17/01/2016

Cinéma: les dernières sorties de 2015

FullSizeRender.jpgAvant d’entamer la nouvelle année cinématographique, il y a encore de très bons films à l’affiche sortis en décembre 2015 et parmi eux l’excellent « Pont des espions », la bonne surprise constituée par « Monsieur Sim » ou encore la remarquable direction d’acteurs dans « Le nouveau ». Critique des films sortis en 2015 et qui sont toujours à l’affiche.

4 étoiles, « Le pont des espions ». D’après l’histoire vraie de James Donovan (excellent Tom Hanks) recruté contre sa volonté par la CIA pour donner l’illusion d’une défense à un espion russe et qui va se retrouver bien malgré lui à devoir accomplir une mission quasi impossible en pleine guerre froide. Brillamment mis en scène par Steven Spielberg dans une atmosphère parfaitement reconstituée de cette fin des années 50 synonyme de haute tension entre l’Ouest et l’Est, « Le pont des espions » est un film de haute voltige à l’image des négociations menées par son héros, qui n’a pourtant rien fait pour en être un. Prenant du début à la fin, « Le pont des espions » mérite amplement sa nomination pour l’Oscar du meilleur film de 2015.

4 étoiles, « L’hermine ». Président de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide. Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui oscille entre ombre et lumière et fait également la part belle aux seconds rôles tous excellents.

3 étoiles, « La vie très privée de Monsieur Sim ». Monsieur Sim est déprimé. Et il y a de quoi. Au chômage, quitté par sa femme, peu à l’aise dans ses relations avec son adolescente de fille, ignoré par son père, il va néanmoins recevoir une proposition de travail qui va l’emmener sur les routes. Au gré des rencontres et des kilomètres, il va petit à petit faire des découvertes sur son entourage et sur lui-même. Débutant comme une comédie très drôle, « La vie très privée de Monsieur Sim » se transforme au fil des minutes en road movie tendre et de plus en plus touchant avec une très belle fin. Porté par un Jean-Pierre Bacri au sommet de sa forme, « La vie très privée de Monsieur Sim » est l’une des bonnes surprises de la fin de l’année cinématographique de 2015.

3 étoiles, « Le nouveau ». Fraichement arrivé dans son nouveau collège, Benoit ne va pas recevoir l’accueil qu’il espérait de la part de ces nouveaux camarades plus enclin à le mettre sur la touche qu’à l’intégrer au sein de la classe. Rejeté, il va néanmoins trouver auprès de celles et ceux qui subissent le même sort que lui de formidables ressources pour rebondir dans ce milieu hostile. La grande force de ce film est ses acteurs, et donc également leur direction, absolument tous formidables. Ils jouent juste et du coup cette histoire, pourtant pas des plus originale, en devient extrêmement touchante et plaisante.

3 étoiles, « Les Suffragettes ». Londres 1912. Mariée, mère d’un enfant, Maud travaille très dur depuis l’âge de sept ans dans une blanchisserie où les femmes sont exploitées, voire abusées, par leur patron. Les circonstances vont l’amener à rejoindre les Suffragettes et à s’y engager au risque de perdre sa famille, son emploi, voire sa liberté. Les décors, les costumes, la lumière, un tableau brossé avec justesse des mentalités de l’époque permettent de se plonger dans l’ambiance du film dès les premières secondes. Les personnages sont fort bien joués par des comédiennes de talent et  l’histoire est rondement menée. Pourtant, malgré toutes ces indéniables qualités, il manque aux « Suffragettes » un brin de folie qui aurait permis de dépasser le côté trop académique du film et d’y mettre plus d’émotions. Il n’en demeure pas moins que « Les Suffragettes » est un bel hommage à toutes les femmes qui se sont battues, et se battent encore, pour l’égalité des droits.

2 étoiles, « Nous trois ou rien ». Le réalisateur du film, Kheiron, raconte l’histoire de ses parents forcés pour des raisons politiques à quitter l’Iran au moment de la révolution pour rejoindre la France où ils vont par leur éternel optimisme jouer un rôle primordial dans l’amélioration des relations dans la cité dans laquelle ils vivent dorénavant. Le film aux accents de tragi-comédie dans sa première partie en Iran (était-ce bien nécessaire de faire du Shah d’Iran un demeuré fini ?) se transforme petit à petit en un conte de bienfaisance. Difficile de croire à cette histoire, pourtant vraie, dégoulinante de bons sentiments.

2 étoiles, « Un + Une ». Rencontre entre un homme et une femme, l’amour, les obstacles à l’amour, le destin, la spiritualité, le tout dans un décor naturel, l’Inde, et sur une musique qui est elle-même au coeur du film dans une mise en abyme, le dernier Lelouch est fidèle à ses thèmes de prédilection. Porté par un Jean Dujardin au mieux de sa forme, « Un + Une » raconte l’histoire d’Antoine qui se rend en Inde pour composer la musique du film  « Juliette et Roméo ». Ce long métrage ne sera pas sans faire écho à ce qu’il va vivre avec la femme de l’ambassadeur de France jouée par Elsa Zylberstein. Road movie qui met en valeur une Inde de cartes postales, « Un + Une » se laisse voir sans déplaisir. Pas sûr toutefois que cette comédie romantique pas toujours crédible, mais c’est ce qui fait aussi (un peu) son charme, augmentera le nombre des admirateurs de Claude Lelouch, car elle réserve peu de surprises.

2 étoiles, « Mia Madre ». Réalisatrice en plein tournage d’un film qui ne se fait pas tout seul, notamment en raison de son acteur principal américain (John Turturro, excellent) qui lui donne du fil à retordre, Margherita se voit confrontée dans sa vie privée à la maladie de sa mère et à la crise d’adolescence de sa fille, ce qui pourrait la remettre en question dans son rôle de fille et de mère. Ce n’est de fait pas vraiment le cas et c’est sans doute pour cette raison que l’on a de la peine à entrer dans le film et à s’attacher à ce personnage, pourtant fort bien joué par Margherita Buy. A l’image de son personnage principal, la mère étant clairement un second rôle contrairement à ce que le titre laisse penser, le film dégage peu d’émotions. Au bout du compte, difficile de savoir avec « Mia Madre » où Nanni Moretti a voulu emmener le spectateur qui reste sur sa faim.

2 étoiles, « « 007 Spectre ». Après un début tonitruant très réussi à Mexico lors de la fête des Morts où James Bond fait étalage de tout son talent, le soufflé retombe très vite après le générique. L’enquête du plus célèbre agent secret de sa Majesté pour découvrir qui se cache derrière l’organisation criminelle Spectre n’est pas vraiment passionnante. Entre les différentes scènes d’actions attendues et peu originales qui font voyager le spectateur, l’histoire tire en longueur et l’ennui n’est jamais très loin. Daniel Graig fait le job, sans plus, Monica Bellucci fait une apparition, Léa Seydoux ne paraît pas très concernée, et le méchant (Christoph Waltz) ne fait pas peur. Certes, la dernière demi-heure est palpitante, mais c’est un peu mince pour le James Bond le plus cher de l’Histoire (300 à 350 millions de dollars !) qui ne restera pas dans les annales de la série.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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