29/02/2016

Initiative du PDC: le diable se cache dans les détails

Rsans-titre.pngarement un vote aura ménagé un suspense pareil ! Il a fallu attendre les résultats de l’avant-dernier canton pour que le NON à l’initiative du PDC sur la fiscalité des couples mariés passe devant alors qu’au milieu de l’après-midi le OUI caracolait en tête. Un renversement de situation que l’on doit avant tout au canton de Zürich, non seulement le plus peuplé, mais aussi celui qui a  rejeté, après  le canton de Bâle-Ville, le plus fortement cette initiative.

Contrairement à ce qu’a écrit la journaliste de la Tribune de Genève, mauvaise perdante, ce sont bien les villes et les cantons protestants qui ont fait pencher la balance en faveur du NON. Et ce constat renforce l’hypothèse que c’est  la définition discriminatoire du mariage contenue dans cette initiative qui a fait la différence. Il est, en effet, plus que probable que sans elle l’initiative aurait passé.

Christophe Dabellay avait qualifié de « point de détail » cet aspect du texte de son parti. Hier, dans les différentes interviews qu’il a données, il a été incapable de reconnaître que c’est ce « point de détail » qui avait coulé l’initiative. Pas étonnant, cela aurait constitué un aveu que le PDC courait deux lièvres à la fois en voulant également interdire le mariage pour tous.

Heureusement, le peuple suisse dans sa sagesse n’est pas tombé, de peu il est vrai, dans le piège d’une initiative qui ne respectait pas l’unité de la matière et qui, rien que pour cette raison, méritait d’être rejetée. 

Il est bien connu que le diable se cache dans les détails, M. Darbellay.

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22/02/2016

La campagne dégueulasse des partisans du Gothard

On avait déjà eu le droit depuis des mois au camion en feu et à la voiture détruite. Mais ce n’était pas assez pour faire peur. Alors voilà que la grand-mère qui pleure son petit-fils décédé dans le tunnel du Gothard fait son apparition au nom de l'USAM, le bras armé de l'UDC.

Utiliser un argument pareil pour promouvoir le second tube du Gothard est dégueulasse ! Qu’aurait-on dit si les opposants au tunnel avaient mis en scène des enfants rachitiques entrain d’étouffer à cause de la pollution que ne manquera pas de générer ce deuxième tube ?

Ils auraient pourtant pu le faire : croire qu'une fois le deuxième tunnel construit le volume de trafic n'augmentera pas, revient à dire que les promesses rendent les fous joyeux. Sinon, pourquoi les lobbys routiers feraient si activement campagne pour le Oui ? Tôt ou tard, il y aura un déferlement de camions au Gothard, ce qui aura des conséquences dramatiques pour la santé, l'environnement et pour la sécurité, puisque 3% de trafic en plus suffira à annuler le gain de sécurité obtenu grâce au deuxième tunnel.

Qu’en pense la grand-mère de l’USAM ?

La Suisse a investi dans la construction d'une ligne ferroviaire qui sera inaugurée cette année au Gothard. Percer maintenant un deuxième tunnel reviendrait à saboter cet investissement et la politique du transfert des marchandises par ferroutage.

Le tunnel doit bien sûr être rénové, mais inutile de dépenser 3 milliards. Des mesures simples comme le contrôle des camions, la réduction de la vitesse et une glissière centrale de sécurité peuvent être mises en place rapidement. Pendant le gros des travaux, la nouvelle ligne ferroviaire assurera le transfert des voyageurs et des marchandises.

Pour toutes ces raisons, il faut voter NON à un deuxième tube inutile.

 

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21/02/2016

NON à une initiative pleine de défauts!

IMG_4258.JPGAnticonstitutionnelle, discriminatoire, rétrograde, ruineuse, mensongère et combattue par le Conseil fédéral, le Parlement et tous les partis à l’exception de l’UDC, ce qui en dit long, les raisons ne manquent pas pour voter NON dimanche prochain à l’initiative du PDC« Pour le couple et la famille - Non à la pénalisation du mariage ».

Une initiative anticonstitutionnelle, discriminatoire et rétrograde

Cette initiative bafoue l’Art. 8 de la Constitution qui précise, entre autres, que nul ne doit être discriminé en raison de son mode de vie. En définissant de manière rétrograde dans la Constitution suisse le mariage comme « l’union durable et réglementée entre un homme et une femme », le PDC empêche pour longtemps le débat sur le mariage pour tous, car la Constitution ne se modifie pas facilement. C’est un obstacle inadmissible en direction de l’égalité des droits pour toutes et tous.

