27/11/2014

"Au secours des directeurs"

Il est souvent question sur ce site de la fonction de directeur d’établissement primaire. Exerçant cette profession, je m’impose un certain devoir de réserve et ne réagis sur ce blog à ce sujet que lorsque je peux rétablir la vérité sur des données erronées.

A ce propos, le dernier billet d'André Duval est une fois de plus un chef d'œuvre de désinformation, puisqu'il renvoie à un organigramme de...juillet 2011 qui ne correspond plus à rien. La direction de l'enseignement primaire n'existe plus et bon nombre de postes ont disparu...

Mais il est vrai qu'André Duval n'a peur de rien, puisqu'il va même jusqu'à décider quels seront les directeurs qui devront enseigner et ceux qui ne le devront pas en interprétant l'invite de la motion qui a été votée par le Grand Conseil! Il faut également ajouter à cette liste du "grand n'importe quoi duvalien" (cf. à ce sujet les limites du n'importe quoi), le soi-disant renouvellement du parc informatique des classes tous les 2 ou 3 ans alors qu'il se fait tous les 5 ans! "A côté de la plaque", comme il l'écrit si bien lui-même.

Mais pour en revenir à mon propos initial, quand les arguments mis en avant pour démolir la fonction de directeur relèvent de la plus grande ignorance, pratiquement tout le temps à vrai dire, je fais le gros dos. Il serait en effet facile de m’accuser de corporatisme.

Par contre, quand des partenaires de l’école expriment publiquement ce qu’ils pensent des directeurs d’établissement, il m’arrive de relayer leur point de vue sur ce blog, sans faire de commentaires et sans choisir des citations qui iraient dans mon sens, pour enrichir le débat. C’est le cas aujourd’hui en reproduisant ci-dessous, pour celles et ceux qui ne l’auraient pas lu, l’article de Laure Lugon Zugravu intitulé « Au secours des directeurs » et paru dans Le Matin de mercredi:

Le Grand Conseil genevois veut obliger les directeurs du primaire à enseigner. La résistance, soutenue par les profs, s’organise.

Ne flinguez pas les directeurs des écoles primaires genevoises! C’est en substance le message que des enseignants d’une école des Pâquis ont adressé au Grand Conseil et au Conseil d’Etat, dix jours après le coup de semonce du premier. En effet, deux tiers des députés ont soutenu une motion UDC réclamant que les directeurs enseignent à mi-temps. Au motif que cet échelon hiérarchique, mis en place en 2008, serait superflu, bureaucratique et cher (le traitement annuel des 73 directeurs s’échelonne, selon l’ancienneté, entre 126 335 francs et 170 815 francs).

«Hormis dans les quartiers difficiles, ces postes de directeur sont des placards dorés, estime le député Jean Romain (PLR), rapporteur de la motion. Quand on sait qu’un élève sur deux a besoin de cours d’appui, ne pourrait-on pas les leur confier? Ou l’enseignement de l’allemand? Il serait souhaitable que les directeurs remettent les mains dans le cambouis.» Et le député de rappeler que dans certains cantons, ceux-ci enseignent à temps partiel sans que leur établissement parte à vau-l’eau. Un point de vue qui a fait mouche, et même plus: une pétition a également passé la rampe, qui prévoit de supprimer aussi la fonction de maîtres adjoints, «dont le cahier des charges est un doublon des directeurs », s’insurge Jean Romain.

Le syndicat organise la lutte

Mais les professeurs, eux, ne l’entendent pas ainsi. Président du syndicat Société pédagogique genevoise (SPG), Laurent Vité dénonce: «S’ils veulent flinguer les directeurs, c’est pour récupérer les 150 postes supplémentaires dus à l’introduction du mercredi matin. C’est tout de même raide, que les députés viennent nous présenter la facture pour un investissement qui a été voté par ces mêmes députés!» Et Laurent Vité assure que ce n’est pas la fonction qu’il défend, mais la cohésion d’un projet scolaire qui, sans les directeurs, sombrerait sous le poids de la charge administrative. Déjà, il déplore qu’Anne Emery-Torracinta, conseillère d’Etat en charge de l’Instruction publique (DIP), ait d’ores et déjà accepté de baisser à 63 le nombre de directeurs. Même si, pour l’heure, elle affirme les soutenir: «Elle leur a récemment fait savoir qu’elle comprenait leur inquiétude face aux attaques infondées qui sont portées depuis des années contre leur fonction, explique Teresa Skibinska, secrétaire générale adjointe au DIP. Elle leur a réitéré sa confiance.»

Pas suffisant pour la SPG, qui a réuni ses délégués hier pour organiser la lutte: il conviendra dans un premier temps de mobiliser les parents d’élèves, en appui du corps enseignant. Lequel ne voit pas pourquoi on lui refuserait ce qui semble aller de soi au secondaire et au postobligatoire. De l’autre côté, les députés ont prévenu: si Anne Emery-Torracinta devait bouder la motion, ils partiraient en guerre en lançant un projet de loi. Réponse dans six mois.

