21/06/2015

L'abri PC, un problème. Vraiment?

Pourquoi tant d’agitation pour des requérants d’asile que l’on veut déplacer dans des abris PC ? Après tout, j’y ai aussi dormi trois semaines de suite lors d’un cours de répétition et je n’en suis pas mort. C’était en avril 1986, à Apple dans le canton de Vaud. J’avais 21 ans et je m’en souviens presque comme si c’était hier.

Il est vrai que cette date n’est pas banale et qu’elle renforce sans doute mes souvenirs. J’étais sous les drapeaux quand il y a eu l’accident nucléaire de Tchernobyl. Aujourd’hui encore, je ris jaune en me remémorant les ordres des mes supérieurs qui nous obligeaient à mettre notre pèlerine de pluie pour nous protéger des radiations…

Mais pour en revenir à ces trois semaines passées sous abri, je me souviens encore de ce sentiment d’être pris au piège, de cette promiscuité renforcée par l’absence de fenêtres, de cette lumière blafarde des néons, de cette odeur de renfermé, du ronronnement obsédant de la ventilation, de la gorge sèche au réveil à cause d’elle, de la joie de voir la lumière du jour chaque matin et de l’angoisse de me terrer comme un rat chaque soir.

Et ce ne fut « que » pendant trois semaines en connaissant la date de début et celle de fin. Je n’ose imaginer ce que l’on doit ressentir quand on ne connaît pas cette date de fin.

La solution des abris PC n’en est pas une pour accueillir des requérants d’asile. Le Conseil d’Etat doit proposer d’autres pistes. Question de dignité humaine, tout simplement.

Commentaires

En cas de guerre nucléaire les requérants seraient les seuls à s'en sortir.

Écrit par : norbert maendly | 21/06/2015

Merci pour cette description des difficultés de la vie dans un PC. La population consignée aux PC consiste des individus à qui on a refusé le droit de demander l'asile (On les appelle "NEM" : Non-Entrée en Matière)ou des personnes dont la demande de l'asile a été rejetée. Parmi eux, des déserteurs qui ont refusé de faire la guerre. (Ceci n'est pas jugé valable comme motif de demande d'asile.)Les refugiés que l'état de Genève loge dans les PC ne peuvent pas être renvoyés à cause de la situation dans leurs pays. L'Hospice Générale leur fournit une petite aide d'urgence dont ils se passeraient volontiers si ils pouvaient travailler, ce que la loi leur interdit. Si on va à leur rencontre ces jours-ci au Grütli, on peut apprécier leur besoin de vivre simplement, mais pas sous terre - l'expérience les renforce dans des souvenirs angoissants qu'ils n'aiment pas évoquer.

Écrit par : Carol Scheller | 21/06/2015

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