Une initiative ruineuse
 
Les bénéficiaires de cette initiative seront 80 000 couples, principalement aisés, qui représentent 2% de la population ou 4,5% des contribuables. Elle coûtera jusqu’à 2,3 milliards par an aux contribuables en ne résolvant pas le problème de l’inégalité fiscale. La taxation individuelle est le seul modèle qui puisse garantir une égalité devant l’impôt. En faisant du mariage une communauté économique, cette initiative l’en empêche.

Une initiative mensongère

En matière d’assurances sociales les couples mariés ne sont pas discriminés puisqu’ils touchent 2,8 milliards par an contre 2 milliards pour les concubins du fait principalement que les premiers ont droit à une rente de veuf/veuve, mais pas les seconds. Cette initiative n’augmentera donc pas les rentes AVS des couples mariés. C’est un mensonge honteux de la part des initiants qui trompent les personnes à l’AVS en disant le contraire.

Une initiative combattue par le Conseil fédéral et le Parlement

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Une initiative combattue par tous les partis, sauf l’UDC, et de nombreuses organisations

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NON le 28 FEVRIER A CETTE INITIATIVE PLEINE DE DEFAUTS!

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19/02/2016

"Free Love": lutte pour l'égalité des droits au nom de l'amour (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgInspiré de faits réels, « Free Love » raconte l’histoire de Laurel Hester et Stacie Andree un couple de femmes « menant une vie ordinaire, qui se sont retrouvées dans une situation extraordinaire et qui y ont fait face de manière extraordinaire » comme le décrit le scénariste du film, Ron Nyswaner.

Début des années 2000. Laurel Hester est une excellente inspectrice de police du New Jersey, respectée par tout le monde. Elle est lesbienne, mais elle le cache si bien que personne n’est au courant, même pas son fidèle partenaire avec lequel elle travaille depuis 12 ans. Un jour, elle fait la connaissance d’une jeune femme dont elle va tomber amoureuse et réciproquement. Une nouvelle vie commence, malheureusement vite interrompue par la découverte d’un cancer en phase terminale chez Laurel. Cette tragique nouvelle va amener les deux femmes à se battre pour que Stacie puisse avoir les mêmes droits que n’importe quelle épouse quand Laurel décédera.

Film sans surprise dans sa forme très classique, « Free Love » dégage une émotion intense grâce à son sujet très fort, tout en évitant le pathos, et à ses  interprètes. A commencer par Julianne Moore, encore une fois parfaite après « Still Alice », et Ellen Page, également très convaincante. Mais on ne saurait passer sous silence les performances de Michael Shannon, extrêmement touchant dans le rôle du collègue policier, et de Steve Carrel en avocat activiste Juif et gay à l’énergie débordante et comique. « Free Love » est un combat pour l’égalité des droits porté par la force de l’amour qui peut renverser bien des montagnes. Un film qui sonne juste et qui bouleverse. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

4 étoiles, « The Danish Girl ». Histoire vraie, « The Danish Girl » raconte la très belle histoire d’amour entre Gerda Wegener qui a épousé Einar Wegener qui au fil des événements de sa vie va laisser naître celle qu’il est vraiment : Lili Elbe. Elle est connue comme la première personne à avoir subi, au péril de sa vie, une chirurgie pour que son corps soit en harmonie avec son cerveau en 1930. Le film décrit avec justesse, en grande partie grâce au talent de ces deux acteurs principaux bien qu’Eddie Redmayne finisse un brin à agacer avec ses sourires en coin, mais aussi de celui des seconds rôles tous excellents, la relation entre ces deux êtres d’exception, au demeurant tous les deux peintres ce qui renforce encore plus les liens entre eux. « The Danish Girl » permet d’adopter tour à tour le point de vue des deux protagonistes dans leur cheminement vers la liberté. Un film esthétiquement magnifique et d’une grande sensibilité.

4 étoiles, « L’hermine ». Président de cour d’assises proche de la retraite, redouté et pour le moins peu aimable avec son entourage, Michel Racine va toutefois se montrer sous un autre jour lorsque le hasard remet sur son chemin au cours d’un procès l’anesthésiste dont il était tombé amoureux six ans auparavant. Il va saisir cette seconde chance qui s’offre à lui en tentant de séduire la lumineuse Ditte (magnifique Sidse Babett Knudsen, l’héroïne de « Borgen »), ce qui ne sera pas sans effet sur le déroulement d’un procès où il est question d’un infanticide. Fabrice Luchini incarne avec justesse cet homme dont on ne connaît pas grand-chose et qui va se révéler bien plus humain qu’il ne l’a jamais été. « Humain » est d’ailleurs le terme qui pourrait le mieux définir ce film qui oscille entre ombre et lumière et fait également la part belle aux seconds rôles tous excellents.

