02/08/2014

Deneuve, la femme qu’on n’aimera jamais trop

photo.PNGA l’affiche du dernier film d’André Téchiné, « L’homme qu’on aimait trop », Catherine Deneuve joue, d’après une histoire vraie, le rôle de Renée Leroux, propriétaire du Casino Le Palais de la Méditerranée à Nice.

L’histoire débute en 1976 au moment où Agnès Leroux (Adèle Haenel) rentre d’Afrique auprès de sa mère après l’échec de son mariage. Elle tombe follement amoureuse de Maurice Agnelet (Guillaume Canet), avocat au service de sa mère, et est prête à tout faire pour lui. C’est ainsi qu’il la convint de voter contre sa mère au Conseil d’administration qui perd ainsi le contrôle du casino au profit de la mafia.

Délaissée petit à petit par Maurice Agnelet, qui ne l’a jamais aimée, Agnès fait une tentative de suicide avant de disparaître en novembre 1977. Le corps ne sera jamais retrouvé. Persuadée que Maurice Agnelet a tué sa fille, Renée Leroux, aujourd’hui âgée de 92 ans, mènera pendant des décennies un combat avec la justice pour faire condamner le supposé meurtrier d’Agnès…

Un peu lent à démarrer, le film va crescendo. Le spectateur est au fur et à mesure que l’action avance de plus en plus partie prenante du drame qui se déroule devant lui. Les acteurs principaux n’y sont bien évidemment pas pour rien. Catherine Deneuve est, comme d’habitude ou presque, impériale aussi bien comme patronne de casino que comme mère à la poursuite de la vérité.  Il faut la voir vieillie, claudicante, avec le masque de celle qui s’est battue pendant plus de 30 ans pour faire condamner celui qu’elle pense être le responsable de la mort de sa fille, du grand art !

Toujours à l’affiche :

4 étoiles : « On a failli être amies » : l’histoire de Maïté, formatrice pour adulte sans véritable but, et de Carole, patronne d’un restaurant qui ne sait plus trop où elle en est,  qui vont se lier d’amitié, enfin pas vraiment ! Karin Viard et Emmanuelle Devos sont parfaites, les dialogues sont excellents, les personnages creusés. On rit parfois à gorge déployée (le fauconnier, irrésistible !) et parfois jaune. Un très bon moment.

4 étoiles : « Locke » : Ivan Locke a tout pour être heureux, apparemment. Un coup de fil va remettre en question ce bel équilibre. L’action du film se déroule en temps réel et entièrement dans la voiture dans laquelle est enfermé (le personnage ne s’appelle pas « Locke » par hasard) le héros joué avec brio par Tom Hardy qui réalise une performance d’acteur remarquable. Sa voix, comme la musique du film d’ailleurs, est envoutante ! Il le fallait pour maintenir l’intérêt du spectateur dans ce film sans filet ! Au gré des nombreux coups de fil (un peu trop, le film pourrait faire 10 minutes de moins sans qu’il en souffre), on en apprend toujours un peu plus sur le personnage qui durant le trajet va régler ses comptes avec le passé tout en mettant en danger son présent et son futur. Brillant !

4 étoiles : « Qu’est qu’on a fait au Bon Dieu ? » : qui n’a pas encore vu ce film (bientôt 11 millions d’entrée en France !) qui  manie avec bonheur, c’était pourtant casse-gueule, les pires clichés sur les Noirs, les Juifs, les Arabes, les Asiatiques et les Français petits bourgeois ? On y rit franchement de bon cœur et ça fait du bien. Une suite serait en préparation…

3 étoiles : « Jersey Boys » : l’adaptation cinématographique par Clint Eastwood de la comédie musicale qui raconte l’histoire des « Four seasons », un groupe américain de quatre garçons, pas tous irréprochables, qui a connu le succès dans les années 60. C’est visuellement très beau, agréable pour les oreilles et le plus souvent plaisant malgré quelques longueurs dues au fait que le film court un peu trop de lièvres à la fois.

3 étoiles : « The Grand Budapest Hotel » : l’histoire rocambolesque d’un concierge d’un grand hôtel dans l’Europe de l’entre deux-guerres. C’est kitsch à souhait, inventif, plein de personnages, très bien joués par de grands acteurs, plus dingues les uns que les autres et on n’y s’ennuie pas une seconde. Un plaisir instantané, car on oublie le film dès la sortie du cinéma, ou presque.

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