28/10/2015

On nous prend pour des c...

Ainsi, Eveline Widmer-Schlumpf ne se représentera pas pour un nouveau mandat au Conseil fédéral. Voilà qui n’est pas vraiment à proprement parler une surprise. Quelles que soient les raisons, plutôt personnelles selon elle, sa très probable non-réélection a forcément pesé dans sa décision.

La véritable surprise est qu’elle ait au cours de sa conférence de presse déclaré qu’elle avait annoncé sa décision aux partis du centre, le lendemain des élections !

Ainsi, pendant dix jours on a pris les électrices et les électeurs, mais également les médias, pour des c… laissant planer un suspense qui n’en était pas, ce qui a permis au président du PDC de faire son cirque en se déclarant tout à coup favorable à un second siège de l’UDC. On comprend mieux pourquoi aujourd’hui.

Il est à noter d’ailleurs que le PDC n’a même pas attendu la fin de la conférence de presse d’Eveline Widmer-Schlumpf pour envoyer son communiqué de presse. Cette manière d'agir atteste bien du fait que la nouvelle était connue bien avant et qu’elle allait fuiter, ce qui a vraisemblablement obligé la Conseillère fédérale à faire sa déclaration aujourd’hui plutôt qu’au congrès du PBD de samedi prochain.

Bref ! Un jeu de dupes qui ne renforcera pas la crédibilité des politiciennes et politiciens auprès de la population qui vote encore et qui profitera, une nouvelle fois, avant tout aux partis populistes.

23/10/2015

La candidature inutilement dangereuse de Benoît Genecand

Il y aura donc cinq candidate-s pour le second tour à l'élection du Conseil des États: le duo sortant de gauche affrontera le duo de la droite très à droite, duel qui sera arbitré par l'unique candidat de la droite moins à droite après le retrait du candidat du centre droit pour donner plus de chance à celui de la droite moins à droite. Vraiment? 

Il est fortement permis de douter que cette stratégie soit gagnante, car les électrices et électeurs de l'Entente ne voteront pas toutes et tous uniquement pour Benoît Genecand. Elles et ils ajouteront en partie un-e deuxième candidat-e sur leur liste ne voulant pas laisser le choix du second siège aux autres votant-e-s.

On imagine en effet mal l'électorat démocrate-chrétien, et même une partie de celui du PLR, prendre le risque de faire élire un des deux représentants de la Nouvelle Force, ce qui serait un véritable camouflet pour l'Entente qui ne se reconnaît pas dans le vote du 9 février 2014. 

Et donc en ajoutant sur leur bulletin de vote la candidate socialiste ou le candidat vert, ces électrices et électeurs affaibliront d'autant la candidature de l'Entente. Mais en ne le faisant pas, elles et ils ouvrent la voie à une possible élection du candidat de l'UDC, celui du MCG paraissant d'ores et déjà hors course, d'autant plus qu'une partie de l'électorat du PLR ajoutera le candidat de l'UDC sur son bulletin de vote!

C'est pourquoi, la candidature solitaire de Benoît Genecand est inutilement dangereuse, car elle pourrait favoriser un candidat qui souhaite que la Suisse se barricade, ce qui n'est pas, en tout cas jusqu'à présent, la politique de l'Entente. Il aurait fallu par conséquent soit repartir avec un ticket PLR-PDC soit laisser le champ libre au duo sortant, mais surtout pas présenter un seul candidat.

A moins bien évidemment que la stratégie secrète de l'Entente soit de faire élire, mine de rien, Liliane Maury-Pasquier-Robert Cramer, son électorat se rendant compte que c'est finalement le seul moyen de barrer à 100% la route de là Nouvelle force. Et alors là, chapeau bas! 

18/10/2015

Le triomphe de la Suisse conservatrice

Les sondages avaient, hélas, raison. La Suisse qui a peur, la Suisse qui se replie sur elle-même, la Suisse qui s'oppose à l'égalité des droits, la Suisse qui défend les intérêts d'une minorité en y faisant adhérer une majorité, beau tour de force il est vrai réalisé à coups de millions dépensés en frais de campagne dans la plus grande opacité, bref, la Suisse conservatrice a triomphé avec un tiers du Conseil national aux mains de l'UDC qui récolte 11 sièges de plus.

Même si ce résultat était attendu, il n'en demeure pas moins que la baisse marquée du centre et le léger recul du parti socialiste est un choc pour toutes celles et ceux qui croient en une Suisse ouverte aux autres et soucieuse de son environnement. Un vote qui ne comporte aucune vision d'avenir, un vote désenchanté, un vote auquel la moitié des Suisses n'a pas daigné participer, dont beaucoup de jeunes, renforçant ce sentiment de désenchantement et de repli sur soi. Et pourtant, on ne peut pas dire que la population suisse soit la plus défavorisée du monde. Difficile à comprendre.

Il faut toutefois en démocratie accepter le verdict du peuple qui a, paraît-il, toujours raison, quitte à en avoir des maux de ventre, et ne pas céder au découragement, nos institutions offrant la possibilité, grâce aux droits d'initiative et de référendum, de s'exprimer en tout temps, ou presque. La déception passée, les partisans d'une Suisse qui se construit "avec" et non pas "contre" repartiront au combat pour les prochaines élections.

Et pour Genève l'attente sera brève, puisque c'est déjà dans moins de trois semaines qu'aura lieu le deuxième tour pour le Conseil des États et donc l'opportunité de voter pour deux représentants de cette Suisse progressiste.