30/03/2015

Des informations éclipsées!

images.jpgContrairement à ce que répète André Duval sur son blog, le DIP n’a pas demandé aux enseignants de garder les élèves à l’intérieur des bâtiments lors de la récente éclipse solaire.  Il a transmis aux directions d’établissement de l’enseignement obligatoire les informations suivantes :

 

1. Principe de précaution : nul ne doit fixer le soleil sans la protection homologuée sous peine de graves lésions à la rétine pouvant conduire à la cécité.

2. Principe d'information : tous les élèves et les enseignants doivent être informés des risques liés à l'observation du soleil sans protection.

3. Principe de proportionnalité : en fonction des cycles et donc de l'âge des élèves, les mesures à mettre en place doivent être adaptées.

Par exemple, au cycle 1, il peut être recommandé de garder les élèves à l'intérieur du bâtiment.
 
Au cycle 2, il peut être recommandé de garder les élèves à l'intérieur du bâtiment ou d'échelonner les récréations afin de pouvoir mieux les surveiller.
 
Au cycle d'orientation, il peut être recommandé de garder les élèves à l'intérieur du bâtiment ou d'augmenter le nombre de surveillants pendant les récréations.
 
En fonction de leur situation locale, des directions d’établissement ont pu demander à leur équipe de garder les élèves à l’intérieur (j’ai quant à moi laissé l’autonomie à mes enseignants pour décider ce qu’ils pensaient être le mieux en fonction de leur réalité de classe), mais ce n’était qu'une recommandation éventuelle et en aucun cas une injonction du DIP.

Celui-ci n'a donc fait que d'appliquer le principe de précaution. Il y a fort à parier que les mêmes qui dénoncent cet acte responsable auraient crié au scandale s'il n'avait pas existé en cas d'accident! 

Une fois de plus, André Duval jette le discrédit sur le DIP sans informer correctement ses lectrices et lecteurs. Ceux-ci apprécieront.

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25/03/2015

Emotion différente pour les victimes des airs et de la route

1.jpgA chaque fois qu’un avion s’écrase, enfin plus spécialement quand il s’écrase pas trop loin de chez nous et/ou avec beaucoup de passagers européens, l’émotion est vive. Et cela se comprend parfaitement.

Plusieurs dizaines, voire centaines, de morts d’un seul coup, cela a de quoi marquer les esprits. Surtout que chacun ou presque prend l’avion et qu’il peut facilement s’identifier. Ce qui est évidemment moins le cas avec un bateau pneumatique qui va couler au milieu de la Méditerranée rempli de centaines de personnes cherchant à fuir la guerre, l’oppression ou une situation économique désastreuse. C’est humain.

L’émotion suscitée par les victimes des airs est inversement proportionnelle à celle suscitée par les victimes de la route, à l’exception là également des accidents de car qui font malheureusement souvent également beaucoup de morts.

Et pourtant, 70 personnes ont  trouvé chaque jour  la mort sur les routes de l’Union européenne en 2014, soit plus de 25 000 personnes. C’est comme si 167 Airbus de la compagnie Germanwings avec 150 passagers à bord, soit un tous les deux jours, s’étaient écrasés !

Une vraie catastrophe qu’on a pourtant trop souvent tendance à oublier quand bien même la plupart d’entre nous prend bien plus souvent la voiture que l’avion…

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24/03/2015

"Still Alice" et 7 autres films à l'affiche

FullSizeRender.jpgPerdre la mémoire en vieillissant, une des plus grande crainte de l’être humain. Que faire alors quand cela arrive à peine la cinquantaine entamée ? C’est le sujet à forte charge émotionnelle de « Still Alice ».

Professeur de linguistique réputée, mariée, mère de trois grands enfants, épanouie, Alice Howard présente les premiers signes de la maladie d’Alzheimer alors qu’elle vient de fêter ses 50 ans. Cette nouvelle va bien évidemment bouleverser sa vie et celle de son entourage. Luttant avec toute son énergie, son intelligence, le soutien plus ou moins efficace des siens et également la technologie moderne, Alice va mener ce combat, perdu d’avance, avec une grande dignité pour qu’on n’oublie pas qu’au-delà de sa perte de mémoire, elle demeure une personne à part entière.

