stade de la Praille.......?
Surtout, le plus aberrant est de contester l'objet une fois sa réalisation achevée, refus d'entretien, refus de modernisation, refus finalement de simplement accepter que quand on commande, on consomme , et bien on paie.

Écrit par : uranus2011 | 10/12/2013

Excellente réflexion!

Écrit par : Jmo | 10/12/2013

Rasons Genève, ce sera plus simple et plus salutaire :-)

Écrit par : Jmemêledetout | 10/12/2013

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