19/02/2016

"Free Love": lutte pour l'égalité des droits au nom de l'amour (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgInspiré de faits réels, « Free Love » raconte l’histoire de Laurel Hester et Stacie Andree un couple de femmes « menant une vie ordinaire, qui se sont retrouvées dans une situation extraordinaire et qui y ont fait face de manière extraordinaire » comme le décrit le scénariste du film, Ron Nyswaner.

Début des années 2000. Laurel Hester est une excellente inspectrice de police du New Jersey, respectée par tout le monde. Elle est lesbienne, mais elle le cache si bien que personne n’est au courant, même pas son fidèle partenaire avec lequel elle travaille depuis 12 ans. Un jour, elle fait la connaissance d’une jeune femme dont elle va tomber amoureuse et réciproquement. Une nouvelle vie commence, malheureusement vite interrompue par la découverte d’un cancer en phase terminale chez Laurel. Cette tragique nouvelle va amener les deux femmes à se battre pour que Stacie puisse avoir les mêmes droits que n’importe quelle épouse quand Laurel décédera.

Film sans surprise dans sa forme très classique, « Free Love » dégage une émotion intense grâce à son sujet très fort, tout en évitant le pathos, et à ses  interprètes. A commencer par Julianne Moore, encore une fois parfaite après « Still Alice », et Ellen Page, également très convaincante. Mais on ne saurait passer sous silence les performances de Michael Shannon, extrêmement touchant dans le rôle du collègue policier, et de Steve Carrel en avocat activiste Juif et gay à l’énergie débordante et comique. « Free Love » est un combat pour l’égalité des droits porté par la force de l’amour qui peut renverser bien des montagnes. Un film qui sonne juste et qui bouleverse. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

4 étoiles, « The Danish Girl ». Histoire vraie, « The Danish Girl » raconte la très belle histoire d’amour entre Gerda Wegener qui a épousé Einar Wegener qui au fil des événements de sa vie va laisser naître celle qu’il est vraiment : Lili Elbe. Elle est connue comme la première personne à avoir subi, au péril de sa vie, une chirurgie pour que son corps soit en harmonie avec son cerveau en 1930. Le film décrit avec justesse, en grande partie grâce au talent de ces deux acteurs principaux bien qu’Eddie Redmayne finisse un brin à agacer avec ses sourires en coin, mais aussi de celui des seconds rôles tous excellents, la relation entre ces deux êtres d’exception, au demeurant tous les deux peintres ce qui renforce encore plus les liens entre eux. « The Danish Girl » permet d’adopter tour à tour le point de vue des deux protagonistes dans leur cheminement vers la liberté. Un film esthétiquement magnifique et d’une grande sensibilité.

4 étoiles, « L’hermine ». Président de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide. Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui oscille entre ombre et lumière et fait également la part belle aux seconds rôles tous excellents.

3 étoiles, « 45 ans ». Et si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée après que son mari ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez lui, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu. « 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes. Le film fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art.

3 étoiles, « Carol ». Carol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans  amour. Sa petite fille est son seule rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50. « Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine d’aller voir le film !

2 étoiles, « Nous trois ou rien ». Le réalisateur du film, Kheiron, raconte l’histoire de ses parents forcés pour des raisons politiques à quitter l’Iran au moment de la révolution pour rejoindre la France où ils vont par leur éternel optimisme jouer un rôle primordial dans l’amélioration des relations dans la cité dans laquelle ils vivent dorénavant. Le film aux accents de tragi-comédie dans sa première partie en Iran (était-ce bien nécessaire de faire du Shah d’Iran un demeuré fini ?) se transforme petit à petit en un conte de bienfaisance. Difficile de croire à cette histoire, pourtant vraie, dégoulinante de bons sentiments.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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