29/10/2014

"Samba", "Mommy", "Pride", "Gone Girl" et "Saint Laurent"

5 titres de film très courts et, à une exception près, bons voire très bons. Critiques.

Samba.jpg« Samba » tout d’abord. La bande-annonce est trompeuse. Surfant sur l’incroyable succès de « Intouchables », elle veut faire croire que le nouveau film d’Olivier Nakache et d’Eric Toledano est de la même veine. Ce n’est pas vraiment le cas.

En effet, si comme dans « Intouchables », c’est un duo improbable qui est au centre de cette intrigue, on y rit, malgré quelques bons gags, toutefois beaucoup moins. Mais ce que le film perd en comédie pure par rapport à « Intouchables », il le gagne en émotion.  Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. Comédie sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, et romantique avant d’être une comédie tout court, « Samba », malgré quelques petites longueurs, mérite d’être vu (3 étoiles).

5 étoiles (1), « Mommy », film génial, à voir absolument : "Mommy", enthousiasmant et jouissif.

4 étoiles, « Pride » : l’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles, où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

4 étoiles, «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparu ? Les preuves s’accumulent contre lui. Mais si finalement Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première ! Une réussite.

2 étoiles, « Saint Laurent » : plus réussi que le « Yves Saint-Laurent » de Jalil Lespert sorti au début de l’année, le « Saint Laurent » de Bertrand Bonello laisse malgré tout dans l’ensemble de marbre, à l’image de la photographie superbe, mais glacée, comme son héros pourtant remarquablement joué par Gaspard Ulliel. Les enchainements entre les différentes scènes sont abrupts et le film tire en longueur. A noter une magnifique scène avec Valéria Bruni Tedeschi qui se transforme en suivant les conseils d’Yves Saint-Laurent. Pas franchement désagréable donc, mais pas indispensable.

(1) 5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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27/10/2014

L'agonie silencieuse de TVGuide

images.jpgLes lectrices et lecteurs de la Tribune de Genève qui sont spécialement abonnés le samedi, mais cela est bien évidemment également valable pour les abonné-e-s de tous les jours, auront sans doute remarqué que la pagination du magazine de télévision a drastiquement diminué depuis l’année dernière. Le contenu rédactionnel est pour ainsi dire devenu inexistant depuis deux semaines. Et sans aucune explication.

Première étape : en 2013, les pages consacrées dans TVGuide au cinéma sont fortement diminuées, elles sont soi-disant remplacées par une rubrique cinéma plus développée le mercredi, ce qui fait une belle jambe à celles et ceux qui ne sont abonnés que le samedi…

Deuxième étape : été 2014, ce qui reste des pages consacrées au cinéma dans le TVGuide sont purement et simplement supprimées. Et sans aucune explication.

Troisième étape : automne 2014, le contenu rédactionnel consacré à la télévision, ce qui fait l’intérêt d’un magazine TV, disparaît presque totalement à son tour ! Et là encore sans aucune explication.

On connaît les difficultés  financières que rencontre la presse écrite et on peut faire l’hypothèse que la diminution de la pagination de TVGuide répond à des besoins d’économies. Soit.

Mais les abonné-e-s, qui eux ne voient pas le prix de leur abonnement diminuer, ne devraient-ils pas en être informés en bonne et due forme afin de savoir quel produit ils achètent ? Poser la question, c’est y répondre !

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14/10/2014

Stauffer a-t-il déjà perdu son siège à Onex?

Deux manchettes de la Tribune de Genève en deux jours, des articles en veux-tu, en voilà, des publications sur les réseaux sociaux et les blogs à n'en plus finir, une impunité absolue, le Bureau du Grand Conseil baissant son pantalon de peur d'en ajouter une couche et j'en passe et des meilleurs ou des pires, c'est selon.

Bref! Le cirque autour de Stauffer a une fois de plus fonctionné à plein régime, à se demander s'il n'y a rien de plus important dans la politique genevoise.

Le Conseiller administratif d'Onex le paiera-t-il en perdant son siège à l'Exécutif d'Onex si l'Entente et l'Alternative décidaient de s'unir pour les élections au printemps 2015, comme c'est déjà le cas à Vernier? Ce n'est même pas sûr, car si Eric Stauffer est un député insupportable à bien des égards, les attaques sur la manière dont il mène sa barque à Onex, contrairement à ce qui fut le cas pour Thierry Cerutti à Vernier, ne sont pas très nombreuses.

Les Onésiens pourraient même bien au contraire renforcer la position d'Eric Stauffer, car une partie de la population, qui ne vote pas MCG, pourrait être tentée de l'ajouter sur sa liste, tant il est vrai qu'une politique d'alliance sans autre but que de contrer quelqu'un montre très vite ses limites.

Les partis qui au Grand Conseil s'opposent presque systématiquement sur tous les sujets qui suscitent le débat et qui voudraient opérer cette alliance de circonstances feraient bien de s'en souvenir dès aujourd'hui s'ils veulent vraiment éjecter Stauffer.

 

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12/10/2014

Quand l'administration fiscale écrit aux morts

Ma grand-mère est morte il y a six mois. Comme c’est moi qui ai fait les démarches administratives au moment de son décès, ma grand-mère est « domiciliée » chez moi pour  les courriers officiels la concernant. C’est ainsi que j’ai reçu en fin de semaine une lettre de l’administration fiscale cantonale s’adressant à…ma grand-mère qui dit ceci :

"Madame,

Il résulte de l’examen de votre déclaration fiscale que vous n’êtes pas taxable (…), nous vous informons que vous pouvez consulter en tout temps la situation de votre compte en ligne en passant par la création d’un compte utilisateur.

Veuillez agréer, Madame, nos salutations distinguées."

Je dois dire que j’ai ri jaune à la lecture de ce courrier.

Pourquoi l’administration fiscale cantonale ne pourrait-elle pas envoyer une lettre qui dirait quelque chose comme ça ?

"Monsieur,

Après examen de la déclaration fiscale de feu Mme XXX, il résulte qu’elle n’est pas taxable, pour tout renseignement complémentaire, prière de vous adresser à notre administration.

Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées."

Cela ne me paraît pas bien compliqué et serait bien plus délicat envers les familles qui font leur deuil. Mais il est vrai que les voies de l’administration sont souvent impénétrables…

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09/10/2014

"Mommy": enthousiasmant et jouissif!

« Deux jours et une nuit » et « Mommy » sont, à ce jour, les deux meilleurs films de l’année que j’aie vus. Que le jury du festival de Cannes ait préféré donné la Palme d’or à « Winter sleep » que personne, ou presque, n’a vu à sa sortie, plutôt qu’à l’un de ces deux films reste un mystère.

Mais peu importe, puisque depuis hier Mommy est sur les écrans et que le public s’y précipite. Et il a bien raison ! Quel film remarquable à tous les niveaux.

La forme tout d’abord : cadrage carré durant presque tout le film à la place du rectangulaire habituel qui fait que les acteurs sont constamment filmé en gros plan et donne au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages.

Le fond ensuite : l’histoire de cette mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau.  Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma !

L’interprétation enfin absolument incroyable des trois acteurs principaux très bien dirigés : Antoine-Olivier Pilon, le fils, Anne Dorval, la mère et Suzanne Clément, la voisine.

Vous l’aurez compris, le cinquième film de Xavier Dolan, il n’a que 25 ans !, est enthousiasmant et jouissif et il faut donc le voir toutes affaires cessantes.

 

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