28/02/2015

"Birdman" et 7 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgC’est ce qu’on appelle un bon timing. Récompensé dimanche dernier par 4 Oscar prestigieux (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure photographie) et fort bien accueilli par la critique, « Birdman » a débarqué trois jours plus tard sur nos écrans. Une aubaine pour le cinéphile impatient de découvrir le cinquième film d’Alejandro Gonzalez Inarritu dont Riggan Thomson (excellent Michael Keaton) est le personnage central.

Ancienne star du grand écran mondialement connue pour avoir incarné « Birdman », un super héros dont Hollywwod a le secret, Riggan Thomson est un acteur oublié qui tente de renouer avec son passé glorieux en montant une pièce de théâtre à Broadway. Le film débute trois jours avant la première alors que Riggan est confronté à des difficultés en lien avec la distribution de la pièce, doit gérer ses relations complexes avec ses proches et, surtout, faire face à ses démons d’homme-oiseau qui le hantent depuis longtemps. Ils refont surface violemment et presque naturellement à cet instant primordial pour la suite de sa carrière.

Magnifiquement filmé avec ses plans-séquences habilement montés qui donnent l’impression que les acteurs ont été suivis sans interruption du début à la fin du film, « Birdman »  est une indéniable réussite sur le plan formel. Sur le fond, il faut du temps pour entrer dans le film et s’attacher aux personnages, mais ce défaut apparent n’en est pas vraiment un, car il n’est pas désagréable de voir son plaisir de spectateur augmenté au fur et à mesure de la projection. Si le film est un peu déroutant lors des scènes surréalistes du dernier tiers, elles prennent tout leur sens avec une fin qui réconcilie intelligemment Riggan Thomas avec « Birdman ». Brillant. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

3 étoiles, « Snow Therapy » : Vacances familiales dans les Alpes, pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant. Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste.

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking (Eddie Redmayne, Oscar du meilleur acteur), soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

2 étoiles, « Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde qui met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu. Mais si l’idée de base du film est originale, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, le film oscillant ainsi sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même…

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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25/02/2015

"Snow Therapy" et 6 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgVacances dans les Alpes. Paysage de carte postale, papa, maman, les deux enfants et un photographe qui immortalise sur la pellicule ces moments de bonheur. Et puis, le temps se gâte, la neige tombe en abondance, les avalanches sont déclenchées artificiellement. Le beau temps revient, journée de ski idyllique. Pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant.

Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. Sans parler de la confiance en lui-même. Réussira-t-il à retrouver sa place au cours de cette semaine de vacances ? Son épouse va-t-elle l’aider dans cette tâche ou au contraire l’enfoncer ?

« Snow Therapy » est rythmé par l’excellente trouvaille des déflagrations des canons à avalanches qui créent une atmosphère très tendue : le drame familial n’est jamais très loin. Ces déflagrations font miroir à la situation de Tomas qui voit son univers s’écrouler autour de lui et en lui. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking (Eddie Redmayne, Oscar du meilleur acteur), soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

2 étoiles, « Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde qui met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu. Mais si l’idée de base du film est originale, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, le film oscillant ainsi sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même…

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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21/02/2015

César 2015: une cérémonie pas à la hauteur de son palmarès

La cérémonie des César doit se réformer urgemment sous peine que même les passionnés de cinéma français ne jettent l’éponge ! Quatre heures (!) d’émission pour remettre les trophées de cette quarantième édition, c’est beaucoup trop long, surtout quand les interventions des gagnants sont pour la plupart interminables, d’une platitude à faire peur et ânonnées.

Heureusement, le palmarès ne souffre lui pas de discussion. Le triomphe de « Timbuktu » avec 7 César (film, réalisateur, musique, son, photographie, scénario original et montage) est tout à fait justifié. Il en est de même avec le César du meilleur film étranger pour l’excellent « Mommy ». Les César de meilleure actrice (Adèle Haenel pour « Les Combattants ») et meilleur acteur (Pierre Niney pour « Yves Saint Laurent ») ne prêtent pas à polémique non plus, quand bien même les sacres de Marion Cotillard pour « Deux jours, une nuit » ou celui de Gaspard Ulliel pour « l’autre » Saint Laurent n’auraient pas été immérités.

Rien à dire non plus sur les César de meilleurs espoirs (Louane Emera pour « La famille Bélier » et Kevin Azaïs pour « Les Combattants ») et celui de meilleur second rôle masculin pour Reda Kateb (« Hippocrate »). Sentimentalement, on aurait préféré que le César du meilleur second rôle féminin soit attribué à Claude Gensac, 88 ans, plutôt qu’à Kristen Stewart (« Sils Maria »).

Mais ce petit bémol tout à fait subjectif mis à part, les choix des membres de l’Académie pour les César 2015 sont donc logiques. Reste à celles et ceux qui n’auraient pas encore vu le film d’Abderrahmane Sissako de se rendre au cinéma du Grütli à Genève demain dimanche à 15h où il sera projeté. Parions que « Timbuktu » fera salle comble !

