10/07/2015

Supprimer une discrimination en la remplaçant par une autre?

Texte paru dans la rubrique des lecteurs du Courrier dans son édition du 7 juillet sous le titre « Merci au PDC ? » à propos de l’initiative sur la discrimination des couples mariés et partenariés en matière fiscale.

Lors des votations finales de la session d’été, le Parlement a scellé le sort de l’initiative du PDC « Pour le couple et la famille – Non à la pénalisation du mariage ». C’est définitivement NON à ce texte qui veut mettre fin à la discrimination des couples mariés et partenariés en matière fiscale tout en créant une autre discrimination : inscrire dans la Constitution que « le mariage est l’union durable entre un homme et une femme », excluant ainsi pour longtemps le mariage civil pour toutes et tous s’il était voté.

Au-delà de la manière dont le PDC entend supprimer cette inégalité fiscale qui n’est pas partagée par tous les partis, certains lui préfèrent la taxation individuelle, c’est bien évidemment principalement la définition du mariage contenue dans cette initiative qui fait bondir les défenseurs de l’égalité des droits.

Faut-il rappeler qu’au niveau européen la Suisse est classée à la 31ème place sur 49 pour les droits des personnes homosexuelles et trans? Il est temps que notre pays adapte ses lois et ce n’est pas cette initiative rétrograde qui les fera avancer.

En 2016, le peuple suisse se prononcera sur ce texte et gageons que dans sa sagesse il ne mettra pas fin à la discrimination fiscale du mariage en créant une nouvelle discrimination. Le débat sur le mariage civil pour toutes et tous va inévitablement éclipser celui sur l’aspect fiscal de l’initiative. Il est regrettable qu’un texte qui ne respecte pas l’unité de la matière puisse être soumis en votation, mais peut-être que finalement il fera avancer la cause de l’égalité des droits et que l’on pourra alors remercier le PDC !

 

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