17/07/2014

La fin du sida en 2030?

photo.PNGLe dernier rapport en date de l’ONUSIDA montre tout le chemin parcouru dans la lutte contre le sida ces 30 dernières années et encore celui qu’il reste à parcourir si notre planète veut mettre un terme à cette épidémie dévastatrice.

En 2013, et malgré une baisse très encourageante de 35% depuis le pic de 2005, ce sont encore 1,5 million de personnes qui  sont décédées de maladies liées au sida. Actuellement, 35 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seulement 16 millions le savent, ce qui est bien évidemment un gros problème pour enrayer l’épidémie. Il « suffirait » donc que toutes ces personnes soient dépistées et mises sous traitement pour que le virus ne soit plus transmis, ou presque. Plus simple à dire qu’à faire, évidemment !

C’est toutefois un rêve qui pourrait se réaliser quand l’on sait qu’en Afrique subsaharienne, très touchée par l’épidémie, 90% des personnes dont le test VIH s’est révélé positif accèdent au traitement et que trois quarts d’entre elles ne sont par la suite plus contagieuses.

En 2013, 2,3 millions de personnes supplémentaires ont pu commencer une thérapie antirétrovirale, ce qui porte le total des personnes sous traitement à 13 millions. L’ONUSIDA estime que rien qu’au cours du premier semestre 2014, 1 million de personnes supplémentaires sont sous trithérapie.

En extrapolant, on pourrait donc imaginer que dans dix ans toutes les personnes séropositives soient sous traitement. Ce serait bien évidemment oublier que malgré une baisse significative de 13%, il y a encore environ 2,1 millions de nouvelles infections chaque année dont le 75% est concentré dans 15 pays seulement (1). ONUSIDA estime que pour chaque augmentation de 10% de la couverture du traitement, il y a une diminution de 1% du pourcentage des nouvelles infections parmi les personnes vivant avec le VIH.

Il y a toutefois, et malheureusement, fort à parier, que ce sont les dernières étapes qui seront les plus difficiles à atteindre. C’est ainsi que, par exemple, la Russie, l’Indonésie, le Nigéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud ont un taux élevé de personnes vivant avec le VIH, peu de personnes sous traitement et pas de baisse des nouvelles infections. Le contexte de ses pays (guerres, stigmatisation et discrimination, lois répressives, manque d’investissement dans des programmes adaptés pour les publics cibles, caractéristiques géographiques et sociologiques) est un obstacle énorme à la lutte contre le sida.

L’objectif de mettre fin à l’épidémie du sida en 2030 paraît donc ambitieux, mais également porteur d’un grand espoir pour toutes celles et ceux qui se battent au quotidien pour lutter contre ce fléau qui a déjà et fera, hélas, encore beaucoup de ravages.


(1) Afrique du Sud, Brésil, Cameroun, Chine, USA, Russie, Inde, Indonésie, Kenya, Mozambique, Nigéria, Ouganda, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

Commentaires

Merci pour ce billet bien documenté concis et éclairant; sur le lien fait entre la maladie et les contextes socio-politiques favorisant ou non son expansion.

Écrit par : THEVOZ | 18/07/2014

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