30/05/2016

Isabelle Huppert fidèle à "Elle"-même

FullSizeRender.jpgTordu. C’est probablement le mot qui résume le mieux « Elle », le dernier film de Paul Verhoeven (Basic Instict, Showgirls) avec en vedette Isabelle Huppert, dont on ne compte plus les rôles qui s’accompagnent également de ce qualificatif.

Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une  entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage : son raté d’ex-mari, sa mère qui sort avec des hommes beaucoup plus jeunes qu’elle, son fils qui se fait mener par le bout du nez par sa copine et son amant qui est le mari de sa meilleure amie. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. Cet événement traumatisant ne va toutefois pas laisser sur Michèle les traces qu’on aurait pu imaginer.

« Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol, faut en supporter plusieurs au cours du film, qui évoluent en acte sexuel consenti par cette femme de pouvoir qui aiment se faire dominer, bonjour le cliché, sont extrêmement violentes.

Baignant dans une atmosphère glauque, Michèle est la fille d’un meurtrier de la pire espèce, il faut probablement en déduire que son cynisme face à la vie vient de là, « Elle » tire en longueur et laisse sur sa faim. Le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse pour ce film malsain.

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23/05/2016

"Dalton Trumbo": une histoire dans l'Histoire passionnante (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgDalton Trumbo est un scénariste réputé et très bien payé à Hollywood jusqu’au moment où il est rattrapé par ses sympathies pour le parti communiste dont il est devenu membre en 1943. En pleine guerre froide, et alors que la chasse aux sorcières fait rage contre ceux qui prétendument s’adonnent à des activités antiaméricaines, il va le payer très cher en étant mis, avec d’autres artistes, sur la Liste Noire et ainsi être privé de travail.

Le film, qui se base largement sur la biographie de Dalton Trumbo (1905 -1976), reconstitue de manière remarquable cette période trouble et inquiétante, tout particulièrement pour une démocratie qui met en avant la liberté d’expression, de l’Histoire américaine des années 50.

Le film est porté par un brillant casting. On mettra tout spécialement en avant Hellen Mirren détestable à souhait, Diane Lane en épouse dévouée, John Goodman en producteur sans foi ni loi, et bien évidemment Bryan Cranston, le héros de la célèbre série « Breaking Bad », dont la performance est bluffante. Si l’on peut regretter la facture un brin trop académique du film, ce qui a toutefois l’avantage de ne pas perdre le spectateur en route dans un récit d’une grande densité, il n’en demeure pas moins que « Dalton Trumbo » est une histoire dans l’Histoire passionnante du début à la fin et par conséquent un très bon film (4 étoiles).

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Quand on a 17 ans ». Pourquoi Tom est-il aussi agressif envers Damien qui fréquente la même classe que lui au point d’en venir aux mains? Cette violence traduirait-elle la peur, celle d’un désir inavouable ? Le dernier film d’André Téchiné brosse avec pudeur, émotion, justesse et beauté le portrait de deux adolescents qui se cherchent, au sens propre et figuré, dans le décor magnifique des Pyrénées, le temps de l’année scolaire. Il est porté par deux jeunes acteurs excellents. Sandrine Kiberlain, qui a le très beau rôle de mère à la fois bienveillante, mais également cadrante quand il le faut, est également à la hauteur. Si le film comporte des longueurs, quelques scènes et personnages secondaires n’apportent pas grand-chose de plus à l’histoire, il n’en demeure pas moins que « Quand on a 17 ans » est globalement une réussite.

3 étoiles. « Les amants de Caracas ». Récompensé par le Lion d'Or 2015 à Venise, "Les amants de Caracas" met en scène la relation improbable entre un quinquagénaire plutôt aisé, Armando, et un adolescent délinquant d'un quartier pauvre de Caracas prénommé Elder. "Les amants de Caracas" est porté par ses deux acteurs qui sont excellents et rendent crédibles cette relation à laquelle on peine à croire au début, bien que le film soit basé sur des faits réels. Le rythme est un peu lent, parfois même à la limite de l'ennui, mais il permet d'accentuer l'atmosphère lourde qui règne tout au long du film et qui donne tout son sens au moment de la scène finale qui laisse de nombreuses secondes sans voix, car on ne la voit pas venir. Un film perturbant auquel l'on pense encore plusieurs jours après l'avoir vu.

3 étoiles, « Spotlight ». En 2002, un réseau pédophile au sein de l’Eglise catholique de Boston est découvert, mais les preuves ne sont pas évidentes. Une équipe de journalistes d’investigation du Boston Globe, baptisée Spotlight, décide de mener sa propre enquête pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire et en informer les lectrices et lecteurs du journal. Plus de 600 articles seront publiés sur cette enquête récompensée par le Prix Pulitzer. « Spotlight », qui a reçu l’Oscar du meilleur film de 2015, s’appuie sur un scénario très bien écrit, des acteurs tous excellents et une mise en scène classique. C’est rondement mené et efficace. Presque trop. L’émotion est en effet peu présente dans « Spotlight », les enquêteurs s’effaçant devant l’enquête. Mais c’était le but poursuivi par le réalisateur. Objectif atteint.

