06/09/2016

Sandrine Salerno, une femme d'Etat avisée

FullSizeRender.jpgLa bataille sur la réforme des entreprises (RIE III) est engagée et il y a fort à parier que son dénouement se jouera dans les urnes. Et il y là une certaine logique à demander au peuple son avis sur des pertes fiscales d’au moins 400 millions. Pour obtenir un soutien le plus large possible à cette réforme obligatoire, il faut des garanties pour que les conséquences soient acceptables pour la plus grande majorité possible.

Sandrine Salerno, Conseillère administrative socialiste qui gère les finances de la Ville de Genève avec compétence et succès depuis bientôt une décennie, en femme d’Etat avisée l’a fort bien expliqué dans l’interview qu’elle a accordée à la Tribune de Genève le lundi 5 septembre.

Loin de la vision manichéenne qui voudrait que la droite soit en faveur de cette réforme telle que proposée par le Conseil d’Etat et la gauche contre, Sandrine Salerno déclare que « le projet du Conseil d’Etat est intéressant. Il ne se livre pas à un chantage et pose un cadre qui permet, malgré la baisse d’impôt, de préserver l’emploi et les prestations sociales. »

Mais pour atteindre ces objectifs, il faut, selon elle, un engagement à ne pas tailler dans les prestations et/ou dans la fonction publique pendant les cinq ans de suspension du frein au déficit, période au terme de laquelle les finances publiques devraient retomber sur leurs pattes.

Et si tel n’était pas le cas interroge, à juste titre, Sandrine Salerno ? Il faut là également un engagement ferme que la suspension du frein au déficit puisse être prolongée et que celui du frein à l’endettement le soit aussi. Ce qui, selon Sandrine Salerno, ne devrait pas être un problème puisque la droite « assure que la baisse des impôts va provoquer très vite une dynamique améliorant les recettes de l’Etat. »

Cette mécanique devrait bien évidemment s’appliquer également à la Ville de Genève et par conséquent le Conseil municipal accepter des budgets déficitaires, puisque la Ville va perdre environ 50 millions de rentrées fiscales.

La droite cantonale et municipale saura-t-elle prendre la main que lui tend avec intelligence et pragmatisme, au nom du « gouverner, c’est prévoir », la Conseillère administrative de la Ville de Genève et ainsi dépasser les barrières idéologiques pour le bien du plus grand nombre ? Réponse ces prochaines semaines.

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