17/09/2014

Ebola: le temps d'avoir peur?

« On s’intéresse aux pauvres quand on a peur pour soi-même ». Cette phrase choc, qui fait référence au virus Ebola, est tirée d’une interview qu’a donnée le professeur Françoise Barré-Sinoussi au journal Nice-Matin samedi passé sur les analogies entre VIH et Ebola.

Le Prix Nobel de Médecine 2008, pour avoir découvert avec le professeur Montagnier le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), voit une analogie en particulier malgré le fait que les maladies soient différentes : les comportements. La panique s’empare des populations et les conseils donnés ne sont pas respectés.

De plus, envoyer  la police ou de l’armée renforce ce sentiment de peur alors que, d’après Françoise Barré-Sinoussi, « il faudrait plutôt travailler avec les milieux associatifs locaux et les représentants de ces populations. Comme ça s’est fait pour le VIH. En Ouganda, par exemple, la prévention contre le VIH a commencé à fonctionner le jour où ce sont de petites associations locales de femmes qui ont pris le problème à bras-le-corps, en essayant d’éduquer la population. »

On peut donc se demander si la décision de Barack Obama d’envoyer 3000 militaires américains au Liberia est la bonne, quand bien même elle est saluée par la population…

Mais il est vrai qu’il est temps de se bouger, les estimations de l’ONU pour lutter contre la maladie étant passées en un mois seulement de 500 millions à un milliard de dollars ! Une épidémie qui aurait sans doute pu être évitée avec un vaccin, puisque le virus est connu depuis 1976 et que de nombreuses recherches scientifiques ont été menées depuis des années.

« Mais l’industrie n’est pas intéressée par des vaccins destinés à des pays pauvres. On s’intéresse aux pauvres quand on a peur soi-même », conclut Françoise Barré-Sinoussi.

Apparemment, il est temps d’avoir (un peu) peur, puisque la communauté internationale commence enfin à se mobiliser…(1)


(1) Lire également à ce sujet : Ebola une urgence mondiale, vraiment?

 

Commentaires

apparu dans les années 1970, le virus Ebola aurait été diffusé par les chauves-souris servant d'aliment en Sierra Leone, Liberia et pays limitrophes

MSF ne peut plus depuis belle lurette, assurer la sécurité de ses volontaires sur site.

Les quelques rares unités de santé locales sont essentiellement alimentées par nous tous, la Croix Rouge, MSF et quelque rares ONG.

Le personnel soignant des rares hôpitaux disponibles aux locaux, ont déserté.
Les malades ne font semble-t-il pas confiance à ces personnels.

Que reste-t-il?
Des responsables et gouvernements d'états africains, aussi irresponsables dans leurs corruptions qu'absents face aux drames de leur pays
Un OMS absent dans ses prévisionnels et décisionnaires - c'est pas des vaccins de grippe qu'il faut commander
Un Conseil de Sécurité de l'ONU qui se réuni ce soir pour palabrer, mais pour décréter quoi?

dans ce bateau, y'a pince-toi et pince-moi mais les noyés vont contaminer l'eau.

Écrit par : pierre à feu | 17/09/2014

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