Le film ne réserve guère de surprises dans son déroulement. Il est classique dans sa forme et les seconds rôles, le mari et les trois enfants, ne sont pas suffisamment développés. Mais il a une immense qualité qui vaut à elle seule la peine d’aller le voir : Julianne Moore. Fort justement récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice, elle est bouleversante de bout en bout. Voir à l’écran son regard s’éteindre petit à petit au fur et à mesure que la mémoire la quitte est du très grand art. Une performance qui vous scotche sur votre fauteuil au moment du générique de fin et qui fera sans nul doute date dans l’Histoire du cinéma. (3 étoiles)

Toujours à l'affiche

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

4 étoiles, « Birdman » : Ancienne star du grand écran mondialement connue pour avoir incarné le super héros « Birdman », Riggan Thomson (excellent Michael Keaton) est un acteur oublié qui tente de renouer avec son passé glorieux en montant une pièce de théâtre à Broadway. Magnifiquement filmé avec ses plans-séquences habilement montés qui donnent l’impression que les acteurs ont été suivis sans interruption du début à la fin du film, « Birdman », récompensé par 4 Oscar prestigieux (film, réalisateur, scénario et photographie) est une indéniable réussite sur le plan formel. Sur le fond, il faut du temps pour entrer dans le film et s’attacher aux personnages, mais ce défaut apparent n’en est pas vraiment un, car il n’est pas désagréable de voir son plaisir de spectateur augmenté au fur et à mesure de la projection. Si le film est un peu déroutant lors des scènes surréalistes du dernier tiers, elles prennent tout leur sens avec une fin qui réconcilie intelligemment Riggan Thomas avec « Birdman ». Brillant.

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

2 étoiles, « Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde qui met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu. Mais si l’idée de base du film est originale, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, le film oscillant ainsi sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même…

1 étoile, « American Sniper » : Difficile de rester neutre face à ce film, qui raconte l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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22/03/2015

Envie de cinéma? 9 films à conseiller...ou pas!

5 étoiles, « Whiplash » : Jusqu’où Andrew (Miles Teller) acceptera-t-il d’être rabaissé et humilié par son professeur pour réaliser son rêve de devenir un musicien d’exception ? Quelle limite Fletcher (J.K. Simmons, Oscar du meilleur second rôle masculin) est-il prêt à dépasser pour pousser son élève dans ses derniers retranchements pour qu’il donne plus que le maximum de lui-même ? Cette limite existe-t-elle ? Le film est porté par deux acteurs exceptionnels, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard et un montage tiré au cordeau. Le face à face entre le professeur et son élève atteint par moment des sommets d’intensité incroyables avec en particulier un dernier quart d’heure qui vous laisse scotché sur votre fauteuil au moment du générique de fin ! A ne pas rater !

Birdman.jpg4 étoiles, « Birdman » : Ancienne star du grand écran mondialement connue pour avoir incarné le super héros « Birdman », Riggan Thomson (excellent Michael Keaton) est un acteur oublié qui tente de renouer avec son passé glorieux en montant une pièce de théâtre à Broadway. Magnifiquement filmé avec ses plans-séquences habilement montés qui donnent l’impression que les acteurs ont été suivis sans interruption du début à la fin du film, « Birdman », récompensé par 4 Oscar prestigieux (film, réalisateur, scénario et photographie) est une indéniable réussite sur le plan formel. Sur le fond, il faut du temps pour entrer dans le film et s’attacher aux personnages, mais ce défaut apparent n’en est pas vraiment un, car il n’est pas désagréable de voir son plaisir de spectateur augmenté au fur et à mesure de la projection. Si le film est un peu déroutant lors des scènes surréalistes du dernier tiers, elles prennent tout leur sens avec une fin qui réconcilie intelligemment Riggan Thomas avec « Birdman ». Brillant. Imitation game.jpg

4 étoiles, « The Imitation Game » : Au début de la seconde guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien de génie, spécialiste en cryptologie, se voit confier par le gouvernement britannique la mission de percer avec sa petite équipe le secret d’Enigma, la machine de cryptage allemande réputée inviolable. Remarquablement interprété, avec une mention spéciale à  Benedict Cumberbatch, nominé aux Oscars, « The Imitation Game » réussit à la fois à brosser avec subtilité le portrait d’Alan Turing et à raconter une histoire non dénuée de suspense avec un montage très réussi. On regrettera toutefois que dans la toute dernière partie du film la descente aux enfers d’Alan Turing soit trop précipitée et manque par conséquent de consistance. Mais ce bémol mis à part, ce film est à recommander.

