16/01/2015

Stauffer vice-président? Une réponse évidente.

Eric Stauffer sera-t-il élu premier vice-président du Grand Conseil la semaine prochaine? Au-delà de l’intérêt limité que représente cette question au regard de l’actualité nationale et internationale, elle mérite toutefois un peu de réflexion, car le « cas » Stauffer est intéressant pour une démocratie comme la nôtre.

Eric Stauffer est un double élu du peuple, député au Grand Conseil et Conseiller administratif d’Onex, et a de ce fait la légitimité démocratique pour revendiquer la première vice-présidence du Grand Conseil qui, de plus, se fait par tournus. Il n’y a donc aucune raison de ce point de vue là de refuser à son parti, tout de même 20% des voix aux dernières élections au Grand Conseil, d’occuper cette fonction. Le MCG a choisi Eric Stauffer comme candidat pour le représenter, la messe est dite.

Sauf que ce n’est pas le peuple qui désigne le premier vice-président, mais les députés qui devraient s’appuyer sur des critères objectifs pour désigner le « primus inter pares », le premier vice-président étant appelé à devenir le président l’année d’après.

Ces critères objectifs ont malheureusement peu d’importance par rapport à la cuisine politicienne et c’est ainsi qu’on a parfois au perchoir des président-e-s dépassé-e-s par cette tâche complexe.

Admettons dans le cas d’Eric Stauffer que les députés mettent de côté leur aversion ou enthousiasme pour ce personnage qui ne laisse personne indifférent et réfléchissent en fonction de leurs attentes pour ce poste, en se posant les bonnes questions comme par exemple :

- Le candidat Stauffer est-il crédible dans son rôle d’autorité ?
- Le candidat Stauffer est-il un exemple pour ses collègues du Grand Conseil ?
- Le candidat Stauffer est-il respecté par ses collègues au Grand Conseil ?
- Le candidat Stauffer respecte-t-il les règles au Grand Conseil, mais également en dehors de celui-ci ?
- Le candidat Stauffer est-il capable de trouver des compromis ?
- Le candidat Stauffer peut-il représenter toutes les Genevoises et tous les Genevois ?
- …

Pour y répondre, il suffirait alors de se remémorer, en toute objectivité, puisque ce sont des faits avérés, quelques événements passés où le candidat Stauffer est impliqué d’une manière ou d’une autre : le verre d’eau, le coup de pied, le port d’un revolver en séance de commission, l’évacuation par la police du Grand Conseil, la prise de parole intempestive en plénière, les colères, le parcage interdit de la voiture devant l’Hôtel-de-Ville, la diffusion d’images sur facebook violant la protection de la personnalité, le film mettant en scène un dealer qui n’en est pas un et la liste ne prétend pas être exhaustive.

A partir de là, loin de toute politique politicienne, il apparaît que la réponse à la question « Eric Stauffer doit-il être élu à la première vice-présidence du Grand Conseil ? » est évidente. Non ?
 

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