Commentaires

N'est-il pas souhaitable que les Directeurs soient également en contact direct avec les élèves afin de percevoir d'autant mieux les besoins des uns et des autres élèves, profs et parenté?
En mesure de réaliser s'il y a lieu le trop d'accablement des profs à force de directives administratives venant se placer comme en écran entre les uns et les autres.
Monsieur Duval est-il le seul prof évoquant fatigue, stress ou déprime des profs (et quid de la situation des parents fonds comme forme, goût ou non pour le coaching scolaire après le travail quotidien astreignant souvent, goût, aptitudes parents anciennement "scolaires", ou non, parents arrivant d'autres horizons...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/11/2014

Monsieur Bonny – Indépendance ?

Tout de même, là Monsieur vous allez un peu loin en vous faisant passer pour une voix indépendante qui se contenterait : « quand des partenaires de l’école expriment publiquement ce qu’ils pensent des directeurs d’établissement, […] de relayer leur point de vue. »

Vous êtes directeur ! Par conséquent, les enseignants de votre école ne sont ni vos partenaires ni vos associés, mais vos subalternes !

Ensuite, il faut en finir avec cette niaiserie « d’un projet scolaire » pour laquelle on a inventé cette fonction de directeur, qui a précisément augmenté le poids de la charge administrative pour les enseignants, les détournant même de leur fonction d’enseigner un programme scolaire à leurs élèves.

Écrit par : Michèle Roullet | 27/11/2014

Voilà que Monsieur Bonny nous gratifie d'une perle dont il a le secret...
En gros, selon lui, je dis des bêtises mais...il ne peut y répondre et le prouver parce qu'il est soumis au devoir de réserve... Tout en prétendant néanmoins intervenir afin de rétablir la (sa) vérité.
Reprenons donc point par point:
1. Monsieur Bonny ne semble pas s'être rendu compte que le renvoi à l'organigramme (qu'il me reproche) figure bien dans un texte qui date de...2011 et donc d'une situation de l'époque. Je doute d'ailleurs que, selon ses propos, la situation aurait énormément changé comme il le prétend, cet organigramme ne correspond plus à rien. C'est bel et bien sur celui-ci d'ailleurs que la commission de l'enseignement a planché...
S'il s'avérait pourtant que la situation soit différente, que M. Bonny, au lieu de pleurnicher et ergoter sans aucune preuve, nous procure ici même un nouveau document "à jour"...
2. Une motion n'est pas une loi, M. Bonny qui fut député, devrait le savoir. Une motion ne prétend pas être appliquée telle qu'elle, elle nécessite bien entendu des adaptations en fonction des situations. Il s'agit d'ouvrir le débat parlementaire!
3. M. Bonny nous renvoie à l'un de ses billets précédents sans pour autant répondre aux deux commentaires que je lui avais envoyés et que vous trouverez à la suite de son texte. Il est vrai que c'est devenu son habitude, lorsqu'il se sent en mauvaise posture, repoussé dans les cordes, d'opter pour le silence ou de se réfugier derrière ce sacro-saint devoir de réserve qui bien souvent l'arrange à sa convenance...
4. Le renouvellement du parc informatique, tous les 5 ans selon lui, un point sur lequel s'il peut le prouver, je veux bien lui donner raison. Je rappelle néanmoins que, en 2011, date de mon blog, ce n'était pas le cas.
On peut d'ailleurs se poser la question de savoir, si l'échéance proposée par M. Bonny est exacte, en quoi il est utile de continuer à "entretenir" un service informatique pour l'école primaire aussi conséquent et dispendieux que celui qui est en place...
5. Pour le reste de son billet, je ne peux que remercier M. Bonny de publier la lettre dont il est question dans mon propre blog.
Je me permets encore d'ajouter qu'un vendredi matin, entre 10h et 11h, M. Bonny, directeur d'établissement overbooké, a trouvé le temps de surfer sur les blogs et publier les commentaires qui lui sont adressés...Il est vrai qu'il travaille à temps partiel....afin d'honorer au mieux cette fameuse "proximité" qui fait l'apanage de ces postes de directeurs!

Écrit par : Duval | 27/11/2014

Madame,
A ce jour personne n'a listé une réelle surcharge administrative générale au regard du cahier des charges de l'enseignant.

Écrit par : sophie dupuy | 27/11/2014

Duval ne se remettra jamais de la disparition de l'arle ou doit-on dire l'arlésienne? Il aurait pu constituer un comité et lancer une initiative. Mais non. Aurait-il peur d'une décision du peuple?

A la place il se contente d'invectiver sur un ton haineux et d'activer un parlementaire dont il convient de taire le nom par charité. Petit bras.

Bref une loi, ça se référendise (contrairement à une motion...).

Écrit par : Johann | 27/11/2014

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