3 étoiles, « 45 ans ». Et si tout ce qui avait été construit pendant 45 ans de vie de couple ne reposait que sur du sable ? C’est cette question à laquelle Kate va être confrontée après que son mari ait reçu une lettre lui apprenant que le corps de son premier amour a été retrouvé prisonnier dans la glace dans les Alpes. Tout d’abord compréhensive face au choc que cette nouvelle déclenche chez lui, Kate va petit à petit découvrir que cette femme, disparue il y a 50 ans, a en fait toujours été présente dans leur vie, à son insu. « 45 ans » raconte avec tact, mais aussi par moment avec trop de lenteur, la vie de ce vieux couple bousculé dans ses certitudes. Le film fait la part belle à ses deux excellents acteurs principaux Tom Courtenay et Charlotte Rampling. Nommée pour l’Oscar 2015 de la meilleure actrice, sa décomposition au fur et à mesure que l’histoire avance est du grand art.

3 étoiles, « Carol ». Carol Aird s’ennuie à mourir dans un mariage bourgeois sans  amour. Sa petite fille est son seule rayon de lumière jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’une jeune vendeuse (excellente Rooney Mara) qui rêve d’une vie plus trépidante. « Carol » raconte la relation de plus en plus étroite entre ces deux femmes dans le New-York des années 50. « Carol » est un délice pour les yeux et les oreilles. La photographie, les décors, les costumes sont superbes. La musique accompagne à merveille ce film très esthétique dans lequel jouent avec brio deux magnifiques actrices. Si la forme est donc très réussie, le fond n’est pas tout à fait à la hauteur. Film avant tout d’ambiance, « Carol » n’évite pas certaines longueurs. Ce n’est toutefois pas trop grave, car elles laissent le temps d’admirer la sublissime Cate Blanchett au sommet de sa beauté et de son art. Rien que pour elle, il vaut la peine d’aller voir le film !

2 étoiles, « Nous trois ou rien ». Le réalisateur du film, Kheiron, raconte l’histoire de ses parents forcés pour des raisons politiques à quitter l’Iran au moment de la révolution pour rejoindre la France où ils vont par leur éternel optimisme jouer un rôle primordial dans l’amélioration des relations dans la cité dans laquelle ils vivent dorénavant. Le film aux accents de tragi-comédie dans sa première partie en Iran (était-ce bien nécessaire de faire du Shah d’Iran un demeuré fini ?) se transforme petit à petit en un conte de bienfaisance. Difficile de croire à cette histoire, pourtant vraie, dégoulinante de bons sentiments.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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11/02/2016

Le gros mensonge du PDC et de l'UDC sur l'AVS

images2.jpgLe mensonge est-il  sans limite en politique ? On est en droit de se poser cette question quand on voit la manière dont le PDC et l’UDC mentent sans vergogne sur le contenu de l’initiative fiscale soumise au peuple le 28 février. Le PDC affirme qu’en cas d’acceptation de son texte, les couples mariés à l’AVS pourront bénéficier d’une double rente, au lieu d’une rente et demie, comme c’est le cas aujourd’hui.

Or, c’est complètement faux !

Et voilà pourquoi : le texte de l’initiative dit que le mariage « ne peut être pénalisé par rapport à d’autres modes de vie, notamment en matière d’impôts et d’assurances sociales ». Si au niveau des impôts 80 000 couples surtout aisés, soit 5% des contribuables ou 2% de la population, sont effectivement discriminés sur le plan fiscal au niveau fédéral, il n’en est rien sur le plan des assurances sociales. Les couples mariés bénéficient en effet d’avantages pour 800 millions par année (rente de veuf/veuve pour 600 millions, allégements de cotisations pour 200 millions) par rapport aux couples concubins (2,8 milliards contre 2 milliards).

Le Conseil fédéral affirme donc dans la brochure des votations que « les couples mariés ne sont pas pénalisés par rapport aux couples non mariés, malgré le plafonnement de leurs rentes AVS à 150 % d’une rente individuelle maximale ».

Si un oui sortait des urnes le 28 février, la situation des rentiers AVS mariés ne changerait pas, contrairement à ce que prétendent le PDC et l’UDC. C’est un gros mensonge qu’il faut dénoncer, car il décrédibilisera encore plus la classe politique quand les couples mariés à l’AVS se rendront compte qu’ils se sont bien faits avoir en soutenant ce texte mensonger, discriminatoire et rétrograde du point de vue de sa définition du mariage et enfin extrêmement coûteux puisque cela reviendrait à se passer de 2 milliards de recettes fiscales par année ! Le 28 février, c’est résolument NON !

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