29/04/2016

Ne les coupons pas!

40 millions de bénéfice aux comptes 2015 de la Ville de Genève  et 7 millions de coupes dans le budget 2016 ! Cherchez l’erreur ! Pas difficile de la trouver!

7 millions de coupes qui touchent les activités pour les seniors, la pratique sportive pour toutes et tous, la vie de quartier, la sécurité et le cadre de vie des habitant-e-s, la culture, la lutte contre la précarité, l’aide aux femmes, les personnes en situation de handicap, l’emploi, la formation et la réinsertion, la mobilité, la solidarité et la coopération internationale et enfin la lutte contre les discriminations, notamment à l’égard des personnes homosexuelles et transgenres.

C’est à ce titre que la Fédération genevoise des associations LGBT, qui fonctionne avec peu de moyens mais peut heureusement compter sur un grand engagement bénévole, participe à cette campagne avec des dons, évidemment. 

Avec une diminution de sa subvention, il lui sera encore plus difficile de lutter contre l’homophobie et la transphobie. Sachant que les personnes qui en sont victimes coûtent cher à la société (tentatives de suicide 2 à 5 fois plus élevées chez les jeunes que dans le reste de la population, par exemple), est-ce la bonne voie à suivre ? Poser la question, c’est y répondre ! 

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14/04/2016

Oiseaux de mauvais augure

_Corbaque_m.jpgUne fois de plus, les comptes de la Ville de Genève sont bouclés avec un excédent dépassant largement les prévisions budgétaires au grand damne de la majorité du Conseil municipal qui se trouve bien empruntée pour justifier les coupes qu’elle a votées lors du vote du budget 2016.

Au lieu de se réjouir de cette bonne nouvelle, qui permet à la Ville de Genève d’autofinancer ses investissements à 95%, et donc de ne pas creuser la dette, les représentants de la droite s’empressent de dire que la Ville a eu beaucoup de chance ou encore qu’on ne peut pas dépenser l’argent que l’on n’a pas. Raisonnement pour le moins étonnant après un exercice largement bénéficiaire…

Mais il est facile de comprendre que la majorité UDC-MCG-PLR-PDC cherche par tous les moyens à minimiser cet excellent résultat des comptes 2015. En effet, le 5 juin les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève sont appelés à se prononcer sur les coupes de 7 millions que la majorité du Conseil municipal a votées en décembre et qui touchent aux prestations et aux subventions des associations culturelles et sociales.

Difficile de justifier de telles économies à moins de peindre le diable sur la muraille et de jouer les oiseaux de mauvais augure. C’est ce que la droite tente de faire en anticipant la baisse des revenus que devrait entraîner la réforme de la fiscalité des entreprises. C’est comme si on se privait de manger à l’avance en prévision d’une éventuelle crise alimentaire !

Faire en sorte de ne pas trop grossir pour éviter par la suite un régime minceur contraignant, cela peut se comprendre. Mais maigrir, alors qu’’aucune urgence ne le commande, dépasse largement ce principe de précaution.

Qu’en pensent les électrices et électeurs de la Ville de Genève ? Réponse le 5 juin.

13/04/2016

"Good Luck Algeria": un fin dosage entre rires et émotions (et 6 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgLa bande-annonce laisse à penser que « Good Luck Algeria » est une comédie légère. Le film est bien plus que ça et c’est une bonne surprise.

Sam et Stéphane, joués par Sami Bouajila et Frank Gastambide qui forment un duo qui passe très bien à l’écran, fabriquent des skis de fond dans les Alpes françaises, mais les affaires vont mal. Pour sauver l’entreprise, ils prennent la décision d’essayer de qualifier Sam, franco-algérien, pour représenter l’Algérie au Jeux Olympiques et ainsi réaliser un formidable coup de pub. Ce défi complètement dingue va non seulement conduire Sam à se dépasser sur le plan physique, mais également à renouer avec ses racines.

« Good Luck Algeria » est inspiré de faits réels, à savoir l’histoire du frère du réalisateur qui a participé aux Jeux Olympiques d’hiver de 2006 pour l’Algérie. Si dans le film il est bien question de sport, c’est surtout la rencontre entre deux cultures qui lui donne tout son intérêt. Elle est symbolisée par le personnage du père de Sam qui a épousé une Française (Hélène Vincent) et vit en France, mais dont le cœur est resté en Algérie. Il est remarquablement joué avec justesse, pudeur et émotion par Bouchakor Chakor Djaltia, dont c’est le premier rôle au cinéma à 82 ans !

