21/02/2015

César 2015: une cérémonie pas à la hauteur de son palmarès

La cérémonie des César doit se réformer urgemment sous peine que même les passionnés de cinéma français ne jettent l’éponge ! Quatre heures (!) d’émission pour remettre les trophées de cette quarantième édition, c’est beaucoup trop long, surtout quand les interventions des gagnants sont pour la plupart interminables, d’une platitude à faire peur et ânonnées.

Heureusement, le palmarès ne souffre lui pas de discussion. Le triomphe de « Timbuktu » avec 7 César (film, réalisateur, musique, son, photographie, scénario original et montage) est tout à fait justifié. Il en est de même avec le César du meilleur film étranger pour l’excellent « Mommy ». Les César de meilleure actrice (Adèle Haenel pour « Les Combattants ») et meilleur acteur (Pierre Niney pour « Yves Saint Laurent ») ne prêtent pas à polémique non plus, quand bien même les sacres de Marion Cotillard pour « Deux jours, une nuit » ou celui de Gaspard Ulliel pour « l’autre » Saint Laurent n’auraient pas été immérités.

Rien à dire non plus sur les César de meilleurs espoirs (Louane Emera pour « La famille Bélier » et Kevin Azaïs pour « Les Combattants ») et celui de meilleur second rôle masculin pour Reda Kateb (« Hippocrate »). Sentimentalement, on aurait préféré que le César du meilleur second rôle féminin soit attribué à Claude Gensac, 88 ans, plutôt qu’à Kristen Stewart (« Sils Maria »).

Mais ce petit bémol tout à fait subjectif mis à part, les choix des membres de l’Académie pour les César 2015 sont donc logiques. Reste à celles et ceux qui n’auraient pas encore vu le film d’Abderrahmane Sissako de se rendre au cinéma du Grütli à Genève demain dimanche à 15h où il sera projeté. Parions que « Timbuktu » fera salle comble !

 

Critique de « Timbuktu » publiée sur mon blog le 29 décembre 2014 :

Envahie par les djihadistes, Timbuktu, telle la gazelle du premier plan du film pourchassée par un 4 x 4, va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie.

Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires, comme le match de football sans ballon ou encore toutes les scènes musicales. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines » quand il s’agit de communiquer leurs règles dans une langue qui n’est pas celle du lieu ou quand ils se trouvent face à des situations qui ne répondent pas exactement à la loi : quel comportement adopter face à Zabou la folle qui ne porte pas le voile ou face à des chants religieux alors que la musique est interdite ?

C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement.

« Timbuktu », malgré son sujet très dur, est un film qui comporte de très beaux moments d’espoir qui permettent de ne pas totalement désespérer du genre humain quand bien même il y aurait de quoi…

 

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