11/11/2014

"Interstellar", un chef d'oeuvre. Vraiment?

FullSizeRender.jpgEnvie d’aller « se faire une toile » ? Le choix ne manque pas et il y en a pour tous les goûts à commencer par « Interstellar » qualifié de chef d’œuvre par une bonne partie de la critique, ce qui ne manque pas d’interpeller.

Certes, le film est sur la forme plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et un brin fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. A plusieurs reprises on s’attend d’ailleurs à voir surgir Sandra Bullock ou George Clooney échappés de « Gravity » tant certaines scènes d’ « Interstellar » y font penser.

Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre (2 étoiles).

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

4 étoiles, «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparue ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

3 étoiles, « Samba » : Comme dans « Intouchables », c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue, mais on y rit, malgré quelques bons gags, beaucoup moins. Mais ce que le film perd en comédie pure par rapport à « Intouchables », il le gagne en émotion.  Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. Comédie sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, et romantique avant d’être une comédie tout court, « Samba », malgré quelques petites longueurs, vaut le détour.

2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien un brin désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le très beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.

2 étoiles, « Saint Laurent » : plus réussi que le « Yves Saint-Laurent » de Jalil Lespert sorti au début de l’année, le « Saint Laurent » de Bertrand Bonello laisse malgré tout dans l’ensemble de marbre, à l’image de la photographie superbe, mais glacée, comme son héros pourtant remarquablement joué par Gaspard Ulliel. Les enchainements entre les différentes scènes sont abrupts et le film tire en longueur. A noter une magnifique scène avec Valéria Bruni Tedeschi qui se transforme en suivant les conseils d’Yves Saint-Laurent. Pas franchement désagréable donc, mais pas indispensable.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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