16/11/2015

"La dernière leçon": tout en délicatesse (et 5 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgLe droit de choisir le moment de sa mort est le sujet délicat abordé dans « La dernière leçon » adapté du récit autobiographique de Noëlle Châtelet paru en 2005.

Madeleine annonce le jour de ses 92 ans à sa famille qu’elle mettra fin à ses jours prochainement. Sa déchéance lui est devenue insupportable et elle veut pouvoir le faire avant qu’il ne soit trop tard. Elle compte sur la compréhension des siens pour l’accompagner dans cette dernière étape de sa vie. Comme on peut aisément l’imaginer, cette annonce va déclencher des réactions en chaîne et des conflits entre une fille qui essaye de comprendre la démarche de sa mère, un frère qui la rejette totalement et un petit-fils qui hésite entre les deux.

Remarquablement bien joué par Marthe Villalonga et Sandrine Bonnaire, « La dernière leçon » est un film émouvant qui évite toutefois le pathos grâce à ses deux interprètes principales et à une construction du film où alternent des moments tristes, drôles, tendres et lumineux.

Certes, le film n’est pas exempt de défauts, à commencer par des scènes peu vraisemblables (l’accouchement, le footing avec l’aide-soignant), des seconds rôles pas assez développés ou encore une fin qui traîne un peu trop en longueur. Mais ces maladresses n’enlèvent en rien la force du propos du film qui invite, sans jugement, le spectateur à se mettre aussi bien à la place de Madeleine qu’à celle de sa fille ou de son fils en se demandant ce qu’il ferait à leur place. (3 étoiles).

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Seul sur Mars ». Lors d’une expédition sur Mars, une terrible tempête oblige l’équipe à décoller précipitamment de la planète rouge. L’astronaute Mark Watney (Matt Damon), après avoir été heurté violemment par un  objet, perd le contact avec ses camarades qui n’ont pas d’autre choix que de le laisser, le pensant mortellement blessé. Les aventures d’un homme seul, dans ce qui ressemble à un désert orange, pourraient a priori retenir celles et ceux qui auraient peur de s’ennuyer.  Ce serait une grave erreur, car on ne s’ennuie pas une seule seconde dans « Seul sur Mars ». Grâce à un excellent scénario, une adaptation du roman d’Andy Weir, il y a de l’action en permanence et le suspense, à la limite du soutenable dans la dernière partie, est présent de bout en bout. Les décors sont grandioses et la réalisation de Ridley Scott, un grand habitué des super productions, excellente.

4 étoiles, « Marguerite ». Paris, 1920. Marguerite  Dumont se produit régulièrement devant un cercle d’habitués de la haute bourgeoisie pour donner des récitals. Elle chante tragiquement faux, mais personne n’a jamais osé le lui dire, et surtout pas son mari qui n’en peut plus. Tout cela ne serait pas si grave si un jour Marguerite, flattée par deux jeunes qui la manipulent,  ne se mettait pas en tête de se produire devant un vrai public où la vérité pourrait bien alors lui sauter à la...gorge. Au fur et à mesure que l’action évolue, les rires du début laissent la place à l’émotion et le spectateur s’attache de plus en plus au personnage de Marguerite (merveilleuse Catherine Frot) qui est à l’image de la fleur qui porte son nom : on l’aime d’abord un peu, puis beaucoup et enfin passionnément.

2 étoiles, « « 007 Spectre ». Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, le soufflé retombe très vite après le générique. L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales qui font voyager le spectateur, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin. Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !) qui ne restera pas dans les annales de la série.

2 étoiles, « Sicario ». Le film se déroule sur fond de règlements de compte dans la zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique devenu un territoire de non-droit. Les cartels sont des vrais groupes militarisés qui font la loi. C’est dans ce contexte qu’une agente du FBI est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement à lutter contre le trafic de drogue. « Sicario » offre quelques moments à très haute tension d’une formidable maîtrise technique comme la scène d’ouverture, l’épisode au péage de la frontière, celui dans le tunnel ou encore lors du face à face entre le tueur à gages et le chef du cartel. Mais entre ces moments forts, le rythme est souvent lent et l’ennui guette. Le scénario complexe accentue les risques de décrocher au même titre que l’extrême violence de certaines scènes. Si « Sicario » est donc irréprochable sur la forme, acteurs compris, on n’en dira pas autant du fond : âmes sensibles s’abstenir.

2 étoiles, « Everest ». Le film relate une expédition tragique qui s’est déroulée sur le toit du monde au printemps 1996. Après une mise en place des personnages pas vraiment passionnante, l’ascension peut commencer et avec elle un nombre impressionnant d’obstacles qui vont se dresser devant les alpinistes. Si le film n’était pas basé sur une histoire vraie, on serait tenté de dire que c’est presque trop ou quand la réalité dépasse la fiction.  « Everest »  se laisse voir : les images sont magnifiques, mais c’est le moins que l’on puisse attendre d’un film qui se déroule dans ce décor magnifique. Les acteurs sont tous à la hauteur, c’est le cas de le dire, et certaines scènes sont poignantes. Mais au final, on reste un peu sur sa faim, l’émotion n’étant pas suffisamment au rendez-vous, comme si les éléments naturels finissaient par vous rattraper et vous glacer le sang.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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