3 étoiles, « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.


5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

 

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20/05/2016

A quelle dette se vouer?

A chaque campagne de votation, chaque camp utilise les chiffres de la manière dont cela l'arrange. La campagne sur les coupes budgétaires de la Ville de Genève n'échappe pas à cette règle. C'est ainsi que l'Entente, dans son tract de justification en faveur de ces coupes de 7 millions au budget 2016 alors que les comptes 2015 de la Ville de Genève ont dégagé un bénéfice de 40 (!) millions de francs, présente un graphique de la dette qui prend en compte seulement les 4 dernières années tout en spéculant sur l'année 2016. Et ça donne ceci:

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Une impression vonlontairement alarmiste sur une dette qui ne fait qu'augmenter avec une courbe dessinée de telle manière à ce que le votant pense que la dette augmente à la vitesse grand V.

A présent, si l'on prend en compte la dette depuis 2007 en n'exagérant pas les espaces entre les données, comme cela est fait dans le graphique ci-dessus, voici le résultat:

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Une impression, bien réelle, que la dette est maîtrisée au cours de ces neuf dernières années et qu'il y a tout sauf péril en la demeure. Ce n'est en aucun cas ces coupes linéraires de 7 millions qui vont changer quelque chose à la dette alors qu'elles ont par contre un impact certain sur la culture et le social.

C'est donc résolument 2 X NON le 5 juin !

 

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17/05/2016

Trop souvent un combat de tous les jours

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17 mai 1990 – 17 mai 2016. Il y a 26 ans l’OMS retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Et depuis 11 ans, le 17 mai est la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie afin de commémorer cette avancée pour les droits humains, mais aussi pour se rappeler qu’aujourd’hui encore 74 Etats condamnent l’homosexualité et 7 la punissent de mort.

De nombreuses et nombreux homosexuel-le-s et transgenres sont victimes dans le monde d’actes d’une violence inouïe pouvant conduire jusqu’à la mort et cela même dans des pays où les droits pour les personnes LGBT (lesbienne, gay, bi, trans) sont reconnus. C'est par exemple le cas au Brésil où plus de 200 meurtres sont commis chaque année à l'encontre de personnes LGBT.

L’évolution des mentalités est souvent lente et avec des retours en arrière qui ne sont jamais à exclure, comme le débat sur « le mariage pour tous » en France n'a malheureusement pas fini de le démontrer.

L’égalité des droits est une lutte de tous les jours, y compris dans notre pays qui a encore bien du chemin à faire pour se hisser parmi les pays européens les plus avancés dans ce domaine.

Le taux de suicide chez les jeunes homosexuel-le-s suisses est deux à cinq fois plus élevé que chez les jeunes hétérosexuel-le-s, mais cela n'intéresse pas un politicien comme M. Freysinger, pourtant à la tête d'un département qui s'occupe de la jeunesse.

Et c’est inacceptable.

C'est pourquoi la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie est une nécessité. Elle est là pour rappeler qu’être homosexuel-le ou transgenre est trop souvent un combat de tous les jours pour être soi-même, parfois même au risque de sa vie.

00:46 Publié dans Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

16/05/2016

"Les amants de Caracas"

image.jpegRécompensé par le Lion d'Or 2015 à Venise, "Les amants de Caracas" met en scène la relation improbable entre un quinquagénaire plutôt aisé, Armando, et un adolescent délinquant d'un quartier pauvre de Caracas prénommé Elder.

Armando est célibataire et solitaire. Il drague dans la rue des jeunes garçons qu'il emmène chez lui contre de l'argent. Il ne les touche pas, il ne fait que de les regarder, car il ne supporte pas le contact physique. Un jour, il tombe sur Elder qui le suit chez lui, mais qui aussitôt arrivé frappe violemment Armando et lui prend son argent. Cela n'empêche pas Armando de s'approcher à nouveau d'Elder qui voit petit à petit son intérêt à entretenir une relation avec cet homme mûr qui a non seulement de l'argent, mais qui comble également ses besoins affectifs. Il commence alors à éprouver des sentiments pour cet homme avec lequel il n'a rien en commun, si ce n'est une relation au père très difficile pour tous les deux. Un point commun qui conduira la relation entre Armando et Elder dans une direction inattendue.

"Les amants de Caracas" est porté par ses deux acteurs qui sont excellents et rendent crédibles cette relation à laquelle on peine à croire au début, bien que le film soit basé sur des faits réels. Le rythme est un peu lent, parfois même à la limite de l'ennui, mais il permet d'accentuer l'atmosphère lourde qui règne tout au long du film et qui donne tout son sens au moment de la scène finale qui laisse de nombreuses secondes sans voix, car on ne la voit pas venir. Un film perturbant auquel l'on pense encore plusieurs jours après l'avoir vu.

11:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |