31/03/2016

"Room": une magnifique relation mère-enfant (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgJack est un petit garçon de 5 ans qui vit seul avec Joy, sa mère, dans une seule pièce, en fait une cabane de jardin, dans laquelle ils sont retenus prisonniers par un malade qui a enlevé Joy sept ans auparavant. Il lui a fait cet enfant qui n’a donc connu que la captivité. Mais Jack l’ignore, car sa mère a fait de cette chambre l’univers tout entier. Qu’adviendra-t-il le jour où ils se retrouveront à nouveau, pour elle, et pour la première fois, pour lui, dans le « vrai » monde ?

Il y a donc deux parties bien distinctes dans « Room ». La première se déroule à huis clos et est très réussie, notamment grâce au jeu de Jacob Tremblay, qui est époustouflant pour un acteur de son âge, et à Brie Larson qui n’a rien volé en obtenant l’Oscar de la meilleure actrice. L’alchimie entre les deux personnages fonctionne à merveille et  la mise en scène est à la hauteur. Cette première moitié de film est à la fois angoissante lors des apparitions du tortionnaire, mais aussi très belle en découvrant tout ce que la maman de Jack a mis en place pour que son fils vive le mieux possible dans cet univers carcéral dont il ignore tout.

La deuxième partie de « Room » est centrée autour de la question de la  reconstruction possible ou non des deux anciens prisonniers, mais aussi de leur proche entourage, après avoir vécu un tel traumatisme. Cette deuxième moitié souffre de quelques longueurs et est moins aboutie. Certains thèmes sont en effet à peine survolés, voire carrément oubliés, comme la réaction pourtant fort intéressante du grand-père, la remise en question de Joy de son attitude maternelle au cours de sa captivité ou encore l’absence totale du tortionnaire que l’on imagine pourtant encore bien présent dans l’esprit de Jack et de sa mère. A ces manques, on ajoutera une musique de plus en plus insupportable pour marquer une fin convenue.

Mais malgré ces défauts, il n’en demeure pas moins que « Room » est un très beau film sur la relation mère-enfant sublimée par deux acteurs exceptionnels. (3 étoiles)


Toujours à l’affiche


5 étoiles, « Les Innocentes ». Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération. Ce sujet difficile, inspiré de faits réels, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, le film ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite. Il est très intelligemment écrit et la distribution féminine est excellente. La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps sont au cœur de ce film profondément humain. « Les Innocentes » est une très grande réussite à l’image de sa fin inattendue et pleine d’espoir.

4 étoiles, « Médecin de campagne ». Le docteur Werner est  médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite de « Médecin de campagne » est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.

4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

3 étoiles, « Spotlight ». En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer. « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles, « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film  plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.
 
2 étoiles, « The Revenant ». L’histoire de ce trappeur grièvement blessé par un ours et qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique. Quelques scènes, comme  la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages. Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie sans que cela apporte nécessairement un plus au film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

30/03/2016

"Les Innocentes": une intensité dramatique exceptionnelle (et 5 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgSi vous aimez le cinéma et que vous n’avez pas encore vu « Les Innocentes », allez-y toutes affaires cessantes. Ce film est non seulement bouleversant de la première à la dernière minute de par son histoire inspirée de faits réels, mais il est également remarquablement filmé et joué.

Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération.

Ce sujet difficile, et malheureusement toujours d’actualité tant les femmes sont toujours et encore victimes de la barbarie des hommes lors des conflits, qui pourrait donner une raison, à tort, de ne pas aller voir le film, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, il ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite et est très intelligemment écrit.

La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps pour des femmes dont le vœu de chasteté a été violemment brisé sont principalement au cœur de ce film profondément humain. Bien que l’action se déroule en très grande partie dans un couvent austère par définition, la photographie splendide donne des images lumineuses qui adoucissent ce drame, au même titre que les chants des sœurs d’une grande beauté. La distribution féminine est excellente, on n’en dira pas autant de la masculine, à commencer par Lou de Laâge, Mathilde Beaulieu, et Agata Buzek, Sœur Maria.

« Les Innocentes » est donc une très grande réussite à l’image de sa fin inattendue et pleine d’espoir. Remarquable. (5 étoiles) 

Toujours à l’affiche

4 étoiles, « Médecin de campagne ». Le docteur Werner est  médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite de « Médecin de campagne » est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.

4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

3 étoiles, « Spotlight ». En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer. « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles, « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film  plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.
 
2 étoiles, « The Revenant ». L’histoire de ce trappeur grièvement blessé par un ours et qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique. Quelques scènes, comme  la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages. Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie sans que cela apporte nécessairement un plus au film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

28/03/2016

"Médecin de campagne": un film français comme on les aime (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgAprès « Hippocrate », très bon film sorti en 2014 et qui raconte l’histoire du premier stage d’un jeune interne à l’hôpital, Thomas Lilti, lui-même ancien médecin, prend à nouveau comme toile de fond, pour son second long métrage, le milieu médical.

L’univers hospitalier est cette fois remplacé par la médecine de campagne incarnée par le docteur Werner qui est présenté par son réalisateur comme un personnage qui « joue un rôle social majeur, fait le lien entre les générations, lutte contre l’isolement et la solitude de ses patients. » Mais tout médecin qu’il est, le docteur Werner va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée.

Le grand mérite de « Médecin de campagne » est qu’il sonne juste du début à la fin. Il pourrait presque d’ailleurs par moment faire penser à un « docu-fiction », tant certaines visites du docteur chez ses patients semblent réelles, à la différence près, et elle est de taille, que l’émotion est toujours présente.

Le film est porté par deux excellents acteurs. François Cluzet endosse avec conviction le rôle de ce héros des temps modernes, un brin bourru, en voie de disparition. Quant à Marianne Denicourt, déjà présente dans « Hippocrate », elle éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Une actrice que l’on aimerait voir plus souvent à l’écran. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur.

A part quelques petites longueurs, la fête au village notamment, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime. (4 étoiles)

Toujours à l’affiche

4 étoiles, « Chocolat ». L’histoire vraie du premier artiste noir de la scène française au tournant du 19ème et 20ème siècle était taillée pour Omar Sy qui est excellent dans son rôle de clown fils d’esclave qui va connaître la gloire, tout en devant affronter le racisme ordinaire de cette époque, avant de retourner dans l’anonymat. Son partenaire, James Thiérrée, le petit-fils de Charlie Chaplin, est encore meilleur dans le rôle de Footit. Danseur, acrobate et musicien, c’est à lui que le réalisateur Roschdy Zem a confié l’élaboration des numéros très réussis. La complicité des deux acteurs crève l’écran et dégage force, énergie et émotion que cela soit dans les moments comiques ou tragiques. Les seconds rôles sont à la hauteur ainsi que les décors, les costumes, la photographie et la mise en scène. Certes, le film n’est pas exempt de petits défauts à l’image d’une deuxième partie qui manque un peu de rythme, mais cela ne saurait toutefois gâcher la réussite globale du film.

3 étoiles, « Spotlight ». En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer. « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles, « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film  plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.
 
2 étoiles, « The Revenant ». L’histoire de ce trappeur grièvement blessé par un ours et qui va chercher à se venger parce qu’il a été abandonné par ses équipiers est une indéniable réussite sur le plan de la performance cinématographique. Quelques scènes, comme  la charge des Indiens au début du film, l’attaque de l’ours ou encore la poursuite à cheval, sont d’une maîtrise technique à couper le souffle. Elles sont de plus tournées dans de superbes paysages. Mais c’est paradoxalement également la faiblesse du film qui tire en longueur et qui est sans cesse dans la démonstration, qui plus est le plus souvent violente. Certaines scènes sont en effet d’une grande sauvagerie sans que cela apporte nécessairement un plus au film qui, en définitive, privilégie à l’excès la prouesse technique à l’émotion, à l’image de son héros increvable à tel point que cela en devient risible, et finit par tourner à vide.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire