27/12/2015

Des films à voir pendant les fêtes

4 étoiles, « L’hermine ». Président de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide. Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui oscille entre ombre et lumière et fait également la part belle aux seconds rôles tous excellents.

3 étoiles, « Les Suffragettes ». Londres 1912. Mariée, mère d’un enfant, Maud travaille très dur depuis l’âge de sept ans dans une blanchisserie où les femmes sont exploitées, voire abusées, par leur patron. Les circonstances vont l’amener à rejoindre les Suffragettes et à s’y engager au risque de perdre sa famille, son emploi, voire sa liberté. Les décors, les costumes, la lumière, un tableau brossé avec justesse des mentalités de l’époque permettent de se plonger dans l’ambiance du film dès les premières secondes. Les personnages sont fort bien joués par des comédiennes de talent et  l’histoire est rondement menée. Pourtant, malgré toutes ces indéniables qualités, il manque aux « Suffragettes » un brin de folie qui aurait permis de dépasser le côté trop académique du film et d’y mettre plus d’émotions. Il n’en demeure pas moins que « Les Suffragettes » est un bel hommage à toutes les femmes qui se sont battues, et se battent encore, pour l’égalité des droits.

2 étoiles, « Un + Une ». Rencontre entre un homme et une femme, l’amour, les obstacles à l’amour, le destin, la spiritualité, le tout dans un décor naturel, l’Inde, et sur une musique qui est elle-même au coeur du film dans une mise en abyme, le dernier Lelouch est fidèle à ses thèmes de prédilection. Porté par un Jean Dujardin au mieux de sa forme, « Un + Une » raconte l’histoire d’Antoine qui se rend en Inde pour composer la musique du film  « Juliette et Roméo ». Ce long métrage ne sera pas sans faire écho à ce qu’il va vivre avec la femme de l’ambassadeur de France jouée par Elsa Zylberstein. Road movie qui met en valeur une Inde de cartes postales, « Un + Une » se laisse voir sans déplaisir. Pas sûr toutefois que cette comédie romantique pas toujours crédible, mais c’est ce qui fait aussi (un peu) son charme, augmentera le nombre des admirateurs de Claude Lelouch, car elle réserve peu de surprises.

2 étoiles, « Mia Madre ». Réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre, Margherita se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère. Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions. Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles, « « 007 Spectre ». Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, le soufflé retombe très vite après le générique. L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales qui font voyager le spectateur, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin. Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !) qui ne restera pas dans les annales de la série.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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