4 étoiles et 7 César mérités,  «Timbuktu »: Envahie par les djihadistes, Timbuktu va devoir renoncer à sa tranquillité, mais pas sans une certaine résistance. Face à la terreur imposée par une loi soi-disant divine, des femmes, principales victimes de cet ordre nouveau, vont trouver la force de s’y opposer quitte à y risquer leur vie. Il y a des moments très durs dans « Timbuktu », mais aussi des scènes d’une beauté et d’une poésie extraordinaires. Le film n’est pas non plus dénué d’humour quand il confronte les occupants à leurs limites « humaines ». C’est dans cette atmosphère lourde, toutefois rendue plus légère par des images absolument superbes,  que le film raconte en parallèle l’histoire de Kidane et de sa famille qui vivent paisiblement loin de cette terreur jusqu’au jour où leur destin les en rapprochera inexorablement…

Snow therapy.jpg3 étoiles, « Snow Therapy » : Vacances familiales dans les Alpes, pause déjeuner sur la terrasse du restaurant et tout à coup une avalanche qui s’approche dangereusement. Panique à bord. Tomas, le père, s’enfuit alors que la mère se retrouve seule pour protéger ses deux enfants. Plus de peur que de mal, l’avalanche s’est arrêtée au pied du restaurant. Mais elle a tout de même fait de gros dégâts au sein de la famille : le père a failli dans sa mission de protecteur et a perdu la confiance de son épouse et de ses enfants. « Snow Therapy » est une comédie grinçante, par moment jouissive par son côté cruel, qui s’attaque aux clichés de la famille « idéale », mais aussi au rôle de l’homme dans notre société occidentale. Le spectateur et la spectatrice sont forcément bousculés par ce qu’ils découvrent à l’écran et invités à se questionner sur eux-mêmes : qu’auraient-ils fait dans une situation comme celle-ci ? « Snow Therapy » est un film qui dérange et ne s’oublie pas une fois qu’il est terminé quand bien même on regrettera une fin pas à la hauteur du reste.

3 étoiles, « Une merveilleuse histoire du temps » retrace une vingtaine d’année de la vie hors du commun de l’astrophysicien Stephen Hawking (Eddie Redmayne, Oscar du meilleur acteur), soit du début des années 60 à la fin des années 70. Stephen Hawking souffre depuis le début de la vingtaine d’une maladie dégénérative qui l’a laissé presque complètement paralysé, mais à laquelle il a survécu alors qu’on lui avait prédit une espérance de vie de deux ans après le diagnostic ! Le film ne met pas au premier plan l’aspect scientifique de la vie de Stephen Hawking, tout de même bien présent, mais privilégie son combat contre la maladie, qu’il affronte avec courage et humour, et son histoire d’amour, indissociable de cette lutte, avec sa femme. Long métrage romantique qui évite le pathos, « une histoire merveilleuse du temps », malgré une deuxième partie qui tire un peu en longueur, est un film touchant et émouvant porté par un formidable duo d’acteurs. Il met non seulement en avant le génie de l’être humain, mais aussi tout ce dont il est capable, pour le meilleur, sur le plan relationnel. Une belle histoire.

3 étoiles, « La famille Bélier » : Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, ado de 16 ans qui joue plus souvent qu’à son tour les interprètes indispensables pour ses parents à la tête d’une exploitation agricole. Mais ce bel équilibre familial est menacé quand Paula décide de passer un concours de chant. Le début du film est laborieux et a tous les ingrédients de la comédie française bas de gamme. Karin Viard et François Damiens, les parents de Paula, sont à la limite de la caricature et les préoccupations d’ado de Paula franchement pas passionnantes. Et puis l’histoire prend tout à coup corps quand Paula (Louane Emera, César du meilleur espoir féminin) s’inscrit à la chorale dirigée par un prof désabusé (excellent Eric Elmosnino) qui ne jure que par le répertoire de…Michel Sardou. Dès ce moment-là, le film privilégie, avec bonheur, l’aspect émotionnel plutôt que comique. Un agréable divertissement.

