29/01/2015

"Une merveilleuse histoire du temps" et 10 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgLe lancement d’ « une merveilleuse histoire du temps » m'avait donné envie d’aller voir le film. A sa sortie, la lecture de quelques critiques mitigées m’ont pourtant fait hésiter, mais j’y suis finalement allé quand même. Verdict.

« Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking, soit du début des années 60 à la fin des années 70. Il est mondialement connu pour ses contributions dans le domaine de la cosmologie et auteur du best seller « A brief  history of time » vendu à 10 millions d’exemplaires. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic !

Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec Jane. Rencontrée à Cambridge peu avant les premiers symptômes de la maladie, Jane, follement amoureuse, ne va pas se détourner de lui après ce coup du sort, mais va au contraire l’épouser, lui donner trois enfants et lui apporter tout son soutien, dans la vie quotidienne comme dans ses recherches, jusqu’au bout de ses forces…

Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant et porté par un formidable duo d’acteurs : Eddie Redmayne, nominé à juste titre pour l’Oscar du meilleur acteur, et Felicity Jones. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire. (3 étoiles)


Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « Il capitale umano » : Récompensé par 7 « David di Donatello », les « César » italiens, « Les opportunistes » en français, est divisé en trois chapitres qui privilégient dans chacun d’eux le point de vue d’un des six personnages principaux : Dino Ossola, agent immobilier médiocre qui veut devenir riche et fréquenter la haute société à l’image de Carla Bernaschi (Valeria Bruni Tedeschi, sublime) qui a tout ce qu’elle veut, si ce n’est que son mari ne lui accorde guère d’attention, et enfin Serena Ossola, la fille de Dino et petite amie de Massimiliano Bernaschi qui se trouve bien malgré elle impliquée dans la mort d’un cycliste qui constitue le fil rouge du film. A la fois drame social, critique du capitalisme sauvage et de la bourgeoisie qui n’hésite pas à mettre l’humain au second plan pour faire du profit, thriller et comédie à l’humour noir, « Il capitale umano » ravira les amateurs de cinéma : faire progresser l’intrigue en adoptant trois points de vue différents, et en évitant toute redondance, est captivant. A recommander ! 

4 étoiles, «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes, que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

3 étoiles, « Foxcatcher » : Basé sur une histoire vraie, « Foxcatcher » raconte l’histoire des frères Schultz (Channing Tatum et Mark Ruffalo, excellents) tous deux médaillés d’or en lutte aux Jeux de Los Angeles en 1984. Alors que David est devenu entraîneur et père de famille, Mark compte bien renouveler cet exploit, avec l’aide de son grand frère dont il est très proche, lors des Jeux de Séoul. A une année de l’échéance, le destin de Mark bascule quand le milliardaire John du Pont (Steve Carell, génial) se met en tête de lui offrir dans son domaine (« Foxcatcher ») les meilleures conditions d’entraînement possibles. Une relation de pouvoir, de domination et de dépendance va alors se développer entre les deux hommes jusqu’à faire de Mark l’ombre de lui-même. Et obliger John du Pont à rappeler son grand frère à ses côtés, au risque que celui-ci lui fasse à son tour de l’ombre…Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, « Foxcatcher » est un film qui démarre (un peu trop) lentement. Mais ce n’est que pour mieux mettre en place son univers à haute tension et de plus en plus noir. Le film vous prend petit à petit aux tripes jusqu’à vous asséner à la fin un coup dans l’estomac dont on met un moment à se relever.

3 étoiles, « Les souvenirs » : Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain (Mathieu Spinosi, solaire) et sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire. Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime. Un bon moment.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

2 étoiles, « Une heure de tranquillité » : Adapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage va en décider autrement. Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. Les acteurs sont bons, à commencer par Christian Clavier qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. 

