12/10/2015

"Sicario": âmes sensibles s'abstenir (et 7 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpg« Sicario » signifie « tueur à gages » en espagnol. Et des morts il y en aura par dizaines dans ce film qui se déroule sur fond de règlements de compte dans la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique devenu un territoire de non-droit. Les cartels sont des vrais groupes militarisés qui font la loi. C’est dans ce contexte qu’une jeune recrue idéaliste du FBI est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement à lutter contre le trafic de drogue. Elle comprendra petit à petit que les choses ne sont pas si simples…

« Sicario » offre quelques moments à très haute tension, renforcée par une superbe musique, d’une formidable maîtrise technique comme la scène d’ouverture, l’épisode au péage de la frontière, celui dans le tunnel ou encore lors du face à face entre le tueur à gages et le chef du cartel. Mais entre ces moments forts, le rythme est souvent lent et l’ennui guette. Le scénario est parfois compliqué à comprendre ce qui accentue les risques de décrocher au même titre d’ailleurs que l’extrême violence de certaines scènes : est-il vraiment nécessaire d’en montrer autant ? Si « Sicario » est donc irréprochable sur la forme, acteurs compris, on n’en dira pas autant du fond : âmes sensibles s’abstenir. (2 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Le tout nouveau Testament saison ». Si Dieu est parfaitement abject (Benoît Poelvoorde sensationnel), mais tellement drôle, son épouse (Yolande Moreau géniale) et surtout sa fille Ea (Pili Groyne remarquable) font preuve de beaucoup…d’humanité ! C’est d’ailleurs en quittant le royaume des cieux pour échapper à son horrible père qu’Ea, après avoir semé la zizanie sur Terre en balançant par SMS les dates de décès de tout le monde pour se venger de son géniteur, va faire écrire un tout nouveau Testament, fruit de sa rencontre avec six personnages, les six nouveaux apôtres. Six évangiles qui sont surréalistes, et donc complètement déjantées, et portées par de formidables acteurs, dont Catherine Deneuve. Le film est truffé de gags très drôles qui tombent fort à propos quand son rythme menace de baisser. Les clins d’œil bibliques sont hilarants. La fin est à l’image du reste du film, très réussie. A ne pas manquer.

4 étoiles, « Marguerite ». Paris, 1920. Marguerite  Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent,  ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge. Au fur et à mesure que l’action évolue, les rires du début laissent la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite (merveilleuse Catherine Frot) qui est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

4 étoiles, « Mission impossible : Rogue Nation». Un cinquième épisode qui, certes, ne fait pas preuve d’une folle originalité, mais qui ravira les amateurs de films d’action et bien entendu de la série. Pas un seul temps mort, un scénario qui comporte tous les ingrédients qui composent ce genre de film, une dose d’humour, un excellent casting avec un Tom Cruise au top de sa forme et le plaisir de retrouver une fois de plus les éléments qui ont fait le succès de la série télévisée : une équipe qui met les talents variés de ses membres au service du « bien », une longueur d’avance en matière de technologie, les fameux masques et, last but not least, la formidable musique de Lalo Schifrin qui 50 ans après sa création met les frissons aux fans dès la première note du générique. Vivement le sixième épisode !

4 étoiles, « Amy ». Documentaire sur la vie de la très talentueuse chanteuse anglaise Amy Winehouse qui connut une vie aussi brève que tumultueuse, le film du réalisateur Asif Kapadia vous prend à la gorge dès les premières images. Ill fait si bien revivre Amy Winehouse grâce à sa musique, à des images d’archives, des témoignages de ses proches et des interviews de la chanteuse que l’on espère jusqu’au bout qu’elle finira par s’en sortir. Mais il en est bien évidemment rien. Et le spectateur d’assister impuissant à cette descente aux enfers presque irréelle, tant elle est par moment ponctuée de scènes violentes et bouleversantes. Voyeurisme ? Plutôt un hommage brillant à une personnalité hors du commun qui n’avait pas les épaules assez larges pour assumer une célébrité qui l’a poussée vers un abîme dont l’origine remontait déjà à son enfance.

3 étoiles, « Dheepan ». Ancien soldat voulant fuir l’horreur de la guerre civile au Sri Lanka, Dheepan, pour augmenter ses chances de trouver l’asile en Europe, fait passer une jeune femme et une fillette, rencontrées dans un camp de réfugiés, pour des membres de sa famille. Arrivé en France, il trouve un emploi de gardien dans une cité glauque où des voyous règnent en maître. C’est dans cette atmosphère lourde que Dheepan et sa famille fictive vont tenter de se (re)construire et, pourquoi pas, former un vrai foyer. « Dheepan » est un film constamment sous tension, avec tout de même quelques longueurs, où peut surgir à chaque instant le pire comme le meilleur. Les personnages qui le composent sont des êtres écorchés vifs prêts à tout faire exploser si on les chatouille de trop prêts. Remarquablement bien joué, la Palme d’or 2015 est un film parfaitement maîtrisé aux allures de rédemption et de nouveau départ.

3 étoiles, « Une seconde mère ». Depuis plus de dix ans Val (excellente Regina Casé actrice renommée au Brésil) est au service d’une famille riche de Sao Paulo. L’irruption de sa fille Jessica, qu’elle n’a pas vue depuis des lustres, dans sa vie de bonne et dans celle de ses patrons va chambouler un équilibre familial qui est finalement, malgré les apparences, très fragile. Bousculant les conventions sociales par des actions qui n’ont pourtant rien d’extraordinaires, le passage de Jessica va déclencher une véritable tornade. A la fois tendre, drôle, mais aussi parfois cruel, « une seconde mère », après un début un peu trop en douceur, emmène avec lui le spectateur dans cette histoire qui remet en question les conventions sociales avec un côté lutte des classes par moment jubilatoire. C’est parfois sans grande surprise, notamment la fin, mais en sortant de la salle on est heureux d’avoir passé un bon moment.

2 étoiles, « Everest ». Le film relate une expédition tragique qui s’est déroulée sur le toit du monde au printemps 1996. Après une mise en place des personnages pas vraiment passionnante, l’ascension peut commencer et avec elle un nombre impressionnant d’obstacles qui vont se dresser devant les alpinistes. Si le film n’était pas basé sur une histoire vraie, on serait tenté de dire que c’est presque trop ou quand la réalité dépasse la fiction.  « Everest »  se laisse voir : les images sont magnifiques, mais c’est le moins que l’on puisse attendre d’un film qui se déroule dans ce décor magnifique. Les acteurs sont tous à la hauteur, c’est le cas de le dire, et certaines scènes sont poignantes. Mais au final, on reste un peu sur sa faim, l’émotion n’étant pas suffisamment au rendez-vous, comme si les éléments naturels finissaient par vous rattraper et vous glacer le sang.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

Commentaires

"Sicario" signifie en français "sicaire". Mais peut-être ne savez-vous pas qui étaient les sicaires?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sicaires

Autrement dit ils étaient les partisans sous les ordres de Jésus, comme le montrent plusieurs passages de la "bonne nouvelle".

Écrit par : Johann | 13/10/2015

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