25/11/2015

Etat protecteur ou Etat flic?

FullSizeRender.jpgC’est la question, volontairement réductrice et provocatrice, que le peuple suisse pourrait être amené à trancher si le référendum en cours contre la loi sur le renseignement (LRens) devait aboutir d’ici au 14 janvier 2016. Ce débat, qu’il est hautement souhaitable d’avoir dans le cadre d’une votation populaire, car trop important pour le laisser dans les seules mains des parlementaires, est d’une actualité brûlante après les attentats de Paris.

Faut-il sacrifier nos libertés pour une illusion de protection, comme le prétendent les adversaires de la loi, ou alors moderniser le service des renseignements (SRC) pour qu’il soit en adéquation avec les risques et les menaces d’aujourd’hui, comme le mettent en avant ses partisans ?

Les défenseurs de la loi affirment que le risque d’une surveillance généralisée des citoyennes et citoyens n’est pas réel, car seules les communications de suspects seront surveillées après l’aval du Tribunal administratif fédéral, puis du Conseiller fédéral en charge du département de la défense (pas vraiment rassurant quand on sait qui est sa tête actuellement…).

Ils oublient toutefois d’ajouter qu’en cas d’urgence (comment définit-on l’urgence ?) le feu vert pourra être demandé a posteriori (et s’il est refusé ?) et surtout que le SRC pourra se passer de l'autorisation d’un juge pour observer et enregistrer des événements dans des lieux publics comme dans la sphère privée.

Quant aux référendaires, ils rappellent à celles et ceux qui l’auraient oublié, ou qui sont trop jeunes pour l’avoir connu, le scandale des fiches, et soulignent que cette loi représente une attaque contre les droits fondamentaux tels que la protection de la sphère privée et la liberté d’expression. Quant à la question de savoir si les attentats de Paris ne plaident pas justement en faveur de la LRens, ils répondent que c’est exactement le contraire, puisque cela ne les a pas empêchés.

A ce titre, la NSA (que n’a-t-on pas entendu sur le service de renseignements américain après les révélations d’Edward Snowden, certain-e-s ont la mémoire très courte) récolte mensuellement plus de 500 milliards d’informations dans le monde et cela n’a effectivement pas permis de déjouer les attentats de Boston ou de Paris.

D’où la question de savoir s’il faut voter une loi qui ne résoudra rien en matière de terrorisme, mais qui, par contre, diminuera la liberté de celles et ceux, croyant sans doute bien faire, l’adopteront. Bel autogoal qu’il y a fort à parier, compte tenu du contexte actuel, le peuple suisse ne manquera pas de se marquer suite à la campagne basée sur la peur que feront ses partisans.

A condition bien entendu que le référendum aboutisse (LRens-3.pdf), ce qui est indispensable pour que ce débat fondamental sur « jusqu’où sommes-nous prêts à sacrifier nos libertés au nom de la sécurité » puisse avoir lieu.

Commentaires

La question est surtout, à quel niveau de danger sommes-nous.

Dans une guerre classique, la diminution de la liberté s'impose sans que l'on se pose de questions. Le danger est quotidien, les victimes aussi.

Dans le cas actuel, nous ne sommes pas face à une guerre mais à un danger réel. Les services de renseignements empêchent des attentats, sans être 100% efficace.
La question est, combien de morts admissible par année pour quelle liberté.

L'autre aspect est qu'un pays avec un service de renseignement peu développé va devenir le pays rêvé pour chaque terroristes qui prépare un attentat en Europe. Cela accroit le danger pour l'Europe, et par suite logique, le pays devient aussi la cible de services de renseignements étrangers.

Les lois sont faîtes pour changer et pour s'y adapter.
Lorsqu'il s'agit de diminuer la liberté pour plus de sécurité, il serait bien que les lois soient définis pour une durée limité, avec renouvellement si nécessaire.

Écrit par : Glob | 25/11/2015

« Lorsqu'il s'agit de diminuer la liberté pour plus de sécurité, il serait bien que les lois soient définis pour une durée limité, avec renouvellement si nécessaire. »

Rien aujourd'hui n'empêche les législateurs d'inclure dans les nouvelles lois des délais d'expiration. Si tel n'est aujourd'hui pas le cas, c'est qu'il s'agit d'une volonté politique.

Écrit par : Rambozo Jones | 25/11/2015

Liberté, Liberté, ... Liberté.
Vous n'avez que ce mot à la bouche.
Et de quelle manière votre "Liberté" serait-elle réduite ?
Avez-vous des choses à cacher ?
Consultez-vous des sites peu recommandables ?
Ecrivez-vous des textes de haine ?
Pour ma part je me fous complètement qu'un cheval de Troie scrute mes fichiers. Il n'y a rien à y voir.
Ou plutôt si : Cela fait des années que je m'insurge contre le niveau informatique déplorable du SRC. On a exactement 5 métros de retard par rapport aux pays qui ont mis le paquet sur le renseignement. Comme dans les années 60 où on s'exerçait encore avec des canons 20mm (très efficaces contre un avion de tourisme) contre des avions à réaction.
Et dans votre naïveté vous refusez à votre pays, la Suisse, d'employer les méthodes de la NSA, du MI6, d'Israël, des russes ou des chinois. Et vous croyez que votre petit ordinateur n'est pas déjà surveillé ?
C'est de l'inconscience à moins que ce ne soit de la bêtise.

Écrit par : Lambert | 26/11/2015

« Lorsqu'il s'agit de diminuer la liberté pour plus de sécurité, il serait bien que les lois soient définis pour une durée limité, avec renouvellement si nécessaire. »

Rien aujourd'hui n'empêche les législateurs d'inclure dans les nouvelles lois des délais d'expiration. Si tel n'est aujourd'hui pas le cas, c'est qu'il s'agit d'une volonté politique.

Écrit par : Chuck Jones | 27/11/2015

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