30/05/2016

Isabelle Huppert fidèle à "Elle"-même

FullSizeRender.jpgTordu. C’est probablement le mot qui résume le mieux « Elle », le dernier film de Paul Verhoeven (Basic Instict, Showgirls) avec en vedette Isabelle Huppert, dont on ne compte plus les rôles qui s’accompagnent également de ce qualificatif.

Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une  entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage : son raté d’ex-mari, sa mère qui sort avec des hommes beaucoup plus jeunes qu’elle, son fils qui se fait mener par le bout du nez par sa copine et son amant qui est le mari de sa meilleure amie. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. Cet événement traumatisant ne va toutefois pas laisser sur Michèle les traces qu’on aurait pu imaginer.

« Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol, faut en supporter plusieurs au cours du film, qui évoluent en acte sexuel consenti par cette femme de pouvoir qui aiment se faire dominer, bonjour le cliché, sont extrêmement violentes.

Baignant dans une atmosphère glauque, Michèle est la fille d’un meurtrier de la pire espèce, il faut probablement en déduire que son cynisme face à la vie vient de là, « Elle » tire en longueur et laisse sur sa faim. Le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse pour ce film malsain.

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