25/12/2014

"La famille Bélier" (et 8 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgDifficile d’échapper en cette fin d’année à « La famille Bélier » si l’on s’intéresse un tant soit peu à l’actualité cinématographique. Critiques dans l’ensemble très positives, médiatisation à outrance, comparaison avec « Intouchables » pour le succès attendu, un brin de polémique (le langage des signes utilisé dans le film serait caricatural), des acteurs connus, bref de quoi attirer des millions de spectateurs dans les salles et ça semble effectivement bien parti (1 million d’entrée en France après une semaine). Restait donc plus qu’à aller vérifier par soi-même.

Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant.

Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. A partir de là, l’histoire prend une autre dimension en privilégiant, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique du film.

Au final, sans être un chef d’œuvre « la Famille Bélier » est un agréable divertissement qui donne envie à la fin de la projection de réécouter les chansons de Michel Sardou qui n’en demandait sans doute pas tant ! (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

4 étoiles, « Une nouvelle amie » : David est veuf et père d’une fillette de quelques mois. Claire est inconsolable d’avoir perdu sa meilleure amie d’enfance disparue si jeune. David et Claire vont se rapprocher l’un de l’autre au moment où cette dernière va découvrir que David aime se travestir en femme. Le dernier film de François Ozon est parfois drôle, mais jamais caricatural, et souvent émouvant. Il interpelle le spectateur sur la question du genre, de la différence et de la confusion des sentiments. Les acteurs, Romain Duris et Anais Moustier en tête, sont à la hauteur comme la fin du film qui ne manquera pas d’énerver Frigide Barjot et sa clique qui, de toute façon, n’iront pas voir ce film qui est trop éloigné de leurs certitudes. Dommage pour eux (4 étoiles) !

4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

4 étoiles, «Gone Girl» : Nick Dunne a-t-il tué sa femme qui a mystérieusement disparue ? Les preuves s’accumulent contre lui, mais finalement peut-être pas tant que ça…Et si finalement, Nick était plutôt la victime que le bourreau ? Tenu en haleine jusqu’au milieu du film par cette question, le spectateur manipulé de main de maître par le réalisateur David Fincher découvre alors la réponse qui l’emmène dans une deuxième partie encore plus excitante que la première !

3 étoiles, « La French » : Basé sur des faits réels, le film raconte l’histoire du juge Michel et de sa croisade contre la French Connection, organisation mafieuse qui arrosait depuis Marseille le monde entier d’héroïne. Reconstitution des années 70 très réaliste et attention particulière sur les rapports entre les différents personnages, beaucoup de seconds rôles fort bien joués, le film se laisse voir avec plaisir malgré quelques baisses de rythme. Jean Dujardin est un juge Michel très convaincant ce qui provoque un véritable choc à la fin du film pourtant en principe connue des spectateurs avant même d’aller voir le film. Très fort !

3 étoiles, « Samba » : Comme dans « Intouchables », c’est un duo improbable qui est au centre de l’intrigue, mais on y rit, malgré quelques bons gags, beaucoup moins. Mais ce que le film perd en comédie pure par rapport à « Intouchables », il le gagne en émotion.  Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, lui en clandestin sans cesse à l’affût pour sa survie et elle en assistante sociale qui essaye de refaire surface après un burn-out, sont craquants et crédibles, ce qui n’était pas gagné d’avance. Comédie sociale, la dure réalité de la vie quotidienne des clandestins est largement mise en avant dans le film, et romantique avant d’être une comédie tout court, « Samba », malgré quelques petites longueurs, vaut le détour.

2 étoiles, « Interstellar » : sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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