 

Critique de « Timbuktu » publiée sur mon blog le 29 décembre 2014 :

Envahie par les djihadistes, Timbuktu, telle la gazelle du premier plan du film pourchassée par un 4 x 4, va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie.

Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires, comme le match de football sans ballon ou encore toutes les scènes musicales. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines » quand il s’agit de communiquer leurs règles dans une langue qui n’est pas celle du lieu ou quand ils se trouvent face à des situations qui ne répondent pas exactement à la loi : quel comportement adopter face à Zabou la folle qui ne porte pas le voile ou face à des chants religieux alors que la musique est interdite ?

C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement.

« Timbuktu », malgré son sujet très dur, est un film qui comporte de très beaux moments d’espoir qui permettent de ne pas totalement désespérer du genre humain quand bien même il y aurait de quoi…

 

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20/02/2015

Début prometteur pour le mariage civil pour toutes et tous!

Décidément, semaine faste pour l'égalité des droits puisqu'après le renoncement du PDC à sa phrase discriminatoire sur la définition du mariage dans son initiative fiscal, l'initiative parlementaire des Verts libéraux intitulée "Mariage civil pour tous" a été acceptée par la commission juridique du Conseil national!

C'est par 12 oui, 9 non et 1 abstention que les parlementaires ont souhaité donner suite à ce texte qui vise à ouvrir les différentes formes d'union régies par la loi à tous les couples quels que soient le sexe ou l'orientation sexuelle des partenaires. Cela signifie concrètement que les couples hétérosexuels pourront être liés par un partenariat enregistré et les couples homosexuels se marier civilement. Si cette disposition était acceptée, elle mettrait fin à une discrimination qui va à l'encontre de l'égalité de traitement inscrite dans la Constitution et qui n'est pas admissible dans un État de droit comme le nôtre.

Cette initiative doit maintenant être examinée par la commission juridique du Conseil des États qui, espérons-le, donnera un avis également positif. Il faudra ensuite que les deux Chambres se prononcent, puis le peuple car il s'agit d'un changement constitutionnel. Il paraissait de toute manière illusoire qu'un objet comme celui-ci ne se termine pas devant les urnes...

Ce n'est donc qu'un début, certes prometteur, qui doit mener la Suisse à mettre fin à une discrimination dont est victime entre 5 et 10% de sa population, ce n'est pas rien!

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19/02/2015

"Papa ou maman" et 6 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpg« Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde, écrite par les auteurs de l’excellent « Le Prénom ». Elle met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu.

Mais si l’idée de base du film est originale, d’habitude les parents se déchirent pour obtenir la garde de leurs enfants, « Papa ou maman » ne l’exploite pas jusqu’au bout. Contrairement à la « Guerre des Rose », auquel le film fait inévitablement penser, il y a des enfants dans « Papa ou maman ». Ils sont les victimes de la guerre de leurs parents et maltraités, mais jusqu’à un certain point.

En effet, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, il oscille sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même… (2 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking, soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « Foxcatcher » : Basé sur une histoire vraie, « Foxcatcher » raconte l’histoire des frères Schultz (Channing Tatum et Mark Ruffalo, excellents) tous deux médaillés d’or en lutte aux Jeux de Los Angeles en 1984. Alors que David est devenu entraîneur et père de famille, Mark compte bien renouveler cet exploit, avec l’aide de son grand frère dont il est très proche, lors des Jeux de Séoul. A une année de l’échéance, le destin de Mark bascule quand le milliardaire John du Pont (Steve Carell, génial) se met en tête de lui offrir dans son domaine (« Foxcatcher ») les meilleures conditions d’entraînement possibles. Une relation de pouvoir, de domination et de dépendance va alors se développer entre les deux hommes jusqu’à faire de Mark l’ombre de lui-même. Et obliger John du Pont à rappeler son grand frère à ses côtés, au risque que celui-ci lui fasse à son tour de l’ombre…Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, « Foxcatcher » est un film qui démarre (un peu trop) lentement. Mais ce n’est que pour mieux mettre en place son univers à haute tension et de plus en plus noir. Le film vous prend petit à petit aux tripes jusqu’à vous asséner à la fin un coup dans l’estomac dont on met un moment à se relever.

3 étoiles, « Les souvenirs » : Comédie douce-amère sur le temps qui passe et ses conséquences pas toujours agréables, « Les souvenirs » est avant tout un film sur le cycle de la vie avec des scènes particulièrement émouvantes entre Romain (Mathieu Spinosi, solaire) et sa grand-mère (Annie Cordy, touchante) qui en partant à la recherche de ses souvenirs permettra à son tour à son petit-fils d’en construire. Si le film est parfois un peu décousu, ce qui entraîne des petites baisses de rythme, il fait la part belle aux émotions en faisant passer le spectateur du rire aux larmes tout en le renvoyant forcément à un moment ou un autre à sa propre histoire. Un film français de bonne qualité comme on les aime. Un bon moment.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (étonnante Louane Emera, demi-finaliste de la saison 2 de The Voice qui crève littéralement l’écran) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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