25/02/2015

"Snow Therapy" et 6 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgVacances dans les Alpes. Paysage de carte postale, papa, maman, les deux enfants et un photographe qui immortalise sur la pellicule ces moments de bonheur. Et puis, le temps se gâte, la neige tombe en abondance, les avalanches sont déclenchées artificiellement. Le beau temps revient, journée de ski idyllique. Pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant.

Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. Sans parler de la confiance en lui-même. Réussira-t-il à retrouver sa place au cours de cette semaine de vacances ? Son épouse va-t-elle l’aider dans cette tâche ou au contraire l’enfoncer ?

« Snow Therapy » est rythmé par l’excellente trouvaille des déflagrations des canons à avalanches qui créent une atmosphère très tendue : le drame familial n’est jamais très loin. Ces déflagrations font miroir à la situation de Tomas qui voit son univers s’écrouler autour de lui et en lui. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking (Eddie Redmayne, Oscar du meilleur acteur), soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

2 étoiles, « Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde qui met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu. Mais si l’idée de base du film est originale, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, le film oscillant ainsi sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même…

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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