FullSizeRender.jpg2 étoiles, « Papa ou maman » est une comédie familiale vacharde qui met en scène le couple Leroy entraîné dans une guerre sans merci afin de ne pas obtenir la garde de leurs trois enfants pour ne pas compromettre leur avenir professionnel. Il y a des scènes très drôles (le hamster !) où l’on rit de bon cœur, le couple Marina Foïs-Laurent Laffite fonctionne bien et le rythme est dans l’ensemble bien soutenu. Mais si l’idée de base du film est originale, « Papa ou maman » ne choisit pas vraiment son camp entre la simple comédie familiale et la comédie tragique, le film oscillant ainsi sans cesse entre deux eaux. Cela procure un sentiment d’inachevé. La fin mièvre est à ce titre emblématique. Dommage, il y avait mieux à faire, mais le succès auprès du public n’aurait sans doute pas été le même…

1 étoile, « American Sniper » : Difficile de rester neutre face à ce film, qui raconteFullSizeRender.jpg l’histoire vraie de Chris Kyle tireur d’élite particulièrement redoutable ayant officié en Irak entre 2004 et 2009, tant les valeurs qui y sont véhiculées peuvent être ressenties très différemment par les uns et les autres. Patriotisme, virilité et héroïsme dans tous les sens du terme pourront sans doute plaire à ceux qui aiment les films de guerre bien réalisés et bien joués, comme c’est le cas d’« American Sniper ». Mais pour les autres, il faudra une fois de plus assister aux scènes où le héros est humilié par ses formateurs, constater que si le tireur d’élite américain protège les siens, celui de l’adversaire est juste le dernier des salopards ou encore entrevoir les failles du héros presqu’aussi vite balayées afin de retourner au combat. Il y a bien ici ou là des réflexions sur l’utilité de la guerre, quelques rares remises en question du héros ou encore quelques scènes qui montrent les suites dévastatrices du combat pour les vétérans, mais elles ne sauraient remettre en question l’impression générale du film : une ode à la grande Amérique. Décevant.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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21/03/2015

Quid des droits humains en Tunisie?

Après l’horrible attentat qui s’est produit à Tunis, tous les observateurs ont mis en avant, à juste titre, le fait que la Tunisie était le seul pays arabe qui, suite au « printemps arabe », avait entamé un véritable processus démocratique. Et de souligner que celui-ci était fragile et que ses adversaires cherchaient à l’anéantir en commettant un acte odieux comme celui de cette semaine. Très bien.

Mais je n’ai lu nulle part que la Tunisie était également un pays qui ne respectait pas les droits humains, notamment en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre. L’homosexualité est en effet considérée comme un délit en Tunisie. Selon le Code pénal tunisien, les pratiques homosexuelles sont passibles de trois ans de prison ferme. Je connais personnellement deux Tunisiens qui ont fui l’année dernière leur pays pour cette raison et qui ont déposé une demande d’asile en Suisse.

Au début du mois de février, un Suédois a été condamné à deux ans de prison pour des actes homosexuels, deux semaines seulement après son arrestation. Cette condamnation a amené une porte-parole du ministère des Affaires étrangères suédois a déclaré à l’AFP qu’elle « avait discuté du cas avec des représentants tunisiens et souligné la conception de la Suède selon laquelle l’égalité des droits quelle que soit l’orientation sexuelle est un principe démocratique fondamental. » La présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM) a dénoncé la condamnation du ressortissant suédois en appelant les autorités tunisiennes à modifier le Code pénal.

L’émotion qui a frappé l’opinion publique après cet attentat, qu’il faut condamner avec toute l’énergie voulue, est légitime. Elle ne doit toutefois pas faire oublier qu’il y a encore bien des progrès à faire en matière de droits humains en Tunisie.

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