28/03/2016

"Médecin de campagne": un film français comme on les aime (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgAprès « Hippocrate », très bon film sorti en 2014 et qui raconte l’histoire du premier stage d’un jeune interne à l’hôpital, Thomas Lilti, lui-même ancien médecin, prend à nouveau comme toile de fond, pour son second long métrage, le milieu médical.

L’univers hospitalier est cette fois remplacé par la médecine de campagne incarnée par le docteur Werner qui est présenté par son réalisateur comme un personnage qui « joue un rôle social majeur, fait le lien entre les générations, lutte contre l’isolement et la solitude de ses patients. » Mais tout médecin qu’il est, le docteur Werner va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée.

Le grand mérite de « Médecin de campagne » est qu’il sonne juste du début à la fin. Il pourrait presque d’ailleurs par moment faire penser à un « docu-fiction », tant certaines visites du docteur chez ses patients semblent réelles, à la différence près, et elle est de taille, que l’émotion est toujours présente.

Le film est porté par deux excellents acteurs. François Cluzet endosse avec conviction le rôle de ce héros des temps modernes, un brin bourru, en voie de disparition. Quant à Marianne Denicourt, déjà présente dans « Hippocrate », elle éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Une actrice que l’on aimerait voir plus souvent à l’écran. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur.

A part quelques petites longueurs, la fête au village notamment, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

3 étoiles, « Spotlight ». En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer. « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles, « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film  plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.
 
2 étoiles, « The Revenant ». L’histoire de ce trappeur grièvement blessé par un ours et qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique. Quelques scènes, comme  la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages. Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie sans que cela apporte nécessairement un plus au film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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