29/06/2016

"Un traître idéal": à la hauteur, sans plus (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgAdapté d’un roman de John le Carré, « Un traître idéal » met au cœur de son action un couple d’Anglais qui se lie d’amitié lors de ses vacances au Maroc avec Dima, un millionnaire russe. Ils ignorent que cet homme à la bonne humeur communicative est un blanchisseur d’argent pour la mafia russe. Un jour, Dima leur demande leur aide pour transmettre des informations explosives aux services secrets britanniques. Ils acceptent sans savoir que cette décision va coïncider avec le début des ennuis.

« Un traître idéal » est à la hauteur, mais sans plus, de ce que l’on peut attendre d’un film d’espionnage : manipulations, double jeu, rebondissements plus ou moins prévisibles, le tout emballé dans une mise en scène classique soignée avec une belle distribution à la tête de laquelle on retrouve Ewan McGregor. Malgré ces points forts, le film manque par moments de crédibilité et de rythme sans pour autant faire sortir le spectateur du film. Celui-ci est en effet maintenu en haleine grâce aux personnages auxquels il s’attache et à une ambiance qui laisse à penser que quelque chose d’inattendu pourrait se passer à n’importe quel moment, même si ce n’est pas toujours le cas (3 étoiles).

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Folles de joie ». Beatrice est une mythomane à la langue bien pendue et extravertie. Donatella est tout son contraire. Elles sont des patientes de la Villa Biondi, une institution qui accueille des femmes souffrant de troubles psychiques. Elles vont malgré leurs différences se lier d’amitié et fuguer pour tenter de recoller les pièces du puzzle qui les ont conduites à la Villa Biondi. « Folles de joie » est un film touchant, tendre, douloureux, bienveillant, lumineux et aussi par moment très drôle. Il est porté par deux excellentes actrices très complémentaires. Valeria Bruni Tedeschi est tout simplement géniale. Elle dégage une énergie…folle à l’écran, un régal. Quant à Micaela Ramazzotti, elle tire le meilleur parti d’un rôle beaucoup moins exubérant, mais tout en finesse. Il y a certes quelques facilités scénaristiques dans « Folles de joie », mais pas de quoi gâcher le plaisir de visionner un film qui fait une grande place aux émotions.

3 étoiles. « Money Monster ». Lee Gates est un présentateur de télévision qui anime une émission sur la bourse et donne des conseils pour placer son argent. Un jour, il est pris en otage en direct sur le plateau par Kyle, un téléspectateur qui a perdu tout son argent en suivant ses conseils. Commence alors une course contre la montre pour tenter de faire renoncer Kyle de tout faire sauter en appuyant sur le détonateur qui déclenchera la ceinture explosive qu’il a mise sur Lee. Le scénario ne manque pas de rebondissements. Certains ne surprennent guère, mais d’autres sont très réussis et même jouissifs. Mais il n’est pas non plus exempt de défauts, car en voulant dénoncer les dérives du capitalisme, les profiteurs du système ou encore le cynisme de la télé réalité en emballant le tout dans un film qui oscille sans cesse entre le thriller, la satire et la comédie, « Money Monster » reste superficiel. Il n’en demeure pas moins que le film de Jodie Foster est un agréable divertissement.

3 étoiles. « Demain ». Ce documentaire qui a reçu le César dans sa catégorie, rassemble différentes initiatives prises dans le monde en matière d’agriculture, d’énergie, d’économie, d’éducation et de démocratie. Elles montrent que face aux dangers qui menacent chaque jour un peu plus la survie de notre planète, des solutions existent. Un film qui tranche avec les documentaires alarmistes qui traitent d’habitude de l’état de plus en plus dégradé de la Terre. Certes, tout n’est pas parfait, les chapitres sur l’éducation et la démocratie participative ne sont pas très convaincants au contraire de celui sur les énergies renouvelables, par exemple. Il n’en demeure pas moins que « Demain » est un film plein d’espoir, ce qui explique probablement en grande partie son immense succès public depuis sa sortie en décembre de l’année dernière.

1 étoile. « Elle ». Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. « Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol sont extrêmement violentes. Baignant dans une atmosphère glauque, le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse pour ce film tordu et malsain.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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