05/07/2016

"Dans les forêts de Sibérie": magnifique dans tous les sens du terme (et 4 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgUn film qui traite de la solitude sans pour autant que l’on s’y ennuie en le visionnant, c’est le pari réussi de « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film suit logiquement la même trame.

A une exception importante près : le personnage principal, interprété par le charismatique Raphaël Personnaz, va être secouru, alors qu’il est perdu dans le blizzard et que la mort est proche, par un Russe qui se cache pour échapper à la justice. De cette rencontre va naître une amitié, mais aussi une opposition entre celui qui a choisi librement de venir vivre dans cette contrée inhospitalière et celui qui l’a fait par obligation.

« Dans les forêts de Sibérie » est donc un film qui questionne sur son rapport à soi-même et à l’autre, car si la solitude voulue donne un indéniable sentiment de liberté, en tout cas pour un temps, il n’en est pas de même quand elle est subie.

Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme (4 étoiles).

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Folles de joie ». Beatrice est une mythomane à la langue bien pendue et extravertie. Donatella est tout son contraire. Elles sont des patientes de la Villa Biondi, une institution qui accueille des femmes souffrant de troubles psychiques. Elles vont malgré leurs différences se lier d’amitié et fuguer pour tenter de recoller les pièces du puzzle qui les ont conduites à la Villa Biondi. « Folles de joie » est un film touchant, tendre, douloureux, bienveillant, lumineux et aussi par moment très drôle. Il est porté par deux excellentes actrices très complémentaires. Valeria Bruni Tedeschi est tout simplement géniale. Elle dégage une énergie…folle à l’écran, un régal. Quant à Micaela Ramazzotti, elle tire le meilleur parti d’un rôle beaucoup moins exubérant, mais tout en finesse. Il y a certes quelques facilités scénaristiques dans « Folles de joie », mais pas de quoi gâcher le plaisir de visionner un film qui fait une grande place aux émotions.

3 étoiles. « Un traître idéal ». Adapté d’un roman de John le Carré, « Un traître idéal » met au cœur de son action un couple d’Anglais qui se lie d’amitié lors de ses vacances au Maroc avec Dima, un millionnaire russe. Ils ignorent que cet homme à la bonne humeur communicative est un blanchisseur d’argent pour la mafia russe. Un jour, Dima leur demande leur aide pour transmettre des informations explosives aux services secrets britanniques. Ils acceptent sans savoir que cette décision va coïncider avec le début des ennuis. « Un traître idéal » est à la hauteur, mais sans plus, de ce que l’on peut attendre d’un film d’espionnage : manipulations, double jeu, rebondissements plus ou moins prévisibles, le tout emballé dans une mise en scène classique soignée avec une belle distribution à la tête de laquelle on retrouve Ewan McGregor. Malgré ces points forts, le film manque par moments de crédibilité et de rythme sans pour autant faire sortir du film le spectateur.

3 étoiles. « Money Monster ». Lee Gates est un présentateur de télévision qui anime une émission sur la bourse et donne des conseils pour placer son argent. Un jour, il est pris en otage en direct sur le plateau par Kyle, un téléspectateur qui a perdu tout son argent en suivant ses conseils. Commence alors une course contre la montre pour tenter de faire renoncer Kyle de tout faire sauter en appuyant sur le détonateur qui déclenchera la ceinture explosive qu’il a mise sur Lee. Le scénario ne manque pas de rebondissements. Certains ne surprennent guère, mais d’autres sont très réussis et même jouissifs. Mais il n’est pas non plus exempt de défauts, car en voulant dénoncer les dérives du capitalisme, les profiteurs du système ou encore le cynisme de la télé réalité en emballant le tout dans un film qui oscille sans cesse entre le thriller, la satire et la comédie, « Money Monster » reste superficiel. Il n’en demeure pas moins que le film de Jodie Foster est un agréable divertissement.

1 étoile. « Elle ». Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. « Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol sont extrêmement violentes. Baignant dans une atmosphère glauque, le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse pour ce film tordu et malsain.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

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