09/03/2016

Mourir de bêtise

Comment un Conseiller national, même s’il est UDC, peut-il dire une bêtise, restons poli, pareille ? Dans la Tribune  de Genève de mercredi, Yves Nidegger déclare, en effet, « qu’il préférerait mourir plutôt que de laisser passer cette réforme » en se référant au vote du Conseil des Etats qui a approuvé à une écrasante majorité de 32 voix contre 7 la révision de la loi sur le droit à l’adoption.

Cette réforme de la loi permettra, si elle est également votée par le Conseil national vraisemblablement cet été, l’ouverture de l’adoption conjointe aux couples concubins ou aux couples pacsés. Cette modification aura une conséquence directe pour les couples de même sexe, puisque l’enfant pourra être adopté par le parent « non biologique ».

Ainsi, en cas de décès de la mère ou du père biologique, l’enfant pourra continuer de vivre au sein de la même famille, ce qui n’est pas garanti actuellement.  C’est donc un grand progrès pour ces milliers d’enfants qui, on le veuille ou non, grandissent dans des familles homoparentales et n’ont pas les mêmes droits que les autres. M. Nidegger balaie cette réalité d’un revers de main en niant quasiment leur existence : « deux ou trois exceptions pour tout le pays ».

Mais alors pourquoi vouloir « mourir plutôt que de laisser passer cette réforme » si ce n’est que pour « deux ou trois exceptions pour tout le pays » ? Par homophobie ? Par provocation ? Pour faire parler de lui ? Peu importe. Mais ce qu’il y a de certain, c’est que si on mourait de bêtise, M. Nidegger n’aurait plus besoin d’attendre le résultat final du vote pour mettre à exécution sa « menace ».

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