29/07/2015

"Une seconde mère", une comédie qui rend heureux (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgEn dehors des festivals, les films brésiliens sont plutôt rares sur nos écrans. « Une seconde mère » est une bonne occasion d’en découvrir un et de le faire avec plaisir comme le public l’a fait aux festivals de Sundance et de Berlin en lui attribuant son prix.

Depuis plus de dix ans Val (excellente Regina Casé actrice renommée au Brésil) est au service d’une famille riche de Sao Paulo. L’irruption de sa fille Jessica, qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, dans sa vie de bonne et dans celle de ses patrons va chambouler un équilibre familial qui est finalement, malgré les apparences, très fragile. Bousculant les conventions sociales par des actions qui n’ont pourtant rien d’extraordinaires, le passage de Jessica va déclencher une véritable tornade.

A la fois tendre, drôle, mais aussi parfois cruel, « une seconde mère », après un début un peu trop en douceur, emmène avec lui le spectateur dans cette histoire qui remet en question les conventions sociales avec un côté lutte des classes par moment jubilatoire. C’est parfois sans grande surprise, notamment la fin, mais en sortant de la salle on est heureux d’avoir passé un bon moment. C’est aussi ça le cinéma ! (3 étoiles)


Toujours à l’affiche

4 étoiles, « Amy ». Documentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images. Ill fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir. Mais il en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister impuissant à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

4 étoiles, « La loi du marché » s’ouvre sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité. Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry (Vincent Lindon, prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes) retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable.

3 étoiles, « Ant-Man ». Doté de pouvoirs qui lui permettent de se faire aussi petit qu'une fourmi, mais avec une force inversement proportionnelle à sa taille, « Ant-Man » va devoir affronter le méchant de service, lui aussi en possession de cette technologie, pour l'empêcher de la vendre à des fins guerrières. Rien de bien neuf par rapport au film de ce genre sur le fond, mais on n'en dira pas autant sur le forme. En effet, l'humour est omniprésent et on rit franchement à plusieurs reprises. Les clins d'œil aux Avengers, la bande de copains déjantée de Scott ou encore les effets comiques dûs au contraste "grand-petit" sont très drôles. Les effets spéciaux sont formidables. Ils sont au service du film et non le contraire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de production. Au final, un divertissement de bonne facture avec, en plus, un excellent casting.

1 étoile, « Magic Mike XXL ». Trois ans se sont écoulés depuis que Magic Mike a mis un terme à sa vie de stripteaseur au sein des Kings of Tampa qui ont décidé à leur tour de mettre fin à leur carrière. Mais ils veulent le faire en beauté en enflammant une dernière fois la scène avec un spectacle grandiose et avec leur ancienne vedette, Magic Mike. Une fois celui-ci convaincu, c'est parti pour un road movie avec des rencontres des plus improbables qui sont prétexte à autant de scènes de drague et de striptease, pour la plupart lourdingues et avec des dialogues d'une indigence rare, mais heureusement sur une bande musicale qui échappe au naufrage général. Certes, les acteurs sont bien foutus, mais c'est le moins que l'on puisse attendre d'un film de ce genre, et les vingt dernières minutes sont plutôt réussies. Pas de quoi toutefois effacer l'impression générale que la suite de "Magic Mike" est un navet XXL.

 

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

25/07/2015

"Amy", la course à l'abîme

FullSizeRender.jpgCe sous-titre, emprunté au remarquable ouvrage de Dominique Fernandez sur le Caravage, un des plus grands peintres de tous les temps, résume parfaitement le sentiment qui traverse le spectateur tout au long de « Amy » (1).

Documentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images. Il ne vous lâche plus jusqu’à la fin que l’on sait fatale dès le début, mais que l’on souhaiterait pourtant différente.

Cette remarque en dit long sur la qualité du film : il fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir.

Mais il en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister, impuissant, à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

Il n’est pas nécessaire d’aimer la musique d’Amy Winehouse pour apprécier cet excellent documentaire, même si le film une fois terminé l’envie de l’écouter est très forte, car elle résonne alors différemment. (4 étoiles)

(1) Dominique Fernandez, La course à l’abîme, éd. Grasset et Fasquelle, 2002.