2 étoiles, « Exodus : Gods and Kings » : L’histoire de Moïse est connue de la plupart des spectateurs, au moins partiellement, et est un excellent support pour en faire avec les moyens techniques d’aujourd’hui un grand spectacle. Et de ce point de vue-là, pas de déception. Mais ces prouesses techniques très réussies mettent au second plan l’histoire en elle-même. La distribution a beau être de première classe, le film manque d’âme et donc d’émotions. Il n’est pas exempt non plus de certaines longueurs dans sa deuxième partie (2h30 tout de même). « Exodus : Gods and Kings » plaira donc avant tout à celles et ceux qui privilégient la forme au fond, pour les autres autant revoir « Les Dix Commandements » !

2 étoiles, « Interstellar » : Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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27/01/2015

Auschwitz: devoir de mémoire en images

C'est le 27 janvier 1945, il y donc 70 ans, que les troupes russes ont mis un point final à l'horreur du camp d'Auschwitz. Je m'y suis rendu en novembre 2004. Les cérémonies pour commémorer cet événement auront lieu en présence de nombreux chefs d'Etat. 

Aujourd'hui encore quand j'y repense ou regarde les photos, j'en ai les frissons, au propre et figuré, tellement il faisait froid. Et dire que celles et ceux qui n'étaient pas tués dès leur arrivée devaient en plus de tout le reste endurer un climat pareil à peine vêtus. Cela dépasse notre entendement, tout simplement.

C'est la raison pour laquelle il est essentiel, comme le proclame un panneau à l'entrée du camp, de "garder la mémoire de la Shoah, car c'est lutter contre toutes les formes de discrimination et d'intolérance".

Les 12 photos ci-dessous, prises lors de cette visite, participent à ce devoir de mémoire.

 

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Photos Diego Zinetti

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24/01/2015

"Foxcatcher" et 11 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgBasé sur une histoire vraie, démontrant une fois de plus que la réalité dépasse la fiction, « Foxcatcher » raconte l’histoire des frères Mark et David Schultz (Channing Tatum et Mark Ruffalo, excellents) tous deux médaillés d’or en lutte aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984.

Alors que David est devenu entraîneur et père de famille, Mark compte bien renouveler cet exploit, avec l’aide de son grand frère dont il est très proche, lors des prochains Jeux, à Séoul. A une année de l’échéance, le destin de Mark bascule quand le milliardaire John du Pont (Steve Carell, génial) se met en tête de lui offrir dans son domaine (« Foxcatcher ») les meilleures conditions d’entraînement possibles. Une relation de pouvoir, de domination et de dépendance va alors se développer entre les deux hommes jusqu’à faire de Mark l’ombre de lui-même. Et obliger John du Pont à rappeler son grand frère à ses côtés, au risque que celui-ci lui fasse à son tour de l’ombre…

Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, les scènes de lutte sont captivantes même pour ceux, dont je suis, qui n’aiment pas particulièrement ce sport, « Foxcatcher » est un film qui démarre (un peu trop) lentement. Mais ce n’est que pour mieux mettre en place  son univers à haute tension et de plus en plus noir en total contraste avec le final dans un paysage enneigé et apparemment apaisé. Le film vous prend petit à petit aux tripes jusqu’à vous asséner à la fin un coup dans l’estomac dont on met un moment à se relever. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

4 étoiles, « Il capitale umano » : Récompensé par 7 « David di Donatello », les « César » italiens, « Les opportunistes » en français, est divisé en trois chapitres qui privilégient dans chacun d’eux le point de vue d’un des six personnages principaux : Dino Ossola, agent immobilier médiocre qui veut devenir riche et fréquenter la haute société à l’image de Carla Bernaschi (Valeria Bruni Tedeschi, sublime) qui a tout ce qu’elle veut, si ce n’est que son mari ne lui accorde guère d’attention, et enfin Serena Ossola, la fille de Dino et petite amie de Massimiliano Bernaschi qui se trouve bien malgré elle impliquée dans la mort d’un cycliste qui constitue le fil rouge du film. A la fois drame social, critique du capitalisme sauvage et de la bourgeoisie qui n’hésite pas à mettre l’humain au second plan pour faire du profit, thriller et comédie à l’humour noir, « Il capitale umano » ravira les amateurs de cinéma : faire progresser l’intrigue en adoptant trois points de vue différents, et en évitant toute redondance, est captivant. A recommander ! 

