14/07/2016

"Florence Foster Jenkins" contre "Marguerite": qui gagne? (et 5 autres films à l'affiche)

FullSizeRender.jpgComparaison n’est pas raison, certes. Toutefois, difficile de ne pas avoir en tête « Marguerite » en visionnant « Florence Foster Jenkins », surtout quand la sortie de l’un suit l’autre de quelques mois seulement.

Revoilà donc sur nos écrans Florence Foster Jenkins dans un film qui se veut beaucoup plus proche de la réalité de sa vie que ne l’était « Marguerite ». Le titre du film est d’ailleurs on ne peut plus explicite à cet égard.

« Florence Foster Jenkins » se concentre sur les derniers mois de la vie de la riche héritière new-yorkaise, atteinte dans sa santé, en 1944 au moment où elle décide de donner un concert au Carnegie Hall de New-York. Ce n’est certes pas la première fois qu’elle se produirait sur scène, mais jusque-là son entourage avait réussi à faire en sorte que cela se fasse en privé et devant un public averti. Averti que Florence Foster Jenkins chante horriblement faux sans qu’elle en soit apparemment consciente…

Cette situation de départ, qu’on a toujours de la peine à imaginer qu’elle se base sur des faits réels, possède évidemment un fort potentiel comique. Et en effet, on rit en regardant et en écoutant Meryl Streep, comme d’habitude parfaite, chanter si mal. On rit également grâce au talent comique, mais aussi de pianiste car il n’est pas doublé, de Simon Helberg absolument génial dans le rôle de Cosmé MCMoon.

Mais on a aussi plutôt tendance à sourire, et à être parfois ému, en se mettant à la place de St.Clair Bayfield (Hugh Grant, convaincant), compagnon de très longue date de Florence Foster Jenkins, qui par amour ne sait plus que faire pour que « sa » cantatrice ne se trouve pas confrontée à la terrible réalité.

Comme « Marguerite », le film évolue du comique au tragi-comique, il est soigné avec des costumes et des décors somptueux et une distribution excellente. Mais à la différence du film de Xavier Giannoli, sans doute par souci de réalisme, il lui manque ce supplément d’âme qui faisait que « Marguerite » vous prenait aux tripes (3 étoiles).

Toujours à l’affiche

4 étoiles. « Dans les forêts de Sibérie ». Adapté librement du récit de Sylvain Tesson, qui raconte les quelques mois que l’aventurier a vécus en ermite dans une cabane isolée du reste du monde en Sibérie, le film questionne sur son rapport à soi-même et à l’autre, car si la solitude voulue donne un indéniable sentiment de liberté, en tout cas pour un temps, il n’en est pas de même quand elle est subie. Tourné sur les rives gelées du lac Baïkal qui donnent au film un décor à couper le souffle et des images de toute beauté, le tout accompagné d’une musique sublime, « Dans les forêts de Sibérie » réussit à captiver le spectateur du début à la fin. Il s’y passe toujours quelque chose que ce soit au niveau de l’action à proprement parler ou du chemin intérieur que parcourt le héros du film, parfois avec humour, pendant cette année passée en Sibérie. Magnifique dans tous les sens du terme.

4 étoiles. « Folles de joie ». Beatrice est une mythomane à la langue bien pendue et extravertie. Donatella est tout son contraire. Elles sont des patientes de la Villa Biondi, une institution qui accueille des femmes souffrant de troubles psychiques. Elles vont malgré leurs différences se lier d’amitié et fuguer pour tenter de recoller les pièces du puzzle qui les ont conduites à la Villa Biondi. « Folles de joie » est un film touchant, tendre, douloureux, bienveillant, lumineux et aussi par moment très drôle. Il est porté par deux excellentes actrices très complémentaires. Valeria Bruni Tedeschi est tout simplement géniale. Elle dégage une énergie…folle à l’écran, un régal. Quant à Micaela Ramazzotti, elle tire le meilleur parti d’un rôle beaucoup moins exubérant, mais tout en finesse. Il y a certes quelques facilités scénaristiques dans « Folles de joie », mais pas de quoi gâcher le plaisir de visionner un film qui fait une grande place aux émotions.

3 étoiles. « Retour chez ma mère ». Il y a certes des facilités scénaristiques, spécialement la fin digne d’un happy end à l’américaine, et la mise en scène n’est pas très inventive dans « Retour chez ma mère ». Mais ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment grâce à des dialogues bien écrits alternant entre humour vache et doux-amer, des scènes à pleurer de rire, des quiproquos bien trouvés et surtout grâce à Josiane Balasko. Dans son rôle de mère et veuve qui accueille à bras ouverts sa fille de 40 ans contrainte de retourner dans le domicile familial après avoir tout perdu, Josiane Balasko est parfaite. A la fois drôle, émouvante et espiègle, elle donne une grande crédibilité à son personnage de mère dévouée, mais aussi de femme d’un certain âge qui n’entend pas pour autant renoncer à sa vie intime dont ses enfants ignorent tout. Le potentiel comique de cette double vie est fort bien exploité dans le film et conduit à des scènes vraiment très drôles. « Retour chez ma mère » est donc une comédie familiale plutôt réussie.

3 étoiles. « Un traître idéal ». Adapté d’un roman de John le Carré, « Un traître idéal » met au cœur de son action un couple d’Anglais qui se lie d’amitié lors de ses vacances au Maroc avec Dima, un millionnaire russe. Ils ignorent que cet homme à la bonne humeur communicative est un blanchisseur d’argent pour la mafia russe. Un jour, Dima leur demande leur aide pour transmettre des informations explosives aux services secrets britanniques. Ils acceptent sans savoir que cette décision va coïncider avec le début des ennuis. « Un traître idéal » est à la hauteur, mais sans plus, de ce que l’on peut attendre d’un film d’espionnage : manipulations, double jeu, rebondissements plus ou moins prévisibles, le tout emballé dans une mise en scène classique soignée avec une belle distribution à la tête de laquelle on retrouve Ewan McGregor. Malgré ces points forts, le film manque par moments de crédibilité et de rythme sans pour autant faire sortir du film le spectateur.

1 étoile. « Elle ». Michèle dirige avec fermeté et sans état d’âme une entreprise de jeux vidéo et fait de même avec son entourage. Et puis, un jour, elle se fait violer chez elle par un homme masqué. « Elle » oscille entre le thriller, le coupable est déjà démasqué au milieu du film, et la comédie tragi-comique vitriolée, un registre dans lequel Isabelle Huppert excelle une fois de plus. Une fois de trop ? « Elle » est un film dont la perversité atteint des sommets et qui met mal à l’aise. Les scènes de viol sont extrêmement violentes. Baignant dans une atmosphère glauque, le film part dans tous les sens, à l’image de ses personnages bien peu vraisemblables, et on s’y perd. Vraiment difficile de comprendre l’enthousiasme quasi unanime de la presse pour ce film tordu et malsain.

5 étoiles : à voir absolument, 4 étoiles : chaudement recommandé, 3 étoiles : ça vaut la peine, 2 étoiles : pas indispensable, 1 étoile : il y a mieux à faire

 

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