Toujours à l’affiche

4 étoiles, « La loi du marché » s’ouvre sur un plan de profil de Thierry qui fait part pendant quelques minutes à son placeur de son désarroi après sa période de chômage qui s’approche gentiment de la fin. Le ton du film est donné avec cette première scène : criant de vérité. Mais « La loi du marché » est bel et bien une fiction, certes « réaliste », avec une tension dramatique dans sa deuxième partie quand Thierry (Vincent Lindon, prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes) retrouve un emploi de vigile dans un supermarché. Confronté de par sa nouvelle fonction à une certaine détresse humaine qui le renvoie à sa situation personnelle et à un dilemme moral, Thierry sera-t-il prêt à tout pour garder son emploi ? C’est tout l’enjeu de ce film hautement recommandable.

3 étoiles, « Ant-Man ». Doté de pouvoirs qui lui permettent de se faire aussi petit qu'une fourmi, mais avec une force inversement proportionnelle à sa taille, « Ant-Man » va devoir affronter le méchant de service, lui aussi en possession de cette technologie, pour l'empêcher de la vendre à des fins guerrières. Rien de bien neuf par rapport au film de ce genre sur le fond, mais on n'en dira pas autant sur le forme. En effet, l'humour est omniprésent et on rit franchement à plusieurs reprises. Les clins d'œil aux Avengers, la bande de copains déjantée de Scott ou encore les effets comiques dûs au contraste "grand-petit" sont très drôles. Les effets spéciaux sont formidables. Ils sont au service du film et non le contraire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de production. Au final, un divertissement de bonne facture avec, en plus, un excellent casting.

1 étoile, « Magic Mike XXL ». Trois ans se sont écoulés depuis que Magic Mike a mis un terme à sa vie de stripteaseur au sein des Kings of Tampa qui ont décidé à leur tour de mettre fin à leur carrière. Mais ils veulent le faire en beauté en enflammant une dernière fois la scène avec un spectacle grandiose et avec leur ancienne vedette, Magic Mike. Une fois celui-ci convaincu, c'est parti pour un road movie avec des rencontres des plus improbables qui sont prétexte à autant de scènes de drague et de striptease, pour la plupart lourdingues et avec des dialogues d'une indigence rare, mais heureusement sur une bande musicale qui échappe au naufrage général. Certes, les acteurs sont bien foutus, mais c'est le moins que l'on puisse attendre d'un film de ce genre, et les vingt dernières minutes sont plutôt réussies. Pas de quoi toutefois effacer l'impression générale que la suite de "Magic Mike" est un navet XXL.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

23/07/2015

"D'autres vies que la mienne"

FullSizeRender.jpgQuel talent pour écrire un livre tel que celui-ci! Emmanuel Carrère, l'auteur de ce chef d'œuvre paru en 2009, raconte deux événements traumatisants, qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, qu'il a vécus en très peu de temps: la mort accidentelle d'une enfant lors du tsunami de 2004 et la mort suite à un cancer d'une jeune mère, sa belle-sœur.

Livre de commande, ou plutôt de défi tant il est difficile d'écrire sur la réalité et de la décrire, il l'honore avec un tact extraordinaire à la lumière des témoignages qu'il a recueillis auprès de leurs proches, redonnant ainsi vie aux deux disparues.

Bouleversant de la première à la dernière page, des pauses s'imposent dans la lecture tant l'émotion est parfois forte, brillamment écrit, profondément humain, il est question, on l'aura compris, dans "D'autres vies que la mienne" de mort et de maladie, mais aussi de justice et surtout d'amour.

De la vie, tout simplement.

Merci à celui qui me l'a offert, je l'offrirai à mon tour, car c'est un vrai cadeau non seulement sur le plan littéraire, mais aussi sur celui de notre condition d'être humain. Assurément un des dix meilleures livres que j'aie jamais lu.