4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

3 étoiles, « Les souvenirs » : Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain (Mathieu Spinosi, solaire) et sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire. Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime. Un bon moment.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

3 étoiles, « La French » : Basé sur des faits réels, le film raconte l’histoire du juge Michel et de sa croisade contre la French Connection, organisation mafieuse qui arrosait depuis Marseille le monde entier d’héroïne. Reconstitution des années 70 très réaliste et attention particulière sur les rapports entre les différents personnages, beaucoup de seconds rôles fort bien joués, le film se laisse voir avec plaisir malgré quelques baisses de rythme. Jean Dujardin est un juge Michel très convaincant ce qui provoque un véritable choc à la fin du film pourtant en principe connue des spectateurs avant même d’aller voir le film. Très fort !

2 étoiles, « Une heure de tranquillité » : Adapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage va en décider autrement. Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. Les acteurs sont bons, à commencer par Christian Clavier qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. 

2 étoiles, « Exodus : Gods and Kings » : L’histoire de Moïse est connue de la plupart des spectateurs, au moins partiellement, et est un excellent support pour en faire avec les moyens techniques d’aujourd’hui un grand spectacle. Et de ce point de vue-là, pas de déception. Mais ces prouesses techniques très réussies mettent au second plan l’histoire en elle-même. La distribution a beau être de première classe, le film manque d’âme et donc d’émotions. Il n’est pas exempt non plus de certaines longueurs dans sa deuxième partie (2h30 tout de même). « Exodus : Gods and Kings » plaira donc avant tout à celles et ceux qui privilégient la forme au fond, pour les autres autant revoir « Les Dix Commandements » !

2 étoiles, « Interstellar » : Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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22/01/2015

Les jeunes homos (trop) tentés par le suicide

FullSizeRender.jpgLa Fédération des associations genevoise LGBT, dont je suis le nouveau co-président, Lorena Parini étant l'autre co-présidente, regroupe 5 associations : 360, Dialogai, Lestime, Think Out et  Parents d’homos. Fondée en 2008, notamment suite aux affiches diffamatoires de l’UDC contre les couples partenariés (les fameux « pacsés inféconds »), la Fédération a pour buts d’élaborer et réaliser des projets, activités, stratégies communes en vue de la promotion de l’égalité des droits pour les personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi, transgenres) et de développer les relations avec la société civile dans son ensemble, notamment les milieux associatifs, institutionnels et économiques.

C’est ainsi qu’elle a organisé en 2009 les premières assises contre l’homophobie et leur suivi en 2011. L’année dernière, elle a mis sur pied les assises sur l’homophobie et la transphobie dans le monde du travail. Elle porte également le projet Totem pour accompagner les jeunes LGBT.

La Fédération collabore avec l’Etat et avec la Ville de Genève pour prévenir l’homophobie et la transphobie. Elle travaille plus particulièrement en partenariat avec le Département de l’Instruction Publique, de la Culture et du Sport et le service Agenda 21 de la Ville de Genève. C’est ainsi  qu’elle mène des ateliers de sensibilisation à destination des élèves des établissements scolaires genevois et propose des modules de formation à destination des professionnel.le.s de l’éducation.

Un rôle essentiel quand l’on sait qu’une étude publiée l’année dernière par l’Université de Zürich constate que les ados helvétiques homosexuels sont cinq fois plus susceptibles de commettre une tentative de suicide que les hétérosexuels (1). C’est un véritable problème de santé publique qu’il faut sans cesse dénoncer et combattre de telle manière à ce que le "coming out" soit synonyme de libération et non de pensées suicidaires.

Pour y parvenir, il est indispensable que les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres soient pleinement acceptées par la société et aient les mêmes droits que tout le monde. C’est la raison pour laquelle la Fédération des associations genevoises LGBT continuera à se battre ces prochaines années pour :

- le principe de non-discrimination des personnes en raison notamment de leur orientation sexuelle et/ou identité de genre et la garantie de la mise en place d’un dispositif ou de mesures permettant le respect de ce principe ;
- la garantie qu’une éducation aux droits humains incluant les questions touchant à l’orientation sexuelle et l’identité de genre fasse partie intégrante de l’enseignement de base transmis au sein des établissements scolaires;
- le principe d’une formation initiale et continue aux droits humains incluant les questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre pour les fonctionnaires de l’Etat et des communes ;
- la garantie de la reconnaissance et de la protection légales, dans l’intérêt des enfants, des différentes familles arc-en-ciel au sein desquelles ces enfants sont élevés, et donc la levée de l’interdiction de l’adoption interne ainsi que celle de l’adoption plénière pour les couples de même sexe ;
- le droit au recours à la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe ;
- la reconnaissance de la persécution des personnes LGBT comme juste motif d’asile.

 

(1) http://360.ch/blog/magazine/2015/01/les-jeunes-queers-enc...

 

 

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18/01/2015

"Les souvenirs" et 11 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgSorti quasiment dans l’anonymat mercredi passé à Genève alors qu’il cartonnait au même moment en France pour son premier jour d’exploitation, « Les souvenirs » est un film intergénérationnel qui raconte l’histoire de Romain, un jeune homme bien dans sa peau (Mathieu Spinosi, solaire) qui va jouer un rôle essentiel pour les autres personnages du film : sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui s’échappe de la maison de retraite dans laquelle son fils l’a placée, son père (Michel Blanc dans son rôle habituel de victime) et sa mère (Chantal Lauby) qui traversent une passe difficile depuis que l’heure de la retraite a sonné, son co-locataire à la recherche désespérée d’une copine et même pour son patron (Jean-Paul Rouve également réalisateur du film) en tant que substitut de son fils du même âge vivant en Australie.

Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain et sa grand-mère qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire.

Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime avec comme cerise sur le gâteau des seconds rôles savoureux à l’image du peintre, du vendeur de la station service ou de la directrice de la maison de retraite. Un bon moment. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

5 étoiles, « Mommy » : L’histoire d’une mère qui fait ce qu’elle peut face à son ado de fils au comportement pour le moins explosif, duo auquel se mêle une voisine mal dans sa peau. Le choix du cadrage carré fait que les acteurs sont constamment filmés en gros plan et donne ainsi au spectateur une impression géniale de proximité avec les personnages. Tour à tour on rit, on rit jaune, on pleure, on adhère, on rejette, à l’image du comportement des trois personnages principaux. C’est un tourbillon d’émotions qui vous secoue pendant plus de deux heures, la magie du cinéma. L’interprétation des trois acteurs principaux, très bien dirigés, est incroyable. A voir toutes affaires cessantes !

4 étoiles, « Il capitale umano » : Récompensé par 7 « David di Donatello », les « César » italiens, « Les opportunistes » en français, est divisé en trois chapitres qui privilégient dans chacun d’eux le point de vue d’un des six personnages principaux : Dino Ossola, agent immobilier médiocre qui veut devenir riche et fréquenter la haute société à l’image de Carla Bernaschi (Valeria Bruni Tedeschi, sublime) qui a tout ce qu’elle veut, si ce n’est que son mari ne lui accorde guère d’attention, et enfin Serena Ossola, la fille de Dino et petite amie de Massimiliano Bernaschi qui se trouve bien malgré elle impliquée dans la mort d’un cycliste qui constitue le fil rouge du film. A la fois drame social, critique du capitalisme sauvage et de la bourgeoisie qui n’hésite pas à mettre l’humain au second plan pour faire du profit, thriller et comédie à l’humour noir, « Il capitale umano » ravira les amateurs de cinéma : faire progresser l’intrigue en adoptant trois points de vue différents, et en évitant toute redondance, est captivant. A recommander ! 

4 étoiles,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

4 étoiles, « Pride » : L’histoire vraie d’un groupe militant de gays et lesbiennes qui en 1984, sous l’ère Thatcher, décide de soutenir les mineurs en grève au pays de Galles où quand les minorités s’entraident. Le film raconte cette rencontre improbable, alternant les moments drôles et douloureux, pour la plus grande joie des spectateurs qui apprécient les films qui font la part belle aux émotions. Magnifiquement interprété, « Pride » démontre que l’engagement collectif peut soulever des montagnes et faire évoluer positivement les mentalités. Et ça fait du bien !

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

3 étoiles, « La French » : Basé sur des faits réels, le film raconte l’histoire du juge Michel et de sa croisade contre la French Connection, organisation mafieuse qui arrosait depuis Marseille le monde entier d’héroïne. Reconstitution des années 70 très réaliste et attention particulière sur les rapports entre les différents personnages, beaucoup de seconds rôles fort bien joués, le film se laisse voir avec plaisir malgré quelques baisses de rythme. Jean Dujardin est un juge Michel très convaincant ce qui provoque un véritable choc à la fin du film pourtant en principe connue des spectateurs avant même d’aller voir le film. Très fort !

2 étoiles, « Une heure de tranquillité » : Adapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage va en décider autrement. Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. Les acteurs sont bons, à commencer par Christian Clavier qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. 

2 étoiles, « Exodus : Gods and Kings » : L’histoire de Moïse est connue de la plupart des spectateurs, au moins partiellement, et est un excellent support pour en faire avec les moyens techniques d’aujourd’hui un grand spectacle. Et de ce point de vue-là, pas de déception. Mais ces prouesses techniques très réussies mettent au second plan l’histoire en elle-même. La distribution a beau être de première classe, le film manque d’âme et donc d’émotions. Il n’est pas exempt non plus de certaines longueurs dans sa deuxième partie (2h30 tout de même). « Exodus : Gods and Kings » plaira donc avant tout à celles et ceux qui privilégient la forme au fond, pour les autres autant revoir « Les Dix Commandements » !

2 étoiles, « Interstellar » : Sur la forme le film est plutôt agréable à l’œil (moins aux oreilles, avec une musique omniprésente et fatigante), mais les images dans l’espace n’ont rien de révolutionnaires. Quant au fond, l’histoire qui tire en longueur (près de 3 heures !) d’un ancien pilote de la NASA qui part à la recherche d’une autre Terre, la nôtre étant à l’agonie, il utilise les grosses ficelles émotionnelles dont le cinéma américain a le secret en y mêlant des dialogues philosophico-scientifiques auxquels on ne comprend rien ou presque. Mais ce n’est pas grave, cela n’empêche en effet pas de suivre une histoire finalement très linéaire, avec ses gentils et ses méchants, malgré les nombreuses références à l’espace temps tordu dans tous les sens au cours du film. De quoi donc passer un moment de divertissement pas désagréable, mais on est loin du chef d’œuvre comme une partie des critiques le prétendent.

2 étoiles, « Magic in the moonlight » : Sophie Baker est-elle vraiment medium ? C’est à cette question que Stanley Crawford, magicien désabusé et qui ne croit qu’en la science, devra répondre. Ses certitudes vont être mises à dure épreuve au contact de la jeune et belle medium (Emma Stone, convaincante). Film léger à l’image très soignée dont l’action se passe en 1928 dans le beau décor du sud de la France, le dernier Woody Allen en date n’est pas un chef d’œuvre, mais à l’instar de son héro (Colin Firth, excellent), le spectateur, d’abord sur ses gardes, succombe petit à petit à son charme. Plaisant, sans plus.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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