19/02/2015

"Papa ou maman" et 6 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpg« Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde, écrite par les auteurs de l’excellent « Le Prénom ». Elle met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu.

Mais si l’idée de base du film est originale, d’habitude les parents se déchirent pour obtenir la garde de leurs enfants, « Papa ou maman » ne l’exploite pas jusqu’au bout. Contrairement à la « Guerre des Rose », auquel le film fait inévitablement penser, il y a des enfants dans « Papa ou maman ». Ils sont les victimes de la guerre de leurs parents et maltraités, mais jusqu’à un certain point.

En effet, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, il oscille sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même… (2 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking, soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « Foxcatcher » : Basé sur une histoire vraie, « Foxcatcher » raconte l’histoire des frères Schultz (Channing Tatum et Mark Ruffalo, excellents) tous deux médaillés d’or en lutte aux Jeux de Los Angeles en 1984. Alors que David est devenu entraîneur et père de famille, Mark compte bien renouveler cet exploit, avec l’aide de son grand frère dont il est très proche, lors des Jeux de Séoul. A une année de l’échéance, le destin de Mark bascule quand le milliardaire John du Pont (Steve Carell, génial) se met en tête de lui offrir dans son domaine (« Foxcatcher ») les meilleures conditions d’entraînement possibles. Une relation de pouvoir, de domination et de dépendance va alors se développer entre les deux hommes jusqu’à faire de Mark l’ombre de lui-même. Et obliger John du Pont à rappeler son grand frère à ses côtés, au risque que celui-ci lui fasse à son tour de l’ombre…Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, « Foxcatcher » est un film qui démarre (un peu trop) lentement. Mais ce n’est que pour mieux mettre en place son univers à haute tension et de plus en plus noir. Le film vous prend petit à petit aux tripes jusqu’à vous asséner à la fin un coup dans l’estomac dont on met un moment à se relever.

3 étoiles, « Les souvenirs » : Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain (Mathieu Spinosi, solaire) et sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire. Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime. Un bon moment.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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