15/02/2015

"The Imitation Game" et 7 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgEncore un film basé sur une histoire vraie, mais comme la réalité dépasse la fiction, il n’y a vraiment pas de mal à cela, surtout quand le résultat en vaut la peine, comme c’est le cas avec « The Imitation Game ». Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable.

Si le film relate logiquement les différentes étapes de cette quête, entre espoir et désespoir, il s’attache tout particulièrement à la personnalité d’Alan Turing, être aussi brillant qu’emprunté dans ses relations sociales. L’action se déroule principalement pendant la guerre. Mais plusieurs scènes de son passé de collégien et l’enquête à laquelle il est soumise au début des années 50, liée à son homosexualité, viennent éclairer à bon escient cette période de la vie d’Alan Turing et permettent ainsi de mieux comprendre le personnage.

Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité et émotion le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander. (4 étoiles)


Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking, soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « Foxcatcher » : Basé sur une histoire vraie, « Foxcatcher » raconte l’histoire des frères Schultz (Channing Tatum et Mark Ruffalo, excellents) tous deux médaillés d’or en lutte aux Jeux de Los Angeles en 1984. Alors que David est devenu entraîneur et père de famille, Mark compte bien renouveler cet exploit, avec l’aide de son grand frère dont il est très proche, lors des Jeux de Séoul. A une année de l’échéance, le destin de Mark bascule quand le milliardaire John du Pont (Steve Carell, génial) se met en tête de lui offrir dans son domaine (« Foxcatcher ») les meilleures conditions d’entraînement possibles. Une relation de pouvoir, de domination et de dépendance va alors se développer entre les deux hommes jusqu’à faire de Mark l’ombre de lui-même. Et obliger John du Pont à rappeler son grand frère à ses côtés, au risque que celui-ci lui fasse à son tour de l’ombre…Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, « Foxcatcher » est un film qui démarre (un peu trop) lentement. Mais ce n’est que pour mieux mettre en place son univers à haute tension et de plus en plus noir. Le film vous prend petit à petit aux tripes jusqu’à vous asséner à la fin un coup dans l’estomac dont on met un moment à se relever.

3 étoiles, « Les souvenirs » : Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain (Mathieu Spinosi, solaire) et sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire. Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime. Un bon moment.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

2 étoiles, « Une heure de tranquillité » : Adapté d’une pièce de théâtre, « Une heure de tranquillité » raconte l’histoire de Michel, dentiste embourgeoisé et grand amateur de jazz, qui vient de trouver aux puces un disque très rare qu’il veut écouter de suite chez lui sans qu’on le dérange. Mais son entourage va en décider autrement. Malgré quelques situations très drôles, le film reste toutefois assez convenu, à part la fin très réussie, et ne réserve donc pas de grandes surprises. On y sourit, plus qu’on y rit. Les acteurs sont bons, à commencer par Christian Clavier qui n’en fait pas des tonnes. Carole Bouquet joue fort bien l'épouse dépressive et Rossy de Palma est hilarante dans son rôle de femme de ménage. Les ingrédients sont donc de bonne qualité, mais la sauce ne prend pas vraiment. Pas désagréable, mais pas indispensable. 


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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