« Good Luck Algeria » est certes un film à la mise en scène classique qui ne va pas révolutionner le cinéma. Mais il bénéficie d’une excellente distribution et de très bons dialogues qui savent à la fois faire rire et émouvoir. Un fin dosage qui permet de passer un bon moment. (3 étoiles)

Toujours à l’affiche

5 étoiles, « Les Innocentes ». Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu est une jeune interne de la Croix-Rouge française. Sa mission consiste à soigner les rescapés français avant leur retour au pays. Un jour, une religieuse polonaise paniquée fait irruption dans l’hôpital pour lui demander secours. Réticente à donner son aide dans un premier temps, elle va finir par suivre en secret cette sœur dans son couvent. Elle va découvrir que la plupart d’entre elles sont enceintes, et proche du terme, après un viol collectif commis par des soldats russes à la libération. Ce sujet difficile, inspiré de faits réels, est remarquablement traité par la réalisatrice Anne Fontaine. Si « Les Innocentes » est d’une intensité dramatique rare, le film ne tombe en effet jamais dans le pathos ou la violence gratuite. Il est très intelligemment écrit et la distribution féminine est excellente. La foi, la maternité, la loyauté, la mort, l’amour et le rapport au corps sont au cœur de ce film profondément humain. « Les Innocentes » est une très grande réussite à l’image de sa fin inattendue et pleine d’espoir (uniquement les vendredi 15, dimanche 17 et mardi 19 à 17h au Cinélux).

4 étoiles. « Quand on a 17 ans ». Pourquoi Tom est-il aussi agressif envers Damien qui fréquente la même classe que lui au point d’en venir aux mains? Cette violence traduirait-elle la peur, celle d’un désir inavouable ? Le dernier film d’André Téchiné brosse avec pudeur, émotion, justesse et beauté le portrait de deux adolescents qui se cherchent, au sens propre et figuré, dans le décor magnifique des Pyrénées, le temps de l’année scolaire. Il est porté par deux jeunes acteurs excellents. Sandrine Kiberlain, qui a le très  beau rôle de mère à la fois bienveillante, mais également cadrante quand il le faut, est également à la hauteur. Si le film comporte des longueurs, quelques scènes et personnages secondaires n’apportent pas grand-chose de plus à l’histoire, il n’en demeure pas moins que « Quand on a 17 ans » est globalement une réussite.

4 étoiles, « Médecin de campagne ». Le docteur Werner est  médecin de campagne. Il va à son tour être rattrapé par la maladie. Cette épreuve va l’obliger de partager, avec un enthousiasme très modéré, son territoire avec une doctoresse nouvellement diplômée. Le grand mérite de « Médecin de campagne » est qu’il sonne juste du début à la fin. Le film est porté par deux excellents acteurs, François Cluzet et Marianne Denicourt qui éclaire merveilleusement bien le côté sombre de son collègue. Les seconds rôles, la mise en scène ainsi que la photographie sont également à la hauteur. A part quelques petites longueurs, « Médecin de campagne » est un film d'une grande humanité tout en évitant avec bonheur la sensiblerie et la facilité dans la relation entre les deux personnages principaux. Un film français comme on les aime.

3 étoiles, « Room ». Jack est un petit garçon de 5 ans qui vit seul avec Joy, sa mère, dans une seule pièce dans laquelle ils sont retenus prisonniers par un malade qui a enlevé Joy sept ans auparavant. Il lui a fait cet enfant qui n’a donc connu que la captivité. Mais Jack l’ignore, car sa mère a fait de cette chambre l’univers tout entier. Qu’adviendra-t-il le jour où ils se retrouveront dans le « vrai »  univers ? La première partie de « Room » se déroule donc à huis clos. Elle est très réussie, notamment grâce au jeu de Jacob Tremblay, époustouflant pour un acteur de son âge, et à Brie Larson, Oscar 2016 de la meilleure actrice. La deuxième partie est centrée autour de la question de la  reconstruction possible ou non des deux anciens prisonniers après avoir vécu un tel traumatisme. Elle souffre de quelques longueurs et est moins aboutie. Il n’en demeure pas moins que « Room » est un très beau film sur la relation mère-enfant sublimée par deux acteurs exceptionnels.

3 étoiles, « Spotlight ». En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer. « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles, « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